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Société   Publié

Désintox : Le Maroc, exemple de la préférence nationale pour le FN, vraiment ?

Le directeur de campagne de Marine Le Pen a cité le Maroc comme exemple en matière de préférence nationale. A tort. Détails.

Temps de lecture: 2'
Le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline, vendredi 31 mars sur le plateau de l’émission «Bourdin Direct». / Ph. Capture d’écran

Décidément, le Maroc inspire beaucoup le Front national. Alors que le parti frontiste saluait, en janvier dernier, la circulaire du ministère marocain de l'Intérieur en faveur de l'interdiction de la fabrication et de la commercialisation de «burqas» au Maroc, il vante aujourd’hui les mérites de la préférence nationale «made in Morocco».

Vendredi 31 mars, le journaliste Laurent Neumann recevait sur le plateau de «Bourdin Direct» David Rachline, sénateur-maire FN de Fréjus (Provence-Alpes-Côte d’Azur). A trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le directeur de campagne de Marine Le Pen est venu prêcher la bonne parole autour d’un thème récurrent dans les rangs de la formation : «Il est logique que lorsque l’on est français, on soit prioritaire dans son pays. Ça nous paraît logique et c’est le cas dans beaucoup de pays», a déclaré David Rachline.

Laurent Neumann de rebondir : «Quels pays ?» Son interlocuteur de botter en touche : «Beaucoup de pays.» «Quels pays, dites-moi parce que je suis allé regarder [et] je n’ai pas trouvé.» «Mais il y en a un certain nombre. Je crois que le Maroc fait cela, il y en a beaucoup d’autres.» «Beaucoup d’autres» ? Nous n’en saurons pas plus.

Emploi, santé, éducation : les coupes du FN

Le Front national défend notamment la priorité à l’embauche dans la fonction publique des détenteurs de la nationalité française, «qu’elle que soit évidemment leur origine, leur religion ; cela va de soi», précise bien volontiers David Rachline. Sauf qu’au Maroc - puisque le royaume semble s’illustrer comme un modèle en matière de préférence nationale -, la majorité des emplois de fonctionnaires est réservé aux Marocains, comme c’est également le cas en France.

Sur le front de la santé, la candidate frontiste veut supprimer l’aide médicale d’Etat (AME), réservée aux étrangers en situation irrégulière et à ceux placés en rétention provisoire, entre autres. Si ces derniers ne font partie des bénéficiaires du Ramed (Régime d’assistance médicale), reste qu’une convention a été signée en octobre 2015 pour faire bénéficier les immigrés et les réfugiés en situation régulière au Maroc d'une couverture médicale de base et de soins de santé similaires à ceux dispensés aux nationaux dans le cadre du Ramed. Au Maroc, la santé n’est donc pas l’apanage des Marocains.

La préférence nationale telle qu’imaginée par Marine Le Pen s’illustre également à travers son projet de mettre fin à l'éducation gratuite pour les enfants étrangers. Là encore, David Rachline commet une erreur en érigeant le Maroc parmi «un certain nombre» de pays qui auraient adopté cette politique. Au Royaume, l’accès à l’éducation des enfants étrangers au Maroc est encadré par la note ministérielle n°77 du 3 juin 1996 et modifiée par la note 93 du 19 août 2005, autorisant l’inscription aux écoles publiques d’élèves étrangers. De plus, la circulaire du 9 octobre 2013 autorise l’accès à l’éducation des enfants migrants subsahariens et du Sahel au système éducatif marocain (public, privé et d’Education non formelle).

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