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Zoom sur le Chenanisaurus barbaricus, l'un des derniers dinosaures africains découvert au Maroc

Découvert au Maroc l’année dernière par une équipe scientifique britannique de l'Université anglaise de Bath, le dinosaure confondu avec un abélisauridé de la période géologique du Crétacé s’avère appartenir à une espèce encore plus rare. Ce prédateur a fait l’objet d’un article publié en mars dernier par le professeur Nicholas R. Longrich et son équipe. Zoom sur l’un des plus jeunes dinosaures africains découverts.

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Dessin représentant le Chenanisaurus barbaricus. / Ph. Jeremy D Herz - Saberrex

On ne sait que peu de choses sur la faune et les dinosaures du Crétacé, période géologique qui s’étend de -145,5 millions d’années à -65,5 millions d’années, en Afrique du Nord. Toutefois, grâce à une découverte récemment confirmée, on en sait un peu plus sur le Chenanisaurus barbaricus.

Découvert au Maroc l’an dernier par une équipe dirigée par le biologiste Nicholas R. Longrich, de l'Université anglaise de Bath, ce dinosaure a d’abord été confondu avec un abélisauridé, une famille de dinosaures théropodes (grands dinosaures carnassiers). Sous forme d’un fragment rare composé d'une mâchoire, le fossile a été découvert dans les mines de phosphates de Sidi Chennane, dans le bassin d'Oulad Abdoun (province de Khouribga).

Les recherches et l'analyse phylogénétique ont permis à l’équipe de Nicholas R. Longrich de rectifier sa première annonce, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un abélisauridé mais plutôt d’un nouveau dinosaure théropode proche de la famille des abélisauridés, baptisé «Chenanisaurus barbaricus» en hommage aux terres où ce dinosaure a vécu.

Le Chenanisaurus barbaricus comparé à la taille d'un homme. / Ph. Cretaceous Research

Le petit frère nord-africain du T Rex nord-américain

Le journal Irish Times rapporte ce mercredi plus de détails sur l’article scientifique présenté fin mars dernier par l’équipe du professeur Nicholas R. Longrich. Il évoque «l'un des derniers dinosaures vivant en Afrique avant leur extinction, il y a 66 millions d'années». Une découverte tellement rare que le scientifique britannique est allé jusqu’à comparer au jackpot d’une loterie.

«C'est un résultat incroyablement rare, c’est presque comme gagner à la loterie. Les mines de phosphates sont si riches [en découvertes] que c’est pratiquement comme gagner un million de billets de loterie. Nous n'avons pratiquement pas de fossiles de dinosaures issus de cette période au Maroc.»

Ce dinosaure nord-africain n’était autre que le «petit» frère du Tyrannosaurus Rex nord-américain, communément appelé T Rex. Quant à l’abélisauridé, c’est un prédateur qui se distingue du T Rex par son museau plus court, plus émoussé et ses pattes plus minces. «Alors que les tyrannosaures dominent en Amérique du Nord et en Asie, les abélisauridés étaient les principaux prédateurs à la fin de la période du Crétacé en Afrique, en Amérique du Sud, en Inde et en Europe», explique Iris Times. «Cette découverte est inhabituelle parce qu’il s’agit là d’un dinosaure qui provient de roches marines. C'est un peu comme la chasse aux fossiles des baleines ou la recherche d'un fossile de lion», précise le scientifique.

«L'un des plus jeunes dinosaures africains découverts»

Nicholas R. Longrich explique que le Chenanisaurus barbaricus peut même être le «premier dinosaure nommé depuis la fin du Crétacé en Afrique». «C'est aussi l'un des derniers dinosaures africains avant l'extinction massive des dinosaures, ce qui en fait une découverte passionnante car elle montre à quel point la faune était différente dans l'hémisphère sud à cette époque», poursuit-il.

Selon les estimations, le dinosaure mesure entre 7 et 8 mètres de long. Il se tenait sur deux jambes et possédait des pattes courtes : «L'os du bras, tout comme celui du bras inférieur, était plutôt court (par rapport aux T Rex et aux abélisauridés, ndlr). Le Chenanisaurus barbaricus possédait également des mains minuscules», indique le professeur Longrich. Quant à ses dents, leur forme démontre qu’elles pouvaient écraser facilement des os, d’où la conclusion que ce dinosaure, tout comme le T Rex, était un redoutable prédateur. Cependant, contrairement à son frère aîné, le Chenanisaurus barbaricus ne possédait que des écailles, alors que son cerveau était plus petit et sa tête plus courte.

Le fossile, sous forme d’un fragment rare d'une mâchoire, a été découvert dans les mines de phosphates de Sidi Chennane. / Ph. novataxa.blogspotLe fossile, sous forme d’un fragment rare d'une mâchoire, a été découvert dans les mines de phosphates de Sidi Chennane. / Ph. Cretaceous Research

Dans son article, l’équipe du professeur britannique décrit le Chenanisaurus barbaricus comme «l'un des plus grands abélisauridés», mais surtout «l'un des plus jeunes dinosaures africains découverts». «Cette espèce de dinosaure apporte plus de détails sur la persistance d'une faune classique en Afrique continentale juste avant la fin de l'extinction massive du Crétacé», indiquent les experts. La découverte permet aussi de confirmer la théorie de l’évolution des espèces pendant le Crétacé supérieur, au lendemain de la fracture du supercontinent appelé Gondwana.

Article modifié le 04/05/2017 à 16h05

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