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Société Publié

Maroc : Une mineure échappe à l'expulsion vers la RDC [MAJ]

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(c)DR

«Le Maroc est en voie d’expulser une jeune mineure vers la RDC», s’alarmait, samedi, Camille Denis, membre du collectif d’associations de défense des droits des migrants au Maroc, GADEM. «Selon les papiers que le CRDH a pu consulter, elle aurait dix-sept ans, mais elle en paraît beaucoup moins», ajoute Camille Denis, or les mineurs, selon la loi 02-03 qui règlemente la résidence des étrangers au Maroc, ne sont expulsables. Finalement, l'asolescente a été libérée dimanche soir grâce à l'intervention de plusieurs personnes dont une juge et a été prise en charge par l'association d'aide aux enfants Bayti. Pourtant, «le consulat du Congo a publié pendant le week end une attestation affirmant qu'elle avait vingt ans», note Camille Denis.

La jeune fille a été retenue «seule» dans la zone d’attente de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, dévolue aux demandeurs d’asile et aux expulsions, «pendant pratiquement un mois, dans des conditions indignes (aucun hébergement prévu et peu de nourriture)», précise le Gadem dans son communiqué. Son histoire est mal connue : elle aurait voulu se rendre en Belgique mais elle lui aurait refusé l’entrée en raison d’un doute sur les documents de voyage qu’elle présentait. En réaction, la Tunisie a décidé de l’expulser vers le Maroc parce qu’elle était passée par Casablanca pour arriver à Tunis.

Cette affaire intervient alors que le roi a décidé, dans le cadre de sa politique africaine, de lancer en 2017 une nouvelle opération de régularisation en faveur des étrangers au Maroc. Au 8 mars, plus de 18 000 demandes ont ainsi été déposées, a annoncé, hier, Anis Birou, ministre délégué aux Affaires de la migration. Entre la logique du ministère de l'Intérieur, la volonté royale et les efforts du CNDH, le Maroc peine encore à développer une politique migratoire cohérente.

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