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Sport Publié

Au Maroc, le racisme dans le milieu sportif serait en vogue

Le racisme dans le monde du football est de plus en plus présent. Après l’affaire ce week-end de Mehdi Benatia, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) dénonce l’affaire d’Ousseynou Thioune, joueur de l’Ittihad Riadhi de Tanger, victime de racisme lors d’un match. Détails.

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Ousseynou Thioune, milieu de l'Ittihad Riadhi de Tanger. /Ph. GADEM

Des insultes, des propos haineux et parfois des injures raciales, la discrimination dans le football ne cessent de croître. Et à en croire les dernières actualités, cela se multiplierait même. En effet, ce week-end, Mehdi Benatia a suscité une vive polémique dans le monde footballistique suite à une insulte qui lui aurait été proférée lors d’un duplex en direct à la télévision italienne.

Un scénario similaire ce serait déroulé le 23 avril dernier, au Maroc, en marge d’un match de football qui opposait les équipes de l’Ittihad Riadhi de Tanger et l’Olympique de Khouribga, dans le cadre de la 25ème journée de la Botola pro. Effectivement, lors de la rencontre et en témoignent les vidéos prises par les supporters, le milieu sénégalais évoluant dans l’équipe tangéroise, Ousseynou Thioune a décidé de quitter le stade. Un acte que le jeune sportif de 23 ans aurait commis en réponse aux insultes et propos lancés dans la foule à son égard. Une discrimination fermement dénoncée et condamnée par le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM).

«Au Maroc, il n’y a pas de loi contre le racisme»

Des situations de plus en plus connues notamment grâce au Gadem. Et pour cause, un programme amorcé cette année par l’ONG et un réseau d’associations africaines a été mis en place. Objectif ? «Superviser les matchs de football et faire des rapports après chaque rencontre sur les comportements discriminant», nous explique Hicham Rachidi, membre du Gadem ce mardi. C’est dans ce cadre-là que l’ONG a pu relayer l’affaire Ousseynou Thioune.

C’est par un communiqué publié le 5 mai sur le site du Gadem que le groupe a appelé à soutenir le joueur et «prendre les mesures nécessaires» à l’encontre des personnes concernées. «Le Gadem appelle la Fédération royale marocaine du football (…) à rendre justice à Ousseynou Thioune [et] à l’application des dispositions de l’article 70, alinéa 2 du code disciplinaire de la FRMF», relate ledit communiqué. Un article qui édicte notamment que «si, au cours d’une rencontre, les spectateurs d’un club déploient des banderoles (…) discriminatoires, ou font preuve d’un comportement discriminatoire et/ou raciste, le club soutenu par ses supporters encourt les sanctions suivantes : - 2 matches à huis clos ; - une amende de 5 000 dirhams».

Contacté par Yabiladi, Mehdi Alioua, président du Gadem soutient : «ce qui nous a alerté, c’est que des gens ont filmé le moment où le joueur décide de partir. Un joueur qui s’est senti insulté». Et de préciser qu’«Ousseynou Thioune a été insulté par les supporters de Khouribga». 

N’ayant pas été sur place lors de l’incident, notre interlocuteur avance tout de même qu’à sa connaissance, pour l’instant, «aucune poursuite n’a été engagée ou alors personne n’a communiqué dessus». Une absence de plainte qui le désole, d’autant plus que le groupe ne peut rien faire de plus à part «médiatiser» ce genre de dossier et «faire du plaidoyer». Pour Mehdi Alioua, le problème au Maroc réside dans l’absence de loi contre le racisme. «On est donc impuissant et tout ce que l’on peut faire c’est demander à la FRMF d’intervenir pour empêcher ce genre d’incidents», conclut-il.

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