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Politique Publié Le 14/02/2017 à 10h10

Crise Maroc/UE : Madrid craint de subir la foudre de Rabat comme ce fut le cas avec la France en 2014

En pleine crise politique entre l’Union européenne et le royaume, Madrid tente de défendre ses intérêts économiques et sécuritaires avec Rabat. C’est la délicate mission d’Alfonso Dastis, mandaté par le gouvernement espagnol au Maroc.

Alfonso Dastis, ministre espagnol des Affaires étrangères. / DR

Le gouvernement espagnol a envoyé hier à Rabat son ministre aux Affaires étrangères. Alfonso Dastis s’est réuni avec son homologue marocain, Salaheddine Mezouar. La crise qui s’annonce entre le royaume et l’Union européenne a été au cœur des entretiens entre les deux parties.

Le chef de la diplomatie ibérique s’est bien gardé d’exprimer un appui à la position marocaine hostile à toute tentative de réviser l’accord agricole de 2012. En revanche, il s’est déclaré en faveur d’une «solution technique» à même de préserver les intérêts bilatéraux, tout en tenant compte du verdict de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 21 décembre appelant à exclure le Sahara occidental de tous les accords signés avec le Maroc.

La position d’Alfonso Dastis est parfaitement conforme avec celle exprimée, en janvier, par Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne. En réponse à une question écrite de plusieurs eurodéputés pro-Polisario, l’Italienne a souligné que les «services juridiques (de l’UE) analysent encore toutes les conséquences» de la décision de la CJUE.

«L’Espagne craint de subir les conséquences de la colère marocaine»

Le déplacement de Dastis au Maroc intervient seulement dix jours après les déclarations controversées du commissaire européen au Climat et à l’Energie, Miguel Arias Cañete, membre du Parti populaire (PP) et ancien ministre de l’Agriculture et de la Pêche sous les gouvernements Aznar II (2000-2004) et Rajoy I (2011-2014).

La partie espagnole craint de subir les conséquences de la colère marocaine, précise El Confidencial. «L’Espagne est le chaînon le plus faible en cas d’hypothétiques représailles marocaines.» Et pour cause, «elle est la principale bénéficiaire de l'accord de pêche avec le Maroc et la première destination des migrants irréguliers», explique la même source. Pour appuyer son analyse, le site d’informations n’a pas hésité à rappeler les sanctions marocaines lancées contre la France en 2014.

Madrid appréhende une telle perspective alors que sa stratégie antiterroriste dépend en grande partie de la coopération efficace avec les services de sécurité du royaume. Une coopération qui a permis à l’Espagne, jusqu’à présent, d’être épargnée par les attaques des djihadistes de Daesh. Une exception par rapport à la France, la Belgique ou l’Allemagne.

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