Menu

Société   Publié

Saloua Bouchaib et Salim Cheikh, une bataille sur les fronts de la justice et des médias

Me Youssef Chehbi, chargé par le directeur général de 2M Salim Cheikh, a porté plainte contre Saloua Bouchaib pour diffamation et chantage. La jeune femme qui l’avait publiquement accusé de viol sur sa page Facebook a pour sa part livré sa version, plus ample cette fois-ci. Détails sur une affaire dont l’ambiguïté confond plaignants et accusés.

Temps de lecture: 2'
DR

Lundi 9 février, Saloua Bouchaib, ex-stagiaire à 2M publiait sur une page Facebook en son nom un enregistrement téléphonique et des captures d’écran qu’elle aurait échangé avec Salim Cheikh, patron de la deuxième chaîne nationale. Plus tard, elle affirme dans une seconde interview que ce dernier «n’a pas eu recours à la force physique, mais plutôt à une «violence morale et [à] un abus de pouvoir» pour faire pression sur elle. Elle n’a pas déclaré avoir porté plainte.

La troisième sortie de Saloua Bouchaib, aujourd’hui accusée de chantage par Salim Cheikh, apporte une nouvelle version qui ne contredit pas la première, mais dont les zones d’ombre ne se dissipent pas… complètement.

Des accusations croisées

L’affaire que porte Saloua Bouchaib à la connaissance du grand public remonte à plus de trois ans. En 2014, alors qu’une affaire de harcèlement éclate à 2M, elle prend contact avec Salim Cheikh pour lui demander d’intervenir en sa faveur. Dans son récit, elle cite en effet les noms de deux grands responsables au sein de la chaîne qu’elle accuse de harcèlement sexuel (sous forme d'avances exprimées verbalement) pendant la période de son stage qui avait eu lieu auparavant. Le fait qu’elle ait refusé de céder à leurs prétendues avances l'aurait empêché d'obtenir un poste au sein de 2M.

«Je lui ai demandé de me faire justice, de me rendre mon travail et mes droits», dit-elle dans un récit d’une dizaine de minutes. Elle explique que Salim Cheikh lui aurait promis de s’occuper de sa requête. Ce serait à ce moment-là qu’il aurait eu des «intentions à [son] égard».

Selon l’accusatrice, résidente à Marrakech, Salim Cheikh lui aurait proposé de venir le voir à Casablanca d’abord, puis à son domicile. Ce qu’elle explique avoir accepté, se disant «très fatiguée» (elle serait venue de Marrakech ce jour là), pour parler travail. «Il m’a contrainte et violée», ajoute-t-elle, précisant n’avoir aucune preuve de ce qu’elle avance. Elle dit avoir essayé de renouer plus tard pour collecter des aveux… en vain. Tout ce dont elle dispose aujourd’hui a été retourné contre elle.

Des preuves à double tranchant

Youssef Chehbi, l’avocat de la défense ne fait pas cas des «preuves» qui n’ont aucune valeur juridique, a-t-il déclaré dans une interview à Alyaoum 24. La plainte qu’il a déposée au nom de son client comporte des «correspondances» qui attesteraient, selon Me Chehbi, du chantage auquel Salim Cheikh aurait été soumis. Une plainte pour diffamation suivra, explique l’avocat, connu pour ses victoires juridiques.

L’homme de loi souligne que Saloua Bouchaib n’a jamais porté plainte : «Si une personne est victime de viol, elle s’adresse immédiatement à la justice. Si une personne est violée, elle ne demande pas un poste de présentatrice TV comme indemnisation.» Pour Youssef Chehbi et Salim Cheikh, il n’y a donc jamais eu de viol. L’avocat affirme même que des personnes qui auraient subi le même chantage sont prêtes à témoigner.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com