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Société Publié

Al Hoceima : Nouveaux appels au sit-in malgré la violence de l’intervention d'hier

Dimanche 5 février, Al Hoceima et les villes adjacentes ont connu des altercations avec les forces de l’ordre qui ont interdit une manifestation organisée par «La Mouvance du Rif». Aujourd’hui, à l’occasion du 54e anniversaire du décès du résistant Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, les revendications socio-économiques seront au cœur de cette date témoin, devant le commissariat central de police d’Al Hoceima.

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La DGSN affirme que 27 de ses éléments ont été blessés. Les protestataires en comptent 200 environ. / Ph. Capture d'écran

Ce sont deux versions qui s'affrontent. Plusieurs éléments de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) auraient été blessés à l’issue de leur intervention pour disperser un sit-in de protestation non autorisé au Centre de Boukidaren, d’après la DGSN. Les habitants d’Al Hoceima voient en revanche les choses d’un autre œil.

Une répression «préméditée»...

Elmortada Iamrachen, qui fait partie de la «Mouvance du Rif», livre à Yabiladi une autre version des événement survenus hier : «A l’occasion de la date remémorative du décès de l’émir Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, nous voulions nous réunir sur la Place Calabonita, dans le centre ville d’Al Hoceima.»

Il ajoute que les protestations ont éclaté dans les Centres de Boukidaren, de Beni Bouayach et d’Imzouren. Selon lui, seuls les habitants de Boukidaren qui s’étaient rassemblés pour organiser une marche vers Al Hoceima n’auraient pas supporté les provocations des forces de l’ordre, lesquels les auraient par la suite violemment réprimées. Les autres localités n’auraient fait preuve d’aucune résistance, précise-t-il toutefois.

Dans les rangs des contestataires, Elmortada Iamrachen compte 130 blessés à Boukidaren et plus de 60 personnes à Al Hoceima. Il critique cependant le silence de la police sur les blessés dans leur camp et nous informe qu’aucune arrestation n’a eu lieu, seulement des interpellations aux commissariats qui n’ont pas dépassé quelques heures.

«Les vidéos que nous avons publiées démontrent le vandalisme pratiqués par les agents sur les biens publics. Ces vidéos témoignent aussi de la préméditation aux coups et à la répression.»

L’habitant d’Al Hoceima a assuré à Yabiladi que la ville est totalement «militarisée» et qu’«aucun rassemblement n’est autorisé» : «S’ils trouvent quatre personnes assises ensemble dans un café, ils interviennent pour les séparer, ça m’est arrivé ce matin même.»

Elmortada Iamrachen et ses compagnons ne comptent pas pour autant baisser les bras : «Nous resserrons nos rangs pour organiser un autre sit-in aujourd’hui à 17 heures devant le commissariat de police pour protester contre la répression d’hier. Nous verrons alors comment les autorités répliqueront.» Sachant que le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur Charki Draiss est actuellement présent dans la ville, il précise qu’ils résisteront dans les rues pour que leurs revendications soient entendues et qu’une suite soit donnée.

De plus, le membre de la «Mouvance du Rif» nie toute relation entre leur rassemblement et d’autres partis politiques. «Nous n’avons pas de chef, Nasser Zefzafi est notre symbole et porte-parole», assure-t-il.

...qui s'oppose à la version officielle

L’organisation du sit-in par un groupe de personnes, dimanche au Centre de Boukidaren, ne satisfaisait pas les conditions légales en vigueur en la matière, selon la DGSN. Son communiqué informe que ce groupe avait bloqué volontairement la voie publique, ce qui a donné suite à l’intervention. Les autorités locales de la province d’Al Hoceima notifient que «les autorités publiques sont intervenues dans le respect total des règles et dispositions légales, afin de disperser ces attroupements et rétablir le trafic routier».

Lors de cette intervention, certains manifestants ont procédé à des jets de pierres à l’encontre des forces de l’ordre, blessant 27 éléments qui ont été transférés à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires, affirme la même source. Les autorités sécuritaires compétentes ont procédé à l’ouverture d’une enquête sur ce sujet, sous la supervision du parquet général, afin de déterminer l’identité des agresseurs et prendre les mesures légales qui s’impose, précise-t-on de même source.

La DGSN dément par ailleurs l'usage par les éléments de la force publique d’armes à balles en caoutchouc ou de bombes lacrymogènes pour disperser un rassemblement sur la voie publique à Al-Hoceima.

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