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Société Publié

Présidentielle en France : L'abattage rituel entre crispation, dérogation et souffrances animales

Alors que l’abattage rituel en France bénéficie d’une dérogation pour permettre aux juifs et aux musulmans d’organiser les sacrifices, la validation par la Flandre de l’étourdissement obligatoire dès 2019 relance le débat en France. Libération revient sur les positions des candidats à l’élection présidentielle, les positions des communautés musulmane et juives et les souffrances abordées par les défenseurs des animaux.

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Photo d'illustration. / Europe 1

L'information est tombée la semaine dernière : le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts a annoncé l'interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable - l'abbatage rituel - dès 2019. Un sujet qui fait débat dans plusieurs sociétés européennes, entre juifs et musulmans qui sont vent debout contre l'étourdissement obligatoire et militants associatifs qui considèrent que la loi des hommes passe avant la loi divine.

En France, à trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle prévue le 23 avril, les politiques sont pris entre le marteau et l'enclume. L’occasion pour le journal français Libération de déterrer ce vieux dossier qui «provoque une inévitable crispation».

La majorité des candidats à l'élection présidentielle pour l'étourdissement obligatoire

L'étourdissement des animaux avant qu'ils soient saignés est déjà en vigueur en Suisse, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs pays scandinaves. En France, cette question, tout comme d’autres sujets chauds, «est à peine évoquée durant cette campagne présidentielle».

Cinq candidats au fauteuil du président de la République «se sont pourtant clairement prononcés pour l’étourdissement obligatoire avant la mise à mort». Il s’agit de Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, interpellés par le collectif «Animal politique» ou à l'occasion de précédents événements. D’autres préfèrent rester silencieux ou pragmatiques, à l’instar de Benoît Hamon qui propose la mise en place d’une «commission» pour dialoguer avec les responsables des cultes, ou encore Emmanuel Macron, qui n'a pas pipé mot sur ce thème.

En France, l'étourdissement des animaux avant leur mise à mort est pourtant une règle depuis 1964, même si une dérogation avait été accordée aux abattages rituels israélite et musulman pour égorger les animaux sans aucune insensibilisation. Cette pratique s'effectue via deux procédés : avec une tige métallique perforant le crâne de l’animal, ou bien une pince délivrant des décharges électriques. «La dérogation permet aux communautés juives et musulmanes d’organiser au sein des abattoirs un abattage rituel, sans étourdissement, pratiqué par des sacrificateurs. Cette pratique dérogatoire soulève de nombreuses questions, notamment l’information des consommateurs», indique Libération.

Une nouvelle arme des défenseurs des animaux ?

Le journal cite le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie. Auditionnés en mai 2016 par la commission, des responsables des communautés juives et musulmanes avaient «insisté sur le risque de stigmatisation lié à ce débat, tout en réaffirmant qu’ils n’étaient prêts à aucun compromis». Libération revient aussi sur les chiffres dévoilée par la commission, selon laquelle «environ 20% des juifs et 80% des musulmans de France consomment de la viande respectivement casher et halal».

Face aux communautés juives et musulmanes, les associatifs et les défenseurs des animaux soulèvent la question des souffrances supplémentaires infligées aux animaux égorgés en toute conscience, qui «agonisent durant de longues minutes». Il semblerait que cet argument soit la nouvelle arme des associatifs. En 2012, l’abattage rituel s’était d'ailleurs retrouvé au cœur d’une polémique, rappelle Le Monde.

«La présidente du Front national, Marine Le Pen, accusait la viande distribuée en Ile-de-France d’être 'exclusivement' halal et ce, sans que les consommateurs en soient informés faute d’étiquetage spécifique», indique le quotidien. L'encadrement de la dérogation avait alors été renforcé, notamment par un décret de 2011 et une loi européenne datant de 2013.

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