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Société Publié

Israël : Orna Baziz de la «Conférence de Matrouz» revient sur le déplacement d’une délégation marocaine à Jérusalem

La semaine dernière, une délégation marocaine s’est rendue en Israël, pour prendre part à la «Conférence de Matrouz», qui s’est tenue mardi 10 janvier à Jérusalem. L’événement est produit et animé par Orna Baziz (née Régine Riboh), une universitaire israélienne née au Maroc. Elle revient avec Yabiladi sur ce colloque, initié par Mouvement Tikun, ses objectifs et ses ambitions. 

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Orna Baziz, directrice et productrice de la «Conférence de Matrouz ». / Ph. Facebook

La semaine dernière, une délégation d’universitaires marocains, dont la poète Bouchraïl Echchaoui, s’est rendue en Israël pour prendre part à la «Conférence de Matrouz» (10-14 janvier 2017), organisée à Jérusalem. Suite à la publication de l’information sur Yabiladi, Orna Baziz, modératrice, directrice et productrice du colloque, nous a contactés pour plus de précisions sur cette manifestation culturelle.

Notre interlocutrice a d’abord tenu à revenir sur la symbolique derrière «Matrouz», un mot arabe qu’elle a «hébraïsé» et qui signifie broderie. «Matrouz c’est la broderie et c’est un mot arabe que j’ai hébraïsé, un style de borderie qui symbolise la broderie des cultures. C’est une ligne en arabe et une ligne en hébreu», nous dit-elle. Cette universitaire, né à Agadir, affirme même que «Matrouz symbolise la vie de [ses] ancêtres qui ont vécu en convivialité parfaite avec [leurs] frères marocains».

«La politique a fait faillite. On est donc tous obligé de faire revivre cette amoureux fraternel qui a toujours existé entre nous. Le roi (Mohammed VI, ndlr) n’arrête pas de rappeler que l’élément juif est un élément qui fait partie intégrale de la culture marocaine et il est temps de créer des amitiés.»

Tout en nous affirmant que le colloque de cinq jours a été organisé dans ce sillage, Orna Baziz ne manque pas de rappeler «le message de paix» que porte ce colloque. Ce dernier ambitionne, selon elle, de «trouver des pistes d’action, «peut-être par la culture et par le biais des cultures, de la musique, de la littérature et des arts», afin de «découvrir ce parcours de la paix au Moyen-Orient».

La délégation marocaine a aussi rencontré des Juifs d’origine marocaine et des minorités religieuses

Mais alors que la visite effectuée par les universitaires marocains, tout comme chaque déplacement de Marocains en Israël, est au cœur d’une polémique sur la normalisation avec l’Etat hébreu, la juive d’origine marocaine préfère souligner qu' «il y a une polémique parce que ça bouge !»

Revenant aussi son déplacement au Maroc l’été dernier, après le Ramadan, pour inviter les universitaires marocains, la directrice de la «Conférence de Matrouz» rappelle que six personnes venant du Maroc ont été parmi les participants de cette rencontre. Il s’agit, selon elle, notamment d’«une universitaire de Tanger qui est une poète résidant à Madrid et deux professeurs universitaires marocains». «Ce qui était commun à nos amis c’est qu’ils étaient tous musulmans. Nous avions au total, cinq Marocains en plus d’autres universitaires marocains éparpillés sur la planète. Ici, ils ont rencontré non seulement d’autres Marocains juifs, mais aussi des israéliens de toute origine», renchérit-elle.

L'affiche de la «Conférence de Matrouz». / DR

Ce que les Marocains ne savent pas, selon elle, c’est que les membres de la délégation ont, non seulement rencontré des israéliens, mais aussi des Juifs d’origine marocaine et des minorités religieuses. «A Haïfa, nous avons rencontré des minorités musulmanes qui habitent en Israël et qui sont très concernés par le problème palestinien et nous en avons parlé. Nous avons rencontrés des Druzes et des chrétiens toute la journée du jeudi dans cette ville qui est modèle de la convivialité», indique l’universitaire israélienne.

Les membres de la délégation se sont également rendus à Sdérot (Sud d’Israël, à 3km de la Bande de Gaza, ndlr), une ville composée «de 80% de juifs d’origine marocaine, où ces Marocains ont été tellement heureux de nous recevoir», nous rapporte notre interlocutrice. A la fin de son récit, Orna Baziz ne manque pas de nous rappeler son attachement pour le Maroc, arguant qu’il faut «profiter de cet héritage et ce patrimoine culturel pour essayer de semer quelques choses de vraie, d’authentique et qui sera porté pour l’avenir».

La renaissance de la culture séfarade en Israël ?

La «Conférence de Matrouz» est portée par «Tikoun», un mouvement qui se veut apolitique, fondé par Meïr Bouzaglo, Juif d’origine marocaine, né à Casablanca et professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem. Le mouvement «s'est donné comme ordre du jour de rétablir et de renforcer l'amitié naturelle qui existe de tous temps entre nos deux peuples, Israël et le Maroc», lit-on sur la présentation du mouvement. Ce dernier, formé de juifs et «enfants du Maghreb et de l'Andalousie», dit aussi croire «fermement à une nouvelle espérance de l'Afrique du Nord pour le renouveau d'une amitié Israélo-Nord-Africaine».

Orna Baziz en compagnie de Meïr Bouzaglo (G). / Ph. Facebook

Mais il n’est pas le seul mouvement israélien qui prône ce genre de valeurs. En 2014, «Le blog Modern Orthodox», site fondé en 2009, est revenu sur le «le Renouveau Juif», un «vaste mouvement de renouveau de la pensée juive». Il s’agit là d’un «terme générique englobant tous les mouvements israéliens œuvrant pour un renouveau de la pensée juive, des instituts d’études laïcs au renouveau du judaïsme séfarade, en passant par divers courants israéliens proches de l’orthodoxie moderne», poursuit le blog.

La même source cite notamment les «nouveaux laïcs» d’Israël, le mouvement «Tikoun» mais aussi «Mimizrah Hashemesh», «une association se focalisant sur l’approche religieuse séfarade». Ils seront au cœur des changements que connait Israël et qui «ne sauraient rester sans conséquences», selon le blog francophone.

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