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Société Publié

Casablanca : Tout ce que vous devez savoir sur «Insijam», premier Citizen Lab du mouvement «Les Citoyens»

«Insijam», premier Citizen Lab du mouvement associatif Les Citoyens a eu lieu ce vendredi au Studio des Arts vivants à Casablanca. L’occasion d’aborder l’éducation, l’emploi, la démocratie et les droits de l’homme, à travers le regard d’entrepreneurs, d’experts et d’activistes nationaux et internationaux. Compte-rendu.

Temps de lecture: 4'
Les différents intervenants du Citizen Lab «Insijam» organisé vendredi à Casablanca par le mouvement associatif Les Citoyens. / DR

Le mouvement associatif «Les Citoyens» passe à la vitesse supérieure. Après toute une série de rencontres régionales, un premier Citizen Lab baptisé «Insijam» a été organisé vendredi 27 janvier à Casablanca. Objectif : mobiliser une panoplie de participants de différentes sphères autour de plusieurs thématiques clés, à l’instar de l’éducation, l’emploi, la démocratie et les droits de l’homme.

«Insijam» a débuté avec une capsule de plusieurs témoignages de Marocains livrant leur définition de la citoyenneté, du bonheur et du rêve. Des vidéos très touchantes qui ont été réalisées sous la supervision du talentueux Nabil Ayouch. L’objectif est de réaffirmer les missions du mouvement associatif. D’ailleurs, plusieurs de ses membres ont défilés dès le début du Citizen Lab pour revenir sur les principes de bases.

Ghita Lahlou, présidente du collectif, a rappelé que «Les Citoyens» est né il y a un an et demi dans le but de «redonner la conviction à tous les individus qu’ils peuvent espérer vivre ensemble (…) dans une société ouverte et plurielle». Abdellah Tourabi a enchaîné avant de donner la parole à Leila Bennis, selon qui l’un des objectifs est aussi de «restaurer la culture du débat, proposer, sensibiliser et agir». «Nous voulons être une force de proposition, de mobilisation, de rassemblement et d’influence décisive», lance cette dernière à la salle presque blindée. Nouvelle figure, pourtant absente lors du tout premier contact avec la presse, Adnane Addioui rebondit pour introduire le Citiezen Lab, arguant qu’au Maroc, «on dispose de plusieurs exemples réussis en rapport avec l’éducation et l’accès au marché de l’emploi». «Notre idée est de chercher ces projets et ces initiatives et de les supporter pour avancer», fait-il savoir.

Education et expériences d'ici et d'ailleurs

Le Citizen Lab est inauguré avec la toute première «mise en scène», puisque le lieu de l’événement n’est autre que le Studio des Arts vivants. Les quatre membres sont alors «interrogés» par Thami El Ghorfi pour répondre à plusieurs questions, notamment l’objectif qui se cache derrière l’événement, le choix du mot «Insijam» - «entente», «harmonie» et «unisson», lui répond Ghira Lahlou - ou encore les «supposés volontés politiques cachées» du mouvement. Des questions auxquelles les membres du collectif apportent des clarifications.

On appelle juste ensuite les intervenants de la première thématique, l’«éducation». Le panel débute avec Seema Bansal spécialiste indienne de l’Education et du développement social au Boston Consulting Group (BCG) de New Delhi. L’occasion pour elle d’exposer un projet réalisé dans l’Etat indien de Haryana (nord) entre 2013 et 2016 pour développer l’éducation des élèves de cette région. Un projet qui a permis de fusionner plusieurs techniques et solutions pour permettre à Haryana de se taguer en tant que l’un des deux Etats indiens ayant amélioré l’éducation dans les écoles publiques. La spécialiste a ensuite insisté sur l’importance de la définition du but spécifique de l’intervention qui permet à la fois de «définir les objectifs et les actions à mettre en place» mais aussi «mesurer l’état d’avancement et de la transformation».

Elle passe ensuite la parole à Ahmed Mrabet, directeur de l’école Hajrat Nhal, une structure innovante à la pédagogie écologique et initiative reconnue et appréciée. L’école est en effet située dans un douar de la commune de Boukhalef. «Il fallait adopter l’éducation à la richesse du site et de la région», affirme ce pédagogue. L’école propose, en plus de ses cours et ses horaires adoptés aux enfants du douar, des cours d’alphabétisation ainsi que des activités extrascolaires. Même les enseignants de l’école bénéficient de la formation continue, à en croire Ahmed Mrabet.

Emploi, démocratie et droits de l’homme

On passe ensuite à la deuxième thématique sur la croissance et l’emploi. La Nigériane Ndidi Okonkwo Nwuneli, fondatrice de l’ONG LEAP Africa (Leadership, Effectiveness, Accountability, Professionalism) et l’une des dix femmes entrepreneures les plus influentes en Afrique (Nigeria), n’ayant pas pu être présente à la rencontre, c’est Adnane Addioui qui la remplace. Il insiste, dans son intervention, de la nécessité de rompre avec les anciens modèles et «favoriser les alternatives pour pourvoir investir dans notre potentiel». Il expose ensuite les fondements de l’innovation sociale. «Concrètement ?», lui lance Thami El Ghorfi en guise de relance. Et le jeune d’enchaîner qu’«aujourd’hui, lorsqu’on demande à un jeune de savoir ce qu’il veut faire de sa vie, il répond par ‘la recherche d’un emploi’. Le changement de paradigme c’est comment les gens vont s’approprier eux-mêmes leur avenir, et leur donner les outils et les moyens pour lancer leur initiatives».

La parole est donnée à Rachid Mandili, président de l’Association de développement de Tizi n’Oucheg, un village économiquement et socialement responsable et autonome depuis une initiative en 2011. Un projet qui fait partie justement de l’«Open-Villages» d’Ahmed Benabadji. Ce dernier est présent pour évoquer le périple de sa famille, composée de sa femme et ses cinq enfants, qui ont visité les pays des quatre continents à la découverte d’initiatives pareilles à Tizi n’Oucheg.

On passe juste après au troisième et dernier panel de la matinée, qui s’intéresse, lui, à la démocratie et aux droits de l’homme. Le premier invité de taille est Ghazi Gherairi, ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO, constitutionnaliste, porte-parole du «Dialogue National» tunisien. Il est venu partager l’exemple tunisien et la contribution de la société civile dans la rédaction de la première Constitution post-printemps arabe. Le deuxième invité de taille est Aïcha Ech-Chenna. La Présidente de l’association Solidarité féminine pour la réinsertion économique et sociale des mères célibataires a eu droit à un tollé d’applaudissement avant de débuter son intervention. Rappelant son âge et celui de son association qui soufflera cette année son 32ème anniversaire, Aïcha Ech-Chenna a dit ne pas savoir combien de jours elle va vivre et qu’elle est «pressée de sensibiliser l’opinion publique» et passer le flambeau. «Je n’ai pas la patience d’attendre», a-t-elle lancé au public présent.

«La société a commencé à avoir de petites ouvertures, (…) mais il y a des lois à changer et qui sont notamment en défaveur d’un enfant né hors du mariage et qui n’a pas la chance d’être reconnu par son père», a-t-elle dit, avant de s’étaler sur les noms présumés des pères, instaurés par la Moudawana de 2004 pour les enfants des mères célibataires, avec l’histoire d’un jeune homme qui voulait s’immoler suite à ce même problème.

Après ce témoignage émouvant sur les droits des enfants des mères célibataires, la matinée s’achève en attendant de revenir l’après-midi avec des Workshops ambitionnant de développer une réflexion autour des thématiques abordées et apporter des mises en perspectives.

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