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Culture Publié

Vito Tongiani, l’artiste italien amoureux du Maroc [Interview]

Vito Tongiano est un artiste depuis toujours. Peintre et sculpteur italien, il crée à partir de ce qui l’entoure. Depuis 17 ans, il vient plusieurs mois au Maroc pour pouvoir s’inspirer et travailler paisiblement. Yabiladi l'a rencontré pour lui poser quelques questions sur cet amour pour le royaume.

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Vito Tongiani, l’artiste italien amoureux du Maroc. / Ph. Paglianti

Vito Tongiani est un artiste peintre et sculpteur italien. Ses statues les plus célèbres se trouvent en Europe, tel que «les grands du tennis» au stade de Roland Garros (Paris), le compositeur d’opéra Puccini à Lucques (Italie) et le journaliste italien Indro Montanelli à Milan (Italie). L’homme de 77 ans a pourtant un coup de cœur pour le Maroc et ne cesse de faire des allers-retours entre son pays natal et le royaume depuis l’an 2000. Il passe en général plusieurs (quatre à cinq) mois pour travailler et peindre. Du 25 avril au 24 mai prochain et pour la première fois, Vito Tongiani exposera ses peintures à Bab Rouah à Rabat sous le nom «Mogador». Une exposition en collaboration avec la photographe Veronica Gaido.

Comment avez-vous eu envie de venir au Maroc ?

Je ne voulais plus passer Noël et le réveillon en Italie, parce que c’est devenu une société de consommation où il y a beaucoup d’excitation. Je voulais aller dans un pays en développement. Je pensais à l’Inde mais c’est trop loin. C’est alors que j’ai pensé au Maroc, parce que c’est une histoire proche de la nôtre. Plusieurs peintres sont venus s’inspirer du royaume tel qu’Eugène Delacroix, Henri Matisse. J’ai commencé par Tanger à travers la mer. Déjà le nom de cette ville est mythique. Puis, arrivé à Marrakech, je ne voulais connaître personne, ni des Italiens ni ceux qui viennent acheter des riads pour faire la fête. J’allais à la campagne de la ville ocre, dans des endroits où les touristes n’ont jamais posé les pieds et j’adorais ça !

Pourquoi avoir choisi Essaouira comme ville d’inspiration par la suite ?

Je suis parti avec un ami à Essaouira en 2013 et on a loué un riad dirigé par une française. Quand je suis arrivé au port de la ville, j’étais très touché par les deux bassins qui sont là avant le grand port, reliés par des tunnels avec les bateaux bleus. Je voulais peindre cet endroit. Je le trouvais très dramatique. La vue du port, je la trouvais belle parce qu’elle est loin du tourisme de masse.

En 2015, j’ai pu peindre ce qu’Essaouira m’inspirait. J’étais très fasciné et je sortais la nuit et quelques fois à l’aube. Je travaillais avec un acharnement incroyable. Avant de venir à Mogador, je ne voulais plus entendre parler d’expositions. Pourtant, après ma rencontre avec Veronica Gaido (la photographe, ndlr), j’ai voulu retenter l’expérience. On a montré notre travail à André Azoulay (conseiller du roi Mohammed VI, ndlr). Il nous a encouragé à faire l’exposition à Rabat.

Une des peintures de Vito Tongiani inspirées d'Essaouira. / Ph. Catalogue de l'exposition MogadorUne des peintures de Vito Tongiani inspirées d'Essaouira. / Ph. Catalogue de l'exposition Mogador

Depuis 2010, vous revenez souvent au Maroc. Pourquoi ce coup de cœur pour le royaume ?

La chose qui me touche le plus c’est qu’il m’arrive d’être surpris au Maroc contrairement à l’Italie qui ne me procure plus ce sentiment-là. Ici, tu peux d’un coup tomber sur une image ou quelque chose qui te laisse complètement bouche bée, fasciné. J’ai l’impression qu’il faut aller à l’intérieur du Maroc pour le voir vraiment. Cela fait 17 ans que je viens au Maroc et pourtant, je n’ai pas appris la darija. J’aime beaucoup attiser ce mystère. Ce qui m’intéresse, c’est d’être un Italien qui vient ici, qui découvre un monde et qui enrichit son propre univers par ce qu’il voit.

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