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Maroc : Le Hirak a mis en exergue les fausses notes de la machine officielle

Le Hirak a révélé au grand jour les fausses notes entre les parties censées pourtant jouer une seule et même partition. Le couac d'hier entre le CNDH et la DGSN n’est pas un simple accident de parcours. La machine officielle est-elle grippée à ce point ?

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Driss El Yazami, président du CNDH. / DR
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Le Hirak a mis en évidence la faible coordination entre les services de l’Etat, pourtant censés jouer la même partition. En témoigne le clash survenu hier entre la Direction générale de la sûreté nationale et le Conseil national des droits de l’homme (CNDH). La première est vent debout contre un document attribué à l’instance de Driss El Yazami, accusant les services de Abdellatif Hammouchi de «torturer» les détenus du mouvement de contestation à Al Hoceima lors de leurs interpellations.

La DGSN «réfute catégoriquement ces accusations et ces dangereuses allégations portées à l’encontre de ses services et fonctionnaires», s’indigne-t-elle dans un communiqué publié hier soir.

La Direction insiste en revanche sur son «engagement à préserver les droits de l’homme» et «respecter les garanties des libertés individuelles et collectives lors de l’exercice de la fonction policière». La DGSN a également mis en doute l’authenticité du document ayant fuité dans la presse.

Le couac DGSN-CNDH n’est pas un simple accident de parcours

La colère de la police a contraint le CNDH, quelques minutes plus tard, à briser le silence pour décliner toute responsabilité dans le réquisitoire dressé par deux médecins légistes, mandatés par la CNDH pour effectuer l’expertise médicale, contre les hommes de Hammouchi. Mais le mal est déjà fait.

Ce couac entre des joueurs censés appartenir à la même équipe n’est pas un acte isolé. Il s’ajoute aux multiples disputes entre le wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Mohamed El Yaakoubi, et les élus du PAM. Ces derniers accusent le représentant du ministère de l’Intérieur de les marginaliser lors de ses rencontres avec la population locale. La suite est connue : la contestation est montée d’un cran et ni les uns ni les autres n’ont pu circonscrire l’onde de progagation des marches.

Autre divergence dans la stratégie sécuritaire : l’enterrement de la politique de la main tendue et du dialogue lancée durant les dernières semaines par Mohamed Hassad, alors ministre de l’Intérieur. Son successeur a opté pour une autre voie conduisant les six partis de la majorité gouvernementale à accuser les habitants du Rif de «séparatisme», avant d’opérer un rétropédalage sous la pression de la contestation de la rue et l’indignation de l’opinion internationale.

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