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Politique Publié

France : Une Assemblée nationale qui ressemble un peu plus à la nation

La révolution Macron a su renverser tous les codes et amener un souffle nouveau et ce notamment à l’Assemblée nationale. Au lendemain des élections législatives, il n’est pas à négliger que la nouvelle Assemblée nationale est un peu plus à l’image du pays que les législatures précédentes, un point relevé dans une étude relayée par Slate. Détails.

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Image d'illustration. / Ph. DR

Le palais Bourbon reflète désormais une société française diversifiée et riche d’enfants issus de l’immigration et notamment des Marocains d'origine. C’est tout ce qui semble se passer actuellement avec l’annonce des noms des 577 nouveaux députés, ce qui laisse présager un vent de renouveau dans l’hémicycle. Ils sont depuis dimanche dernier quelque 15 élus issus de l’immigration dite «arabo-musulmane». Une percée par rapport à 2012 où l’on dénombrait huit députés issus de l’immigration.

Des points entièrement détaillés dans une étude relayée par le magazine en ligne Slate et menée avant le second tour des législatives par l’Institut français d’opinion publique (Ifop) en collaboration avec la chaire Moyen-Orient Méditerranée de l’Ecole normale supérieure. Une enquête très significative quant à la diversité qui existe dans l’hexagone, malgré la complexité de la question, de par le risque d’assignation identitaire qu’elle présente. En France, les statistiques ethnique sont effectivement illégales et ce travail y est à mi-chemin.

Une représentativité quasi parfaite

Le but de cette étude et notamment de Gilles Kepel, islamologue et professeur à Sciences Po, était de faire un tour d’horizon de «ce qui se passe dans les quartiers populaires et parmi les populations d’origine ou de culture musulmane en particulier». Bien que, d’après lui, l’origine, le nom de famille ou le prénom ne définissent aucunement une appartenance ou une quelconque pratique religieuse. Cela dit, l’enquête s’est appuyée sur l’étude «Rapfi» de 2005 réalisée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Elle concluait que «60 % des Français originaires d’Afrique et de Turquie se déclaraient musulmans».

Pour mener à bien la mission, Ifop s’est penché sur les prénoms des 7 882 candidats en lice afin d’essayer de déterminer ceux issus de l’immigration. Une diversité qui serait à hauteur de 6,5%, le taux des candidats du premier tour qui appartiendraient à la «culture arabo-musulmane». Slate rappelle à cet égard que 6,2% de la population française a au moins un parent musulman. Cela dit, la nation française serait donc parfaitement représentée à l’Assemblée nationale.

Également, le panel représente 11,4 % des candidats âgés de 30 à 39 ans est qui restent jeunes en comparaison avec les plus de 60 ans (1,8%). Pour la plupart, ils représentaient la gauche et le centre : ils étaient 7,6% représentants le PS, 5,7% France insoumise et 5,3 % pour la République en marche. En revanche, Les Républicains ne comptaient que 1,6% des 30-39ans. A contrario, une forte dynamique était à relever parmi les étiquettes «divers» et «divers gauche» soit «22 % et 18 % respectivement», souligne Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprises de l’institut Ifop. Il ajoute en outre que ce sont des candidatures essentiellement concentrées en Ile-de-France, Nord-est et en région PACA.

La voix des musulmans

La diversité qui fait la particularité de ces candidats mène à s’interroger sur comment ont voté les musulmans. Pour répondre à cette question, l’étude est remontée aux différentes élections présidentielles pour comprendre le phénomène. Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le magazine Pélerin cette année ainsi qu’un sondage datant de 2012, les conclusions sont unanimes : «Il existe (...) un vote typé ‘des musulmans’, mais les experts combattent en revanche l’idée d’un ‘vote musulman’ en tant que tel».

Antoine Jardin, docteur en sciences politique et participant à l’enquête, a étudié cette année le vote de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis largement remportée par le parti de Jean-Luc Mélenchon, pointant ainsi le caractère sociologique de la question. Pour ce faire, Antoine Jardin a sondé 250 votants à l’issue du premier tour. Conclusion : 38 % d’entre eux étaient musulmans et une forte part de ce panel estimait être discriminée au quotidien. De même, à la question portant sur les critères ayant motivé leur choix électoral, ils sont près de 90 % à mettre en avant les idées du candidat.

Enfin, le chercheur avance que «le profil sociodémographique du candidat pèse extrêmement peu». Et d’ajouter que : «le fait qu’un candidat s’affiche comme musulman n’est pas perçu comme un argument en sa faveur, y compris dans l’électorat musulman».

Le vote des musulmans de France reflète donc un vote qui n’a pas été influencé par les origines ou la religion des candidats, bien au contraire. Ce qui donc n’a pas entaché ces élections qui ne sont, in fine, que l’image qu’a voulu donner le nouveau locataire de l’Elysée à cette France qu’il voulait gouverner.

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