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Société Publié Le 17/02/2017 à 18h53

Réussite scolaire des Marocains en France : l’ascension intergénérationnelle

Une étude de l’INED vient d’établir que les émigrés marocains en France sont plus diplômés que les Marocains du Maroc. Il y a même autant, sinon plus, de bacheliers parmi les enfants d’immigrés marocains que dans le reste de la population française. Leur réussite dans les études supérieures est toutefois moins nette. Décryptage.

(c)DR

Vous avez encore en tête l’image de ces jeunes Marocains analphabètes que la France est venue chercher au bled pour leur offrir un emploi dans les usines et dans les mines du nord ? Cette histoire est exacte, mais elle n’est plus la seule. Aujourd’hui, établit l’Institut national français des études démographiques (INED), seuls 19 % des immigrés marocains en France n’ont jamais fréquenté l’école, et la même proportion dispose à l’inverse d’un diplôme de l’enseignement supérieur, alors qu’au même moment, les diplômés de l’enseignement supérieur ne forment que 9,6% des plus de 15 ans, au Maroc, selon le HCP.

Les immigrés marocains en France sont donc plus diplômes que les Marocains vivants au Maroc. L’étude ne dit pas s’ils ont étudiés au Maroc avant de partir ou s’ils ont étudié en France au moment de s’y sinstaller. Par contre, les immigrés restent moins diplômés que les personnes nées en France où 27% de la population est diplômées de l’enseignement supérieur.

Meilleurs que les Français non issus de l'immigration

C’est à la génération suivante de rivaliser avec les Français qui ne sont pas immédiatement issus de l’immigration. Si plusieurs études ont déjà montré que par rapport à eux, les enfants d’immigrés marocains obtiennent moins souvent le bac - 60% d’entre eux, contre 67% chez les non-descendants directs d’immigrés, en 2008 -, cet écart s’explique en totalité par les conditions de vie des immigrés en France. A milieu social égal - origine sociale, niveau scolaire des parents, dimension de la fratrie et type de famille - les enfants d’immigrés marocains réussissent même mieux que la moyenne des Français. La probabilité d’un fils d’immigré marocain d’avoir le bac est ainsi 1,1 fois supérieure - et même 1,4 fois supérieur pour les filles d’immigrés - à celle d’une adolescent qui n’est pas immigré ni descendant d’immigré.

Les enfants d’immigrés marocains surperforment le reste de la société française en termes de réussite au bac, mais pour les études leur situation est plus ambiguë. D’un côté, 17 % des enfants d’immigrés entre 20-35 ans poursuivaient leurs études en 2008, contre 13% pour tous les jeunes du même âge quelle que soit leur origine, mais d’un autre, 20 % d’entre eux n’avait pas du tout de diplôme supérieur au brevet, contre 11% seulement des jeunes n’étant ni immigrés ni enfants d’immigrés.

Les fils d’immigrés marocains avaient ainsi, à milieu social égal un risque de ne pas avoir de diplôme 1,2 fois supérieur par rapport aux jeunes du même âge sans lien immédiat avec la migration. Les filles, tout au contraire, font mieux en ayant une probabilité de ne pas avoir de diplôme 0,9 fois inférieure à cette dernière.

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