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Politique Publié

Le tellure, minerai au cœur de la bataille des eaux territoriales entre le Maroc et l’Espagne ?

Les eaux territoriales entre le Maroc et l’Espagne est une question épineuse qui revient très souvent, occupant les Une des journaux et des médias nationaux et internationaux. Et pour cause, derrière ce bras de fer éternel se cacherait une mine d’or que ni le royaume ni son voisin ibérique ne compte laisser : le tellure.

Vue satellitaire des Iles Canaries. / Ph. DR

Quelques jours après l’adoption des projets de lois relatifs à l’espace maritime du Sahara, les déclarations ne se sont pas fait attendre. A l’issue du conseil de gouvernement qui s’est tenu le 5 juillet dernier, ont été votés deux projets de lois et un projet de décret concernant le domaine maritime du Maroc. Ceci dans le but de permettre au royaume de démarquer ses eaux territoriales de façon précise et conforme aux dispositions du droit international de la mer pour, in fine, déposer le dossier final de demande d’extension du plateau continental. C’est aussi une manière d’abroger le recours à la ligne médiane comme seul repère de la délimitation des frontières maritimes et d’introduire le principe d’équité, plus adéquat aux intérêts marocains et plus compatible avec le droit international.

Dans ce sens, le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi a souligné que ces décisions visaient à «inclure l’espace maritime faisant face aux côtes du Sahara dans l’arsenal juridique national, pour cimenter la tutelle juridique du Maroc sur ces eaux et barrer la route à toutes allégations remettant en cause la souveraineté du royaume».

Tandis que du côté espagnol, c’est un discours rassurant qui est tenu. Ces projets de lois «ne portent pas atteinte» aux intérêts de l’Espagne et la frontière sera «mutuellement convenue» avec le Maroc, affirme cette semaine Alfonso Dastis, ministre espagnol des Affaires étrangères. Ainsi, le chef de la diplomatie espagnole a noté que «cet amendement législatif n’est qu’un ajustement technique résultant de la nécessité de mettre à jour les règles marocaines en la matière, afin de se conformer à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer datant de 1982». Des réponses qui ont «rassuré» notamment Fernando Clavijo, président du gouvernement local des Îles Canaries.

Toutefois, c’est une autre problématique qui semblerait secouer les motivations des deux pays : le tellure.

Le tellure au cœur d’une «bataille sans merci»

Le tellure est un métal, gris et brillant, qui se combine facilement avec d’autres matières comme l’or. Peu abondant, il est très recherché car il est considéré comme semi-conducteur et est, depuis ces dernières années, le principal élément dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. Associé au cadmium, le tellure donne lieu au tellurure de cadmium, un matériau cristallin indispensable à la réalisation des panneaux. Ce métal est même venu remplacer le silicium dans cette fabrication de par sa stabilité et son accroissement au rendement des panneaux tout en diminuant le coût.

Des résultats aussi dus à une meilleure capacité d’absorption de la lumière et à un faible coefficient thermique. Point fort en termes de protection de l’environnement également : la réduction de l’empreinte carbone puisque le tellurure de cadmium est récupérable et recyclable.

Ce matériau constitue, à l’heure où l’environnement est au cœur des priorités des états, une mine d’or pour le Maroc et l’Espagne. Des fouilles en mer et précisément au large des îles Canaries, menées depuis des années, ont permis en avril dernier la découverte d’un imposant gisement sous-marin de tellure. Un trésor exploitable dans des zones que se disputent le Maroc et son voisin méditerranéen. C’est d’ailleurs la raison principale de l’interdiction de l'extraction, comme le rapportait le site espagnol ABC Sociedad. Une polémique mise en exergue également par le journal en ligne Digital Sevilla qui explique que le «nouvel or» serait la cause du ravivement du conflit entre les deux pays.

Cela dit, la question de la délimitation des eaux atlantiques entre le Maroc et l’Espagne remonte à 2001, date depuis laquelle aucune progression n’a été enregistrée. Le dossier restera au point mort jusqu’en 2015, date des premières réunions tenues dans un cadre bilatéral sous l’égide des Nations unies. En effet, en 2015, les deux voisins ont adressé des courriers à l’ONU pour aspirer à étendre leurs eaux territoriales, ou tout simplement s’empêcher d’y parvenir. Le tellure semblerait donc expliquer cet éternel débat et une partie de cette bataille que se livre Rabat et Madrid mais à laquelle le gouvernement El Othmani compte remédier.

Il reste toutefois un point qu’il faut prendre en considération : l’extraction du tellure abîmerait, selon Mashable, les fonds marins et leur écosystème. Une remise en question totale de la thématique écologique…

4 commentaires
FATEM95
Date : le 16 juillet 2017 à 12h25
Dans ce cas l'Algérie ne manquera pas d'envoyer ses aboyeurs du Polisario mais aussi droit-de-l'hommistes de tout poil au parlement européen, la Kennedy, et les lobbies payés au pétrodollars (on les connais) pour rappeler au monde que le Maroc pille les richesses des soi-disant sahraouis de Tindouf. On se rappelle du sketch de la COP22, du Maroc qui vole le vent et le soleil du Sahara (véridique). Mais je pense que nos diplomates sont préparés à ces soubresauts qui sont tout ce qui reste à la diplomatie algérienne qui survit comme les braises d'un barbecue après un repas.
Citation
bouza75 à écrit:
Une solution existe; exploiter conjointement ce gisement, à l'instar de l'Iran et du Qatar qui exploitent ensemble un gisement de gaz dans le golf. Tout le monde y trouvera son intérêt, sauf bien sur l'écosystème, mais ça c'est une autre question.
Unesuggestion
Date : le 16 juillet 2017 à 02h40
Dans un contexte de non-monopole , il n'y a plus d'enjeu élevé : Pour autant qu'elles puissent faire leur métier, la majorité des sociétés d'extraction n'ont pas de problème à inclure le coût de quelques compensations raisonnables locales. Les mêmes règles peuvent alors être accordées conjointement. Si on pose le même but en matière de résultats de l'Instruction publique, le Maroc serait évidement en situation de recevoir plus en ce domaine. ( quoiqu'avec la différence de coûts, le partage sevrait être assez équilibré. ) Les deux pays ont même avantage à ce qu'il y ait des partenaires scientifiques des deux côtés de la frontière, ce qui implique que les conditions d'instruction et le niveau final doivent être les mêmes.
Unesuggestion
Date : le 16 juillet 2017 à 02h35
En quoi le tellure est-il si important ? À première vue, les dégâts écologiques peuvent être très limités. . La frontière maritime devrait être jointive pour la police des frontières . Il faut se poser la question de la raison d'être des permis d'exploitation : Définir les conditions d’exploitation. En ce sens, n'importe qui (qui a les connaissances nécessaires et la capacité financière de respecter toutes les conditions ) devrait avoir le droit d'exploiter gratuitement , pour autant que des conditions strictes soient imposées au sujet des conditions à réunir. C'est la seule manière pour éviter la malédiction qui touche les pays qui accordent des concessions exclusives . Par contre, on peut imposer des conditions non-financières qui, si elles ne sont pas respectées, rendent caduc le permis d'exploiter. Parmi ces conditions, on peut, par exemple, imposer de financer inconditionnellement la construction d'écoles locales et régionales, les cours qui s'y déroulent et les fournitures, en particulier les cours techniques dans les langues autochtones, liés aux caractéristiques des produits extraits : Géologie, archéologie/Histoire, forage, machines de chantier, physico-chimie, le but étant de former un noyau de connaissances autochtone. Le monde est plein d'exemples de ce qu'il ne faut pas faire: Donner des concessions exclusives et ne pas fournir de contrepartie locale, c'est créer le terreau de la corruption, du mécontentement et de la révolte. Il faut donc faire le contraire de ce qui s'est fait en Azawad/Mali
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