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Société Publié

Affaire Paradise Beach : Les investisseurs toujours inquiéts malgré un premier jugement

Le tribunal de première instance de Tanger a condamné jeudi 26 janvier Larbi Tadlaoui, dirigeant de l’entreprise Atlantic Beach, à 20 mois de prison ferme et au remboursement des investisseurs légalement représentés de leurs acomptes avec intérêts et compensation. Une information rapportée par l’un des investisseurs lésés qui fustige les informations distillées au compte-goutte, notamment par l’ambassade du Maroc à Londres.

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Une manifestation a été organisée devant l’ambassade du Maroc à Londres lundi 10 octobre 2016 pour dénoncer le silence des autorités et les reports des audiences. / DR

Nouveau rebondissement dans le cadre de l’affaire Paradise Beach qui se joue entre près de 800 investisseurs britanniques, dont des Marocains résidant à l’étranger et le dirigeant de l’entreprise Atlantic Beach, Larbi Tadlaoui. Le verdict du procès pénal intenté contre le prometteur immobilier est tombé jeudi dernier au tribunal de Tanger. La sentence a été fixée à 20 mois de prison pour Larbi Tadlaoui, en plus du remboursement des acomptes des investisseurs légalement représentés, avec intérêts et compensation. Au total, 80 personnes sont concernées.

Le procureur a fait appel de ce verdic, nous informe un investisseur britannique ayant requis l’anonymat. Le procureur a jugé la sentence «trop légère par rapport aux désagréments causés pendant si longtemps aux investisseurs», poursuit notre source. Atantic Beach est également en procédure d’arbitrage avec le gouvernement suite à une ordonnance du président de la cour administrative de Rabat.

Le dénouement de cette affaire, un rêve lointain

Le jugement décharge également l’entreprise Amendis. Les investisseurs ne sont pas surpris : «L’ambassade nous avait transmis l’information selon laquelle le gestionnaire délégué n’avait justement pas été payé pour effectuer les travaux. Larbi Tadlaoui imaginait peut-être qu’Amendis allait réaliser gratuitement les travaux ?», ironise notre source.

Bonne nouvelle pour les investisseurs lésés ? Loin s’en faut. Le dénouement de cette affaire, qui n’a que trop duré, est encore un rêve lointain. Les investisseurs critiquent d’abord l’information distillée au compte-goutte. «Les investisseurs en Angleterre viennent d’apprendre la nouvelle grâce à un portail d’information local à Tanger. C’est comme ça qu’on a su que la sentence de 20 mois de prison ferme et le remboursement de l’argent des investisseurs légalement représentés, au nombre de 80, a été prononcée», nous déclare notre source.

Mais l’information parvenue aux investisseurs lésés n’est finalement qu’un grand titre. Ils disent ne disposer d’aucun détail du jugement, des charges ou du sort des autres investisseurs non représentés. Même l’ambassade du Maroc à Londres ne leur prête plus l’oreille, selon eux. «On est vraiment exaspéré. L’ambassade du Maroc à Londres a promis de nous tenir au courant mais elle fait actuellement la sourdre oreille. On ne veut pas nous recevoir ni répondre à nos appels», s’indigne notre interlocuteur.

Ils sont ainsi 720 investisseurs, non représentés légalement, à se retrouver aujourd’hui «complètement floués», avec notamment la réaction de l’ambassade marocaine qui les «inquiète», surtout avec plusieurs nouvelles actualités dans le cadre de cette affaire.

Le sort de 720 investisseurs encore méconnu

En effet, notre source nous confie que les investisseurs viennent de découvrir le contenu de deux conventions signées entre l’entreprise de Larbi Tadlaoui et le gouvernement marocain. Des conventions qui stipulent un certain nombre de conditions, comme les audits réguliers tout au long du projet et les comptes-rendus qui devaient être fournis par le promoteur immobilier tous les six mois.

«Avant, on n’avait accès qu’à la dernière page qui contenait les signatures des ministres. Rien de ce qui est écrit n’a été fait puisque si c’était le cas, le scandale immobilier aurait été mis à jour avant», commente, exaspérée, notre source.

Pourquoi ces audits n’ont pas été effectués ? S’agit-il de «connivences» pour reprendre les mots de notre interlocutrice ou d’une tentative pour incriminer d’autres personnes ? Autant de questions que se posent les investisseurs britanniques et les MRE.

Toutefois, le jugement est une avancée remarquable, à en croire les investisseurs. Cela donne espoir surtout à ceux qui n’ont pas été représentés légalement dans le procès contre Larbi Tadlaoui. Pourquoi 80 personnes seulement l’ont fait ? «On aurait pu le faire mais il y a une contrainte financière qui se pose. Il fallait payer des avocats. Personnellement, je n’ai pas les moyens nécessaires», nous répond notre source. 

«On ne savait pas non plus que ça allait aboutir. Maintenant on sait que ça a porté ses fruits puisque Tadlaoui a été jugé coupable. On ne sait pas encore si ces gens-là vont être remboursés. On pensait aussi qu’on allait bénéficier de l’aide du gouvernement puisque Paradise Beach nous a été vendu en tant que projet soutenu par l’exécutif.»

D’ailleurs, ils doivent tous retenir leur souffle encore quelques semaines en attendant le jugement de la cour d’appel de Tanger. Avant cela, c’est la représentation diplomatique qui est pointée du doigt. «On aimerait bien que l’ambassade nous dise ce qu’il en est. On aimerait savoir si le jugement fera jurisprudence et si les gens comme nous pourront se présenter devant la Cour de justice pour rajouter leurs noms à la liste des investisseurs lésés», conclut notre source.

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