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Santé Publié

Grève des pharmaciens du Grand Casablanca en protestation contre les pratiques illicites

Les pharmaciens de Casablanca seront en grève demain de 9 heures à 20 heures à cause de l’impunité de certains confrères qui exercent dans la métropole. Un mouvement solidaire du Syndicat des pharmaciens d’officine de la Wilaya du Grand Casablanca avec 300 de leurs confrères atteints par les pratiques illicites de certaines officines. Détails.

Photo d'illustration. / DR

Suite à la décision, le 31 janvier dernier, du Collège du Syndicat des pharmaciens d’officine de la Wilaya du Grand Casablanca (SPC), les pharmacies de la capitale économique seront en grève mardi 7 mars avec comme mot d’ordre : «stop à l’impunité et à l’anarchie instaurée». Un grand rassemblement est prévu demain à 9h30 devant la Wilaya du Grand Casablanca, où les pharmaciens en blouses blanches et brassards feront part de leurs revendications.

La grève a été décidée à cause d’une quinzaine d’officines pratiquant des conventions illicites et des horaires illimités, à savoir 24h/24 et 7j/7, explique à Yabiladi Walid Amri, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM), qui regroupe 56 syndicats, dont celui de Casablanca avec 1 217 pharmacies. Ces officines octroieraient également des remises sur les prix médicaments.

«Ces pratiques, qui durent depuis deux ans, n’ont pas été sanctionnées par les autorités compétentes, à savoir le ministère de la Santé, le secrétariat du gouvernement et la Wilaya du Grand Casablanca, qui ont été saisis par le syndicat. Aujourd’hui, les pharmaciens ne peuvent plus attendre», ajoute le président du syndicat.

Une «anarchie» certes minoritaire, mais des sanctions restées lettre morte

«Il y a une anarchie qui commence à s’installer chez une petite minorité de pharmaciens. Ce non-respect commence à avoir des répercussions sur les petites et moyennes pharmacies dans les quartiers périphériques, notamment celles qui se trouvent dans les ruelles. Elles sont au bord de la faillite», explique Walid Amri.

C’est sans compter le non-respect, par une petite minorité de pharmacies - estimées entre 15 et 20 -, du cycle de garde établi depuis une quarantaine d’années, des arrêtés préfectoraux et de la déontologie qui se répercute sur le citoyen :

«Ils se permettent d’ouvrir 24h/24 et n’effectuent même pas de garde. En réalité, les pharmaciens ne sont jamais dans leurs officines. Ils font travailler des collaborateurs 18 à 20 heures de suite.»

Remises et conventions illégales

Les établissements pharmaceutiques vendent également des médicaments à un prix inférieur à celui fixe et prédéfini, conduisant ainsi à la faillite d’autres officines en leur livrant une concurrence déloyale, poursuit Walid Amri. «Cela veut dire que certaines pharmacies se permettent, soi-disant, de gagner un peu plus», développe le pharmacien. Ce dernier cite d’ailleurs une circulaire du ministère de la Santé stipulant que les professionnels qui ne respectent pas les prix établis sont passibles de trois mois à un an de prison et de 800 000 dirhams d’amende.

A propos des conventions illégales, le syndicaliste rapporte : «Il y a beaucoup de conventions avec des organismes privés. Vous savez, il y a aujourd’hui une officine qui est pratiquement celle d’un organisme étatique, qui est l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. Ils n’en ont pas le droit.»

«La loi 17-04 interdit la collaboration directe entre certaines pharmacies et certains organismes professionnels. Le citoyen a la liberté de choisir la pharmacie où il veut prendre son médicament et n’a pas à être dirigé vers une pharmacie spécifique.»

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