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Société Publié

Campus #1 - Brésil : Deux Marocaines racontent leur expérience estudiantine à Belo Horizonte

Etudier à l’international est un rêve que beaucoup d’étudiants rêvent d’assouvir, certains y parviennent, d’autres non. Aujourd’hui, deux étudiantes marocaines qui ont effectué un échange de six mois au Brésil, à Belo Horizonte, ont livré à Yabiladi, un témoignage coloré et optimiste sur les études dans un pays d’Amérique Latine. Elles y habitaient de septembre à décembre.

Temps de lecture: 3'
Deux étudiantes marocaines, racontent leur expérience à Belo Horizonte, au Brésil./ Ph. Flickr

Elles sont deux, inséparables, colocataires, et amies dans la vie. Amina de Rabat et Imane de Meknès, toutes deux âgées de 21 ans, ont décidé d’aller à 7200 kilomètres loin du royaume pour étudier. Les deux jeunes femmes font un parcours grande école dans une école de commerce en France (SKEMA Business School), qui dispose de 6 campus disséminés aux quatre coins du globe.

Leur choix a été sans appel : faire un échange en Amérique Latine est l’expérience de toute une vie. «Le Brésil a un niveau de vie assez comparable au niveau de vie marocain. Je trouvais ça original, même si je ne parle pas un mot du portugais (langue nationale du Brésil, ndlr), j’étais très curieuse de découvrir un nouveau continent», confie Amina avec sourire. Imane était moins optimiste au début :

«Je n’étais pas trop sereine, à cause de tous les préjugés qui existent sur le Brésil, notamment l’insécurité, les viols, les meurtres entre autres. Toute seule, je n’aurai pas osé m’aventurer à l’autre bout du monde. Heureusement, nous étions très encadrées par l’école. Grâce à eux, nous avons pu régler la problématique du logement, nous avions déjà réservé nos chambres avant d’arriver sur place.»

Amina, en haut de la photo. Imane, plus bas./ Ph. Amina

Une culture semblable à celle du Maroc

Arrivées sur place, les deux Marocaines sont subjuguées par un pays à la culture riche et proche du Maroc. Elles sont toutes les deux unanimes : «ça m’a rappelé à plusieurs reprises le Maroc, que ce soit au niveau de l’architecture des bâtiments, que des gens, leur accueil, leur convivialité», déclare Imane. Amina, quant à elle, se remémore un brin nostalgique :

«Tu peux trouver des endroits luxueux, mais aussi des sortes de bouis-bouis pour déguster les spécialités locales qui coûte seulement 3 réals (9 dirhams, ndlr). Tu vois la vraie pauvreté aussi. Le Brésil n’est pas seulement touristique, c’est une culture à découvrir.»

La Rbatie a été surprise de l’implication du corps professoral. «Ils cherchent à tout prix à t’inclure dans le cours à travers des questions. Ils ne misent pas sur le cours en soi, mais ce que tu peux en retenir. Nous avions des petites pancartes avec nos noms dessus, ça crée un échange.» En Anglais, elles se sont beaucoup améliorées puisque tous les cours sont dispensés dans la langue de Shakespeare.

Avec les locaux, «tous les moyens étaient bon pour se faire comprendre, du langage des signes, à l’utilisation du smartphone pour montrer l’endroit où nous voulions aller», confesse la native de Meknès. «Nous n’avions aucune base en portugais, mais après quelques semaines, nous avons appris quelques mots pour se débrouiller, ce n’était pas évident de trouver des personnes qui parlent anglais.»

Ouverture d’esprit

Question adaptabilité, les choses se sont déroulées naturellement. Amina dépeint les Brésiliens avec beaucoup d’enthousiasme.  «Ils sont très chaleureux, même quand tu ne parles pas leur langue. Ils ne se découragent pas, au contraire, ils sont très curieux de savoir ce que tu fais dans leur pays. Ils tentent avec le peu d'anglais qu’il maitrisent de communiquer avec toi.» Les amitiés sont simples et les locaux ont fait découvrir des endroits aux jeunes filles dont elles ignoraient l’existence.

«Une fois, alors qu'on faisait un tour en voiture avec deux amis à nous. L’un d’eux a arrêté la voiture comme ça, en plein milieu de la rue, l’engin a commencé à reculer tout seul. Les Brésiliens nous ont expliqué que dans cette rue là, c'était un phénomène inexpliqué, la voiture recule toute seule même quand elle est éteinte.»

L'expérience brésilienne a été très enrichissante, les deux Marocaines se sentent plus ouvertes d’esprit depuis cet échange. Amina livre une anecdote sur ce à quoi elles ont été confrontées au Brésil :

«Mon coiffeur, je n'ai jamais su si c'est une femme ou un homme, ça reste le plus gros mystère de mon échange. C'est un homme avec des longs cils et des ongles rouges flamboyants. Je n'ai jamais su si il faut lui dire "il" ou "elle".»

De retour en France il y a à peine quelques jours, les deux jeunes femmes ont encore des étoiles pleins les yeux et n’hésiteraient pas une seconde à y retourner. «C’était passionnant, je ne pensais pas que de l’autre côté de la planète, à des milliers de kilomètres de chez moi, il y a une vie pareille», conclut la Rbatie.

Amina et Imane lors d'un road trip avec d'autres amies à elles./ Ph. Amina

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