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Assassinat de l'ambassadeur russe : Un 4ème PJDiste interpellé, les militants montent au créneau

La formation du prochain gouvernement n’est pas le seul sujet chaud dans les rangs du Parti de la justice et du développement en ce moment. Les militants PJDistes sont mécontents quant à l’enquête ouverte concernant les internautes ayant salué l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie la semaine dernière. Ils dénoncent notamment l’interpellation de 4 personnes par le BCIJ.

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Khalid El Boukarai et Abdessamad El Idrissi du PJD. /DR
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Les enquêtes menées conjointement par les ministères de l’Intérieur et la Justice et des libertés autour des réactions ayant suivi l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie se poursuivent. Ce lundi, un quatrième individu, membre d’un organe du Parti de la justice et du développement (PJD) a été entendu par le Bureau central d'investigation judiciaire. Une information confirmée par Abdessamad El Idrissi, Président de l’Association des avocats du PJD et membre du secrétariat général de la formation politique du Chef du gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane.

Le PJD est au cœur de la polémique depuis quelques jours déjà, puisque des personnalités du parti ont rompu le silence en exprimant leur rejet du communiqué conjoint et en dénonçant les arrestations de plusieurs militants. Des PJDistes sont soupçonnés par les éléments du BCIJ d’«apologie du terrorisme», sur les réseaux sociaux, au lendemain de l’annonce de l’assassinat d’Andreï Karlov.

Dimanche, le secrétaire national de la Jeunesse du PJD, Khalid El Boukarai a indiqué, lors d’un meeting tenu à Fès, que le communiqué conjoint signé par Mohamed Hassad et Mustapha Ramid, est «allé jusqu’au point d’utiliser la loi la plus hideuse et la plus macabre au moment où les conventions appellent à l’utilisation d’un texte dans l’intérêt de l’accusé». Une «régression» dans le cadre de l’utilisation des lois, à en croire ses mots.

La loi antiterroriste pointée du doigt

Le secrétaire national de la jeunesse PJDiste poursuit en indiquant qu’aujourd’hui, «l’appartenance à une jeunesse est devenu un danger», en dénonçant les poursuites engagées contre le secrétaire local de la jeunesse à Ben Guerir par la loi antiterroriste. «Notre sympathie vis-à-vis des rebelles, des femmes et des enfants syriens ne doit pas être une excuse pour les mauvaises actions, quelle qu’en soit leurs sources», conclut-il avant de donner son propre avis sur l’assassinat du diplomate russe. «Un meurtre outrageant», a-t-il dit.

Pour sa part, contacté par Yabiladi ce lundi, Abdessamad El Idrissi a lui aussi fustigé le communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Justice et des libertés. Pour lui, «le communiqué conjoint renvoie vers les dispositions de la loi antiterroriste alors que les textes qui doivent être appliqués dans ce cas sont ceux du Code de la presse et son article 72», nous confie-t-il. L’occasion pour lui de rappeler que «le Code de la presse sanctionne avec une amende de 100 000 jusqu’à 500 000 dirhams et ne contient pas de peine privative de libertés. Il est plus récent que la loi antiterroriste et donc c’est le texte qui devait être appliqué dans ce cas».

Le PJD risque-t-il de se désolidariser avec ses propres militants ? Le président de l’Association des avocats du PJD écarte cette option. Il assure même que les PJDistes soutiendront les trois militants interpellés par le BCIJ ainsi que le 4ème individu interpellé ce lundi et qui est originaire de la ville de Driouch.

Rappelons que jeudi dernier, le ministère de l’Intérieur, épaulé par le ministère de la Justice et des libertés, a ouvert une enquête sur les commentaires de plusieurs internautes marocains, ayant salué l’assassinat, lundi à Ankara, de l’ambassadeur russe en Turquie. «Suite à l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie, un groupe de personnes a clairement exalté, sur les réseaux sociaux, l’acte d’assassinat de l’Ambassadeur russe en Turquie», indiquaient les deux départements dans un communiqué conjoint. L’occasion pour Mustapha Ramid et Mohamed Hassad de rappeler que l’apologie du terrorisme est un acte punissable, par l’article 218-12 du code pénal marocain. 

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