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Archive Histoire Publié

La bataille de Bougafer ou la résistance acharnée des Ait Atta contre les forces coloniales

La bataille a duré près de 42 jours après plusieurs tentatives destinées à soumettre les Ait Atta et contrôler Bougafer. Retour sur un affrontement lors duquel les combattants marocains ont fait montre de la détermination de tout un peuple en refusant de rendre les armes et en luttant par tous les moyens contre les forces coloniales. Histoire.

Temps de lecture: 4'
Photo d'illustration. / DR

La bataille de Bougafer, également connue sous le nom de «bataille de Saghro», est l’un des affrontements les plus féroces des combattants marocains contre les forces coloniales françaises. L’intervention militaire française avait certes débuté le 13 février, mais les ambitions du Protectorat ne datait pas de 1933. Les combattants marocains, issus des tribus d’Ait Atta, s’étaient montrés beaucoup plus combatifs que prévu. Leur détermination leur a valu une résistance qui a duré plus de quarante jours face à 83 000 soldats français soutenus par 44 avions militaires. Mais avant de contextualiser cette bataille, il est impératif de rappeler, ne serait-ce que brièvement, l’histoire de la famille Oubasslam. Originaire de la tribu amazighe montagnarde du Saghro des Ait Atta, elle a joué un rôle central contre l’occupation française au début du XXe siècle.

Assou Oubasslam ou l'histoire d'un leader spécial amazigh

C’est à 20 km de Tinghir, dans la circonscription de Tafraout, qu’Issa Ou Ali N’Ait Baslam, alias Assou Oubasslam, voit le jour en 1860. A 29 ans, grâce à ses multiples qualités humaines et militaires, il succède à son père Ali Oubasslam à la tête de sa tribu et décroche le titre d’Amghar. Dans son ouvrage «Henry De Bournazel» (édition Plon, 1939), le romancier et historien français Henri Bordeaux le qualifie «d'homme au beau visage grave, au corps maigre et musclé, impassible et indifférent d'apparence, mais fier et plein de dignité, et qui imposait la confiance». L’homme amazigh est aussi un militaire rusé qui a su profiter de la situation géographique et politique de sa région pour mettre en place des stratagèmes indéfectibles pour résister à l’occupation.

Dès 1919, il commence à réunir des armes à feu, volées des soldats français, acquises par le biais des tribus pacifiées ou encore fabriquées localement par ses combattants. D’ailleurs, cette année était aussi marquée par une première intervention militaire dans la région, menée par le Pacha de Marrakech, Thami El Glaoui dans la haute vallée du Dadès.

Entre 1920 et 1930, Assou Oubasslam intente à travers des guérillas ses premières provocations destinées aux forces coloniales. Celles-ci provoqueront la colère du général Hubert Lyautey qui aurait, à en croire le cinquième volume des «Mémoires du patrimoine marocain» (Edition Nord Organisation, 1985), augmenté les financements destinés à pacifier les tribus de cette région. Une mission loin d’être du pain béni pour les forces françaises ; c’est que Jbel Saghro est un sommet qui culmine à 2 712 m d'altitude…

Plusieurs tentatives vouées à l'échec

Située à moins de 100 km au sud du Haut Atlas central, dominant les vallées du Draâ et du Dadès, la zone est sous la responsabilité du général Georges Catroux. Ce dernier, après avoir tenté à maintes reprises de s’emparer de Bougafer, finit par faire appel à des renforts. Une première tentative a donc eu lieu plusieurs mois avant le 13 février de l’année 1933, marquée par un échec décevant des forces coloniales. Plusieurs bataillons français s’étaient alors penchés sur la préparation d’un plan d’intervention pour soumettre les tribus d’Ait Atta et contrôler Bougafer.

Le plan suggérait d’attaquer la zone par plusieurs points, notamment le sud-est, vers Marrakech et l’ouest, au niveau de la frontière avec l’Algérie française. Quatre colonnes, divisées en deux groupes, ont été placées sous le commandement des généraux Catroux et Giraud. Les colonnes des colonels-lieutenants Tarrit et Despas se dressent côté Est, tandis que l’Ouest accueille celle de Chardon et de Spillmann. Toutes les quatre devaient converger vers Bougafer. Un bombardement de la région était aussi prévu, puis finalement abandonné compte tenu de la géographie de la région. Les forces coloniales avaient alors mobilisé 83 000 soldats et 44 avions militaires pour attaquer 1 200 combattants d’Ait Atta, soutenus par des femmes et des enfants.

L’offensive militaire est donc lancée lundi 13 février 1933. Près de 14 jours après, les Français, surpris par la force et la détermination de l’adversaire, décident alors de mandater un émissaire pour négocier une trêve et rencontrer Assou Oubasslam. Mais ce dernier refuse même de rencontrer l’émissaire, provoquant ainsi la colère des colonels qui déploient encore plus de moyens pour soumettre les combattants.

Des résistants amazighs d'Ait Atta. / Ph. Zamane

Une trêve négociée après 42 jours de résistance

Sur cette partie de la bataille, le militaire et écrivain français Georges Spillman, cité dans les «Mémoires du patrimoine marocain», indique que «plusieurs assauts furent lancés contre cette forteresse naturelle, venant de l'est et de l'ouest». «Ils furent tous repoussés de façon sanglante. Nous y perdîmes quatre officiers tués du côté de Marrakech et six officiers tués du côté des confins algéro-marocains, dont hélas ! Mon ami le capitaine de Lespinasse de Bournazel, héros légendaire du Maroc», écrivait-il.

Un carnage a donc eu lieu, encerclant Bougafer. Face à la fatigue, la fin et les blessures, et après une énième attaque le 28 février, les Amazighs maintiennent leur résistance après ce sévère blocus, avant que certains d’entre eux finissent par trahir la cause. C’est alors que le virus de typhus, transmis par les animaux morts et les cadavres des combattants, commence à contaminer ceux encore en vie.

Après 42 jours de résistance, Assou Oubasslam est alors contraint à négocier. Il descend de sa montagne non pas pour se rendre, mais pour sauver ce qui reste des Ait Atta. Le 25 mars 1933, la vie de 3 000 combattants marocains est sauvée après le décès de 1 300 Amazighs d’Ait Atta, contre 3 500 soldats français.

Une rencontre entre le Général Huré et Assou Oubasslam de la tribu Aït Atta en 1933, annonçant la fin de la bataille de Bougafer, dans le Saghro. / Ph. «Mémoires du patrimoine marocain»

 «Que Dieu bénisse les martyrs et leur pardonnera leurs péchés. Nous avons été créés d'argile sèche et nous y retournons. Espérons que Dieu célébrera cette mémoire dans le cœur de nos enfants», aurait-il dit avant de s’adresser aux forces de l’occupation. Jbel Saghro venait tout juste de rendre ses armes et de se soumettre à l’occupation coloniale. La résistance, elle, n’en était qu’à ses balbutiements.

Promu caïd en 1939 après sa soumission au général Giraud, Assou Oubasslam garda cette fonction jusqu’à sa mort en 1960.

59 commentaires
Julie menier
Date : le 13 février 2018 à 13h35
Je te donne raison , sur les reac identitaire de son genre Ils ont des propos dépassées, et développe un mythe nationaliste assez grotesque propre au mouvance d extrême droite Dans le déni perpetuel des réalités, et déformant les faits avec des propos fallacieux J ai d ailleurs entendu un propos anti rif, et je me suis posée la question de sa raison d etre J ai vite comprise ensuite qu elle était bien le fruit d une propagande rodée qui prend source il y a des décenies de cela Enfin tu n obtiendra rien de lui, si ce n est le discours rodé La preuve l argument qu il utilise est extrait , de propos tenu de la part de salafiste, qui eux metaient en lumière aussi le fait que les arabes acceptaient jadis d etre dominer par des non arabes (ex Mamelouks, les Atabeks, les seldjoukides.....) Bref lui instrumentalise cette thése, dans le but d enfumer, alors qu en vrai jamais de la vie il n accepterait par exemple qu un rif le gouverne ou un Francais marocains C est un peu comme en France, jamais de la vie les identitaires n accepteront un premier ministre ou président arabe..même si il est le plus doux et docile des arabes de serrice On l a vu avec Taubira, ce genre d identitaire ne font qu instrumentaliser certaines thèses sans y croire, et pour masquer leur idéologie ségrégationiste
Citation
moss_26176 à écrit:
Il faut toujours que des gens comme toi se la ramène, mais hamdolillah vous êtes dépassé, c'est à cause des années 60 que le Maroc a beaucoup perdu et engendrer les années de plomb, et ce n'est pas pour rien que le Maroc commença à remonter la pente au moment où il reconnait toutes les spécificité du pays... encore faut-il connaitre cette Histoire passée sous silence. Un être humain c'est un être humain, Alors avant de porter un avis, il faut être sûr de quoi on parle, cette région est la plus pauvre du pays alors qu'on en tire les meilleurs richesses. 60ans après l'indépendance la moindre des choses à défaut d'enseigner à tout les enfants du pays qu'eux n'ont jamais accepter la colonisation, alors que d'autre ont collaboré très vite à l'arrivé comme au départ du colon, c'est de leur construire un hôpital digne de ce nom, des écoles, des routes.... Mais comme je l' ai écrit plus haut, Dieu merci cela change et ce n'est pas grâce à toute la clique de la génération pan-arabisme des années 60.
Julie menier
Date : le 13 février 2018 à 13h20
Et voila une fois de plus on te laisse baver ta haine de l autre sans personne ne te condamne C est bien la preuve de ce que j avancais tu hais, et d autre sont complaisant envers ta haine d ultra nationaliste En parlant de haine, y a juste à te lire sur l autre poste, tu hais les Francais, et maintenant lesmarocains a l etranger , et je vois qu en plus maintenant tu ajoutes les rifains Reste plus qu a voir ta longue liste des peuples et ethnies que tu hais
Citation
imtiyaz à écrit:
les plus grand professeurs et savant arabes sont des amazigh Toi tu es un immigrado qui a été élevé dans la haine et tu crois que tous les rifains te ressemblent ? .
Isham33
Date : le 20 février 2017 à 13h19
Voilà ce qui se passe en ce moment à Tindouf http://www.tamurt.info/sahraouis-refusent-lappel-de-prise-darmes-lance-polisario/
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