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Société Publié

Maria El Kissi, récit d'une bipolaire en soixante pages

Atteinte de bipolarité, Maria El Kissi s’est lancée dans une aventure littéraire pour raconter son parcours. Son livre «Ma vie… L’obscure clarté» sera disponible en librairie la semaine prochaine.

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Le livre de Maria El Kissi «Ma vie… L’obscure clarté» sera disponible en librairie dès cette semaine. / Ph. Maria Al Kissi

A 41 ans, Maria El Kissi a connu trois bouleversements majeurs : la dépression, le cancer du sein et la bipolarité. Dans son livre «Ma vie… L’obscure clarté», la quadra s’est lancée en auteur libre dans le récit d’une existence jalonnée de rudes épreuves.

Ce mercredi 5 avril, c’est avec beaucoup d’émotions que Maria El Kissi s’adresse à l’auditoire qui s’est réunit au restaurant Maï Thaï de Casablanca. «C’est un exercice d’introspection et de réflexion que d’écrire», lance l’écrivaine, les larmes aux yeux et la voix tremblotante. «Ce n’est pas évident de souffrir de bipolarité. Hormis la souffrance du malade, il y a aussi celle de l’entourage qui se retrouve désemparé face aux symptômes.»

Libérée à travers l’écriture de son autobiographie, Maria El Kissi s’est assigné un objectif très clair : «C’est une lettre ouverte à la société et aux personnes qui traversent une situation similaire à la mienne. Le but était de rendre mon message accessible», confie à Yabiladi cette mère de deux enfants. Son mantra ? Ce qui ne tue pas rend plus fort : «Les épreuves douloureuses nous permettent d’aller vers un mieux-être, d’être plus fort, plus solide.» De ses paroles émane aujourd’hui une sagesse qui s’est substituée aux tumultes d’hier.

Maria El Kissi, lors de la cérémonie de présentation de son livre à Casablanca. / Ph. Maria Al KissiMaria El Kissi, lors de la cérémonie de présentation de son livre à Casablanca. / Ph. Maria Al Kissi

Une main tendue vers ceux qui souffrent

En rémission après un cancer du sein, Maria El Kissi a été diagnostiquée bipolaire en 2011. Loin d’être défaitiste, elle déclare : «La bipolarité est une maladie chronique mais avec une bonne prise en charge, des médicaments et une bonne hygiène de vie, on peut avoir une vie tout à fait normale. Il faut être dans l’acceptation et la gratitude.»

Aujourd’hui, cette battante veut rendre la pareille : «Il y a quelques années lorsque j’étais à genoux, des personnes m’ont tendu la main. Aujourd’hui, après le travail accompli avec mes thérapeutes et le parcours qui est le mien, j’estime que je dois à mon tour tendre la main aux personnes en souffrance.»

Dans une autre vie, Maria El Kissi a été responsable achat dans une grande enseigne de cosmétiques puis a travaillé dans le milieu de la haute couture. «Mon ambition à présent, c'est de démystifier le cancer du sein et de ‘dé-stigmatiser’ la bipolarité», insiste-t-elle. Elle est actuellement secrétaire générale de l’association «Les Amis du Ruban rose» pour les femmes atteintes de cancer du sein et projette de créer une association d’aide aux personnes bipolaires.

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre deux à trois personnes sur 100 souffriraient de bipolarité dans le monde. Au Maroc, les maladies mentales continuent de faire l’objet de tabous.

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