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Religion   Publié Le 19/06/2017 à 15h15

Hassan Aourid analyse les origines du marasme arabe sur France Culture

De passage à Paris, le politologue, écrivain et ancien porte-parole du Palais royal, Hassan Aourid a été l’invité de «Questions d’Islam» sur France Culture pour parler de son nouveau livre, «Aux origines du marasme arabe». De l’expédition militaire de Bonaparte au printemps arabe, retour sur les étapes phares de l’islamisme.

L'écrivain marocain Hassan Aourid était l'invité de l'émission «Questions d’Islam», diffusée dimanche sur France Culture. / DR

Le nouveau livre de l’écrivain et politologue Hassan Aourid, «Aux origines du marasme arabe» (éditions Tusna, 2017), a été au cœur de l’émission hebdomadaire «Questions d’Islam», diffusée hier sur les ondes de France Culture et présentée par Ghaleb Bencheikh. L’occasion pour l’ancien porte-parole du Palais royal de revenir sur les origines de l’islamisme politique, à travers un flashback qui remonte dans un premier temps à l’expédition militaire menée par Napoléon Bonaparte en Égypte dès 1798.

Ainsi, Hassan Aourid raconte comment Méhémet-Ali, officier ottoman et vice-roi d'Égypte de 1804 à 1849 envoie, dès le retrait des troupes françaises, des délégations pour «chercher la science». «Parmi ces personnes, il y avait Rifa'a al-Tahtawi, (…) un ‘aumônier’ qui va surprendre par un sens critique de l’observation contenu dans son livre ‘L'Or de Paris’», explique Hassan Aourid. Rifa'a al-Tahtawi est non seulement considéré comme le fondateur de la presse égyptienne, mais aussi comme «le maître et le père spirituel du renouveau égyptien». Hassan Aourid souligne aussi «l’apport des chrétiens arabes et leur gigantesque travail dans le renouveau de la langue arabe».

L'islamisme, fruit de l’échec de l’idéologie panarabe

Professeur à Sciences Po Bordeaux, Hassan Aourid évoque ensuite le «premier congrès arabe» tenu en 1913 à Paris, qui a réuni musulmans et chrétiens, avant de citer Abd Al-Rahman Al-Kawakibi, «précurseur d’une forme de sécularisme». Estimant que «le monde arabe a été plus déterminé que déterminant», il rappelle que «l’élan moderniste en Egypte a été freiné par la montée de l’islamisme et les Frères musulmans, le mouvement initié par Hassan El-Banna».

«La montée essentielle d’une certaine version de l’islam a été à l’origine de l’arrêt de cet élan moderniste. Les balbutiements d’une première interprétation littéraliste de l’islam sont venus en conséquence de l’abolition du califat, d’abord avec Rachid Reda.»

Hassan Aourid aborde successivement l’abolition du califat, les manigances et manœuvres de Fouad 1er, roi d’Egypte qui voulait être calife, la proclamation de l’Etat d’Israël et l’ère Gamal Abdel Nasser. «Dès juin 1967, on parle de l’émergence de ce qu’on appelle la Naksa ; la chute. L’Egypte va changer et tout cela va déteindre sur toute la région», rapporte-t-il. Un contexte nuancé par l’après 1967, période durant laquelle Gamal Abdel Nasser entamera une nouvelle politique de réconciliation avec les tendances conservatrices.

«L’échec de l’idéologie panarabe, qui était laïque finalement, donnera naissance à l’islamisme, qui émergera sur les décombres du panarabisme.»

Dans son livre, l’écrivain marocain évoque aussi le wahhabisme et la révolution khomeyniste, mais aussi «la greffe islamiste dans des régions du monde non-arabes» et des «mots d’ordre» du printemps arabe qui «étaient laïcs». «Il est fondamental que l’on se penche nous-mêmes sur nos maux. Il ne faut pas sombrer dans une forme victimaire ou narcissique ; il faut être à l’écoute des voix inaudibles, porteuses d’espoir», conclut-il.

3 commentaires
Mika4€uros
Date : le 19 juin 2017 à 23h34
Merci du partage.
Citation
LeChamali à écrit:
Que ça fait plaisir d'entendre ce genre de personne ?? C'est un Marocain.. Quelle fierté
yab7mars2017
Date : le 19 juin 2017 à 23h04
L'erreur fondamentale au sens définit par Lee Ross (1977) inscrite dans le fonctionnement cognitif des soi-disant chercheurs et intervenants Maghrébins ou d'origine maghrébine (les francisés) sur la question de l'islam ou l'islamisme ou arabisme ne date pas d'aujourd'hui. Les centres de recherches ou d'analyse stratégique ou je ne sais pas quoi sont des couloirs ouverts à toutes personne pour raconter, commenter, aimer ou insulter le contexte anthropologique des sociétés du Sud de la Méditerranée. Ces imposteurs aurait milles fois raison s'ils avaient posé seulement des petites questions qui dérangent sur le fonctionnement des "sciences" sociales ou "politiques" en France. Elles n'ont aucune autonomie par rapport aux logiques commanditaires et institutionnelles. Avez-vous repéré ou lu un article ou publication si minime qu'il soit et si médiocre d'un soi-disant chercheur d'origine maghrébine ou du Moyen-Orient qui porte sur le fonctionnement de la justice en France ou sur les tortures infligées aux personnes innocentes dans les hôpitaux psychiatriques de l'hexagone ? Avez-vous entendu un soi-disant chercheur traiter même dans le bas niveau comment fonctionne la dépossession des centaines de milliers de personnes par la soi-disant justice au nom de la protection juridique des majeurs par les mécanismes de tutelle et curatelle ? Jamais. Ces soi-disant chercheurs et conférenciers sont au service des logiques de conformité portée par l'idéologie française payés pour exceller dans la perfection de l'ignoble. France
LeChamali
Date : le 19 juin 2017 à 23h02
Que ça fait plaisir d'entendre ce genre de personne ?? C'est un Marocain.. Quelle fierté
Dernière modification le 19/06/2017 23:34
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