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Politique Publié

M’jid El Guerrab : «C’est aux Français et Françaises de décider si je suis légitime ou pas» [Interview]

M’jid El Guerrab a officiellement lancé sa campagne lundi 22 mai. Rattaché administrativement à La République en Marche (LREM), il invoque la confiance du président Emmanuel Macron. Après notre article qui lui a fortement déplu («je n'ai jamais dit que j'étais investi par LREM»), nous lui avons posé quelques questions.

Temps de lecture: 4'
M’jid El Guerrab a officiellement lancé sa campagne lundi 22 mai pour les élections législatives. / DR

La campagne des législatives françaises a suscité l'intérêt de la presse marocaine avec la polémique engendrée par l'investiture (retirée) de Leila Aïchi. On ne vous a pas entendu sur le dossier du Sahara occidental. Quelle est votre position ?

Sur la question du Sahara de manière générale, comme sur la question du Tibet par exemple, et sur toutes les questions de politique étrangère, un député des Français de l’étranger a aussi vocation à représenter la France à l’international, plus qu’ailleurs. Je pense que les députés de la France, pour les Français de l’étranger et la France dans le monde, doivent se situer dans la position de la France. Ils ne doivent pas en dévier. Aujourd’hui, ce serait faire de l’ingérence si j’étais un militant du Tibet libre et que je me présentais à la circonscription dans laquelle se trouve la Chine, que d’aller en Chine et de leur dire «écoutez, je suis un militant engagé». Ça pourrait poser des problèmes. C’est ce qu’on a remarqué ici, ça pose des problèmes. Moi, je ne fais pas d’ingérence, je me situe dans la position traditionnelle de la France et je n’en dévierai pas.

Vous soutenez donc le plan d'autonomie du Sahara présenté par le Maroc ?

Oui je soutiens le plan d'autonomie conformément à la position officielle de la France.

Vous avez évoqué la question de la cherté de l'école française à l'étranger. Comment comptez-vous financer la baisse des frais de scolarité que vous promettez ?

Sur l’éducation, je propose une méthode qui consiste à réformer globalement. Si la réforme que je propose est adoptée et portée par l’ensemble de la communauté éducative des Français de l’étranger, elle sera incontestable parce qu’elle inclura tous les pans : les sources de financement, la formation des enseignants, la qualité de l’enseignement, la gouvernance des établissements, la gouvernance de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger, ndlr).

Vous verrez, dans mon programme, il y a toute la procédure de manière assez précise. Dans toutes les étapes, j’ouvre à mes concitoyens la possibilité d’amender, de proposer, d’interagir et de rentrer dans le débat. Avec cette démarche, on peut réformer l’AEFE. En revanche, n’entrer qu’avec un amendement de suppression ou de baisse des frais de scolarité, c’est impossible. C’est retoqué quasi-systématiquement.

QG de campagne du candidat M'jid El Guerrab / DRQG de campagne du candidat M'jid El Guerrab / DR

J'entends bien votre démarche participative, mais qu'en est-il du financement au moment où Emmanuel Macron prône le respect des équilibres budgétaires ?

Aujourd’hui, il faut savoir que l’AEFE a deux missions qui peuvent être contradictoires. La première de ses missions, c’est d’éduquer nos enfants et de permettre aux enfants des Françaises et Français de l’étranger de pouvoir être éduqués. Son autre mission, c’est celle de porter la langue française à l’international et de porter le rayonnement culturel par la langue française et par l’éducation française dans le monde. Dans nos établissements, il y a aujourd’hui 60% d’étrangers et 40% de Français, souvent binationaux. Cette double mission, elle peut aussi être débattue.

Il faut qu’on se concerte pour savoir si ce n’est pas le fait de porter ces deux missions-là qui augmentent les frais d’inscription. Est-ce qu’on ne peut pas redéfinir ensemble le périmètre et mettre en place une double tutelle ? Aujourd’hui, l’AEFE dépend du ministère des Affaires étrangères. Est-ce qu’il ne serait pas normal que l’AEFE dépende aussi du ministère de l’Education nationale, ce qui pourrait régler la partie financement.

Attention toutefois, promettre la gratuité, ce serait une folie. Aujourd’hui, le sérieux budgétaire, il n’est pas de notre côté. Il est du côté de ceux qui promettent la gratuité. Moi je ne promets pas la gratuité, je promets de parvenir à des objectifs, à faire en sorte que les familles, et le financement par les familles, c’est-à-dire les frais de scolarité, ne soient pas la seule et unique source de financement. Il faut ouvrir la possibilité aux lycées d’aller chercher d’autres sources de financement, en mettant à contribution les entreprises par exemple.

Vous évoquez la majorité présidentielle et la confiance du président. Quels sont les éléments dont vous disposez pour l’invoquer ?

Ma relation personnelle et directe avec le président, que je ne vais pas dévoiler par respect pour lui. Je suis toujours en contact avec lui. Je n’ai pas à dévoiler ce type d’échanges ; je sais que j’ai sa confiance et qu’il est convaincu qu’on peut faire entrer cette circonscription dans la majorité présidentielle avec moi. Je pense que ça peut amener à changer la position du parti. Les choses, les accords d’appareil, ça concerne les appareils. Moi, je n’ai pas attendu d’avoir l’accord de l’appareil pour organiser la «Marche africaine». Je l’ai fait parce que je suis bénévole et que j’avais envie de le faire. Il m’a félicité et m’a remercié d’avoir effectué cette marche africaine. Je suis certain d’avoir la confiance du président de la République.

Justement, vous vous libérez de ce côté partisan pour vous appuyer sur la base, c’est-à-dire les marcheurs et les marcheuses. Il y a toutefois eu une division au sein des militants d’En Marche !...

Je ne demande pas à l'ensemble des militants d’être derrière moi. Je ne suis pas un caporal. Ceux qui sont convaincus de ma candidature me rejoignent ; ceux qui ne sont pas convaincus et veulent soutenir Leila Aïchi en ont le droit. Je n’ai aucun problème avec ça. Au contraire, mon combat c’est de dire aux gens de s’engager. Les Françaises et les Français sont les juges de paix. C’est à eux de décider si je suis légitime ou pas.

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