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Crise Maroc/UE: Rabat joue-t-elle de nouveau la carte de l’immigration ?

Le centre de rétention de Ceuta accueille des centaines de nouveaux migrants subsahariens qui ont réussi à enjamber les barrières grillagées. Aziz Akhannouch avait invité l’UE à apprécier à sa juste valeur le rôle joué par le royaume dans la lutte contre le flux massif de migrants. Bien avant lui, l’ancien ministre espagnol de l’Intérieur avait exprimé les mêmes avertissements.

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Des migrants africains à la frontière entre le Maroc et l'Espagne. / Ph. Jesus Blasco de Avellaneda/Reuters
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Le scénario tant redouté par le gouvernement espagnol est en train de se concrétiser sur le terrain. En l’espace de quatre jours, plus de 500 Subsahariens sont parvenus à franchir les barrières grillagées de Ceuta et d’entrer dans la ville. Les forces de sécurité du voisin du nord semblent être dépassées par l’ampleur des deux assauts qui interviennent dans un contexte de relations extrêmement tendues entre le Maroc et l’Union européenne, suite aux déclarations du Commissaire européen au Climat et à l’Energie, l’Espagnol Miguel Arias Cañete appelant au respect du verdict de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 21 décembre. Une décision que ne reconnaît pas l’autorité marocaine au Sahara occidental.

Les mises en garde d’Akhannouch rappellent celles de l’ex-ministre espagnol de l’Intérieur

Au lendemain des déclarations de Cañete, le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime a lancé un message direct aux Vingt-Sept : «Le problème de la migration est très coûteux pour le Maroc, ce que l’Europe doit apprécier à sa juste valeur.» Et de s’interroger : «Comment allez-vous effectuer le travail de blocage de l’émigration africaine et même marocaine, si l’Europe ne veut pas, à présent, travailler avec nous ?» Pour Aziz Akhannouch, l’Union européenne (UE) est appelée à «reconnaître le rôle du Maroc» et son «effort extraordinaire à la frontière sud» de la Méditerranée.

Bien avant ces mises en garde, l’ancien ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, avait invité en mars 2016 Bruxelles à prendre des mesures garantissant un retour au contexte qui prévalait avant le 10 décembre 2015 - date de la première décision de la CJUE excluant les produits du Sahara de l’accord de 2012. Le responsable s’était dit préoccupé par les «graves conséquences pour l’Union européenne» de la suspension par les autorités marocaines des contacts avec l’UE.

Le Maroc joue, depuis quelques années, le rôle de gendarme de l’Europe. Il a grandement contribué à rendre quasiment hermétiques certains points de passage des candidats à l’immigration. Pour mémoire, c’est grâce à l’engagement du royaume, en 2005 et 2006, que les flux de migrants vers les îles Canaries avaient nettement baissé. Une coopération que le gouvernement du socialiste José Luis Rodríguez Zapatero avait appréciée à sa juste valeur et ce, en modifiant sa position sur le Sahara. Une ligne suivie également par l’exécutif de Mariano Rajoy depuis 2011.

L'assaut de plus de 350 migrants subsahariens, survenu ce matin, intervient une semaine après la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, à Rabat.

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