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Société Publié

Justice : Une tribu sahraouie monte au créneau pour défendre un juge cité dans une affaire de corruption

La puissante tribu sahraouie des Maâ Al Ainin monte au créneau pour «défendre l’honneur» d’un de ses fils, un juge pointé du doigt dans une affaire de corruption. La tribu crie plutôt à la «conspiration» et a entrepris une campagne pour soutenir le magistrat près la Cour de cassation. La pression, les messages à qui de droit et les menaces y ont largement pris le dessus sur le principe de la présomption d’innocence.

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Photo d'illustration. / DR

L’affaire du juge sahraoui près la Cour de cassation ayant fait l’objet, au même titre que deux fonctionnaires du même tribunal, d’une plainte pour corruption commence à prendre une tournure inquiétante. Sa tribu (les Maâ Al Ainin), connue pour sa proximité avec la monarchie, récuse les «faits» et parle plutôt d’une «conspiration» ourdie contre le magistrat par ses «ennemis».

En vue de «défendre l’honneur» du prévenu, elle a vite mis en place une coordination composée de ses notables à Laâyoune et Dakhla. Ils ont d’ailleurs tenu plusieurs réunions dans la capitale du Sahara afin d’élaborer une position commune. Des espaces de paroles où les membres de la puissante tribu sahraouie ont exprimé leur «indignation», clamé «l’innocence» du juge et adressé des messages destinés à qui de droit.

L’enquête confiée au procureur général près la Cour de cassation

Cette colère a ensuite été savamment diffusée sur le web. Certains participants aux réunions de la coordination ont sollicité une intervention directe de Mohammed VI, la «seule autorité qu'ils reconnaissent au Maroc». Et de crier que l’Etat ne leur a rien donné en échange de l’appui de la marocanité du Sahara. Pourtant, nombreux sont en effet les descendants de cette tribu qui occupent ou ont occupé de hautes fonctions au sein de l’administration marocaine.

Le ton de ces interventions suscite des interrogations, d’autant que les Maâ Al Ainin sont connus au Sahara pour leur «modération» et surtout leur «discrétion». En 2008, la tribu avait «accepté» la condamnation d’un de ses fils, Abadla, du Parti de la justice et du développement (PJD), à 20 ans de prison pour son implication dans le réseau d’Abdelkader Belliraj. D’ailleurs, il n’a été libéré que dans la cadre de la grâce royale du 14 avril 2011 ayant bénéficié à des salafistes détenus pour terrorisme.

La campagne de pressions pour «défendre l’honneur du juge» en question s’est avérée vaine jusqu’à présent. Après un silence de plusieurs jours, le ministère de la Justice et des libertés a annoncé hier, dans un communiqué, avoir soumis le dossier du magistrat sahraoui près la Cour de cassation au procureur général près du même tribunal. L’enquête commencera avec le prévenu.

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