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Société   Publié

Casablanca : Récit de l'agression d'une conductrice de Careem par des chauffeurs de petit taxi

Une vidéo de l’agression d’une jeune femme, chauffeure de l’entreprise Careem à Casablanca, par une dizaine de conducteurs de taxi rouge circule depuis hier sur les réseaux sociaux. Le coup de force est malheureusement devenu courant depuis quelques mois déjà. Récit d’Oussama El Amrani, un ex-chauffeur de taxis qui a rendu visite ce lundi à la jeune femme agressée.

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Un taxi rouge à Casablanca. / Ph. Alae Bennani

Les agressions commises sur des chauffeurs d’Uber et de Careem par des conducteurs de taxi rouge à Casablanca se poursuivent. Cette fois, une vidéo prise quelques secondes après l’agression d’une dénommée Houda, chauffeure de l’entreprise Careem, au niveau du boulevard de la Résistance (Al Moukawama) fait le tour de la toile depuis dimanche. On y voit la jeune femme entourée d’une dizaine de chauffeurs de taxi qui barrent la route à son véhicule, avant de la sortir de sa voiture et de l’agresser physiquement.

Oussama El Amrani, ancien chauffeur de taxi qui a choisi de travailler pour Careem et Uber, a publié la vidéo sur son compte Facebook. «Il s’agit de Houda, une conductrice qui a été arrêtée dès son arrivée par des chauffeurs furieux», raconte-t-il à Yabiladi.

Le fait qu’elle soit une femme au milieu d'une dizaine d'hommes chauffeurs de taxi ne lui aura pas épargné l'agression physique. L’un des chauffeurs lui aurait même fait un «croche-pied», entraînant sa chute sur un goudron dur et froid. «Je l’ai vue aujourd’hui. Elle a un collier cervical et une sorte de bandage sur sa main. Le médecin lui a accordé un certificat d’incapacité de 22 jours suite à son agression», témoigne Oussama El Amrani.

Comme c’est devenu monnaie courante parmi les chauffeurs de taxi, un groupe a commandé un taxi via l’application Careem. A son arrivée à la destination indiquée sur l’application, la jeune femme est vite rattrapée par plusieurs chauffeurs. «Ils ont un groupe sur WhatsApp où ils coordonnent ce genre d’actions. On vient d'en créer un nous aussi pour que les choses bougent. On a même obtenu les coordonnées de l’agresseur», poursuit Oussama El Amrani.

Impunité des chauffeurs de taxi rouge

Lors de la chute de la victime, un chauffeur lui a saisi ses clés de voiture et son téléphone portable. On la voit ensuite entourée d’une dizaine d’hommes pendant plusieurs longues minutes avant l’arrivée des policiers… contactés par les chauffeurs. L’intervention des forces de l’ordre ne met toutefois pas un terme à ce cauchemar. «Quand les policiers interviennent dans ce genre de situation, on leur demande de faire leur travail. Si le chauffeur a commis une infraction du code de la route, ceux des petits taxis commettent un délit en procédant eux-mêmes à l'arrestation. Toutefois, une fois les policiers sur place, ces derniers prétendent qu’ils sont à l’origine de l’arrestation.» Et notre interlocuteur de s’indigner d’une situation où «le chauffeur de taxi rouge devient policier». 

Selon lui, et dans la plupart des cas, aucune plainte n’est déposée contre eux puisque leur identité n’est citée nulle part. Grâce à la mobilisation d’une soixantaine de conducteurs Careem et Uber, Houda est toutefois parvenue à porter plainte ce lundi contre son agresseur.

Les deux entreprises de VTC (Voiture de transport avec chauffeur), dans la ligne de mire des conducteurs de taxi rouge depuis des mois, proposent-elles une assistance à leurs chauffeurs dans ce genre de situation ? Le jeune Casablancais nous répond par l’affirmatif. Selon lui, «elles mandatent des avocats et proposent même de suivre les affaires de A à Z, notamment en prenant en charge les frais». Un soutien précieux pour Houda.

Article modifié le 23.01.2017 à 23h02

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