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Nomad #4 - Maroc : Les arches de Legzira, une beauté fragile

L’effondrement d'une des célèbres arches de Legzira avait fait couler beaucoup d’encre en septembre 2016. Considérée comme l’une des plus belles plages du Maroc par les professionnels du tourisme, les arches qui ont fait la célébrité de l’ancienne enclave espagnole Sidi Ifni, sont au cœur de ce nouvel épisode de notre série d'articles consacrés aux sites touristiques naturels du Royaume.

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Les arches de Legzira, surplombent la plage, majestueuses./ Ph. Evasion.tv
Temps de lecture: 2'

Du côté de l’Atlantique, au sud d’Agadir, à 23 kilomètres de Mirleft et à 11 kilomètres de Sidi Ifni, se situe la plage paradisiaque de Legzira. Les grandes arches qui la surplombent font le bonheur des touristes qui se déplacent en masse pour se prélasser à côté de l’eau turquoise, se baigner, ou pour prendre des photos mémorables de cette merveille de la nature, alors que tout autour, des pêcheurs s’installent sur les récifs, paisiblement.

Les grandes arches, creusées par les vagues de l’océan, étaient au nombre de quatre au début, elles ne sont désormais plus que trois. Cette perte désolante n'empêchera pas les visiteurs d'être ébahis devant le décor planté par la nature, l’érosion marine ayant grignoté lentement, au fil du temps, les falaises de grès rouge qui contrastent avec le ciel bleu omniprésent.

C'est ce même phénomène d'érosion qui serait responsable de l’écroulement de l’arche mythique de Legzira, des fissures avaient fait leur apparition sur la roche six mois avant l’effondrement. Heureusement, une autre arche imposante, bien que moins spectaculaire, est restée debout.

L'une des arches de la plage de Legzira./ Ph. PanorapostL'une des arches de la plage de Legzira./ Ph. Panorapost

La plage de Legzira est une boutonnière

L’endroit est très fréquenté, mais loin du tourisme de masse que connaissent d’autres sites touristiques marocains. Les parapentistes adorent s’élancer de la montagne voisine pour atterrir sur la plage en contrebas. L’endroit n’est pas seulement touristique, il peut être très intéressant du point de vue géologique, car le grès rouge subit un affleurement spectaculaire sur du granite. Le site Geocaching explique d’où vient ce phénomène :

«La plage de Legzira est un exemple de ce que l’on nomme une "boutonnière" : une dépression creusée par l’érosion qui permet de découvrir des couches géologiques anciennes. Ces roches sont donc le résultat de la consolidation de sédiments détritiques arrachés par l'érosion à l’anti-Atlas, et transportés vers l’océan par des fleuves.»

Un petit bout d’histoire

Sidi Ifni tient son nom du marabout de la région, mais la ville est aussi la capitale de la tribu des Ait Baâmrane. La région était occupée en 1934, suite à deux traités hispano-marocains (1767 et 1860). Le territoire était concédé à l’Espagne pour fonder un établissement de pêcheries. Le général Franco, ancien président du gouvernement espagnol avait décidé, plus tard, de faire de l’enclave une base militaire et un centre politique de l’Afrique occidentale espagnole.

Colonisés, les tribus locales des Ait Baâmrane d’Ifni ne se laissent pourtant pas faire, et résistent courageusement. Leur ténacité a été saluée dans l’ensemble du Maroc. Petit à petit, le territoire occupé est réduit en surface, jusqu’à atteindre dans les années 60, qu’une couronne de quelques kilomètres autour de la ville de Sidi Ifni. La pression internationale conduit à des négociations qui aboutissent au traité de Fès du 4 janvier 1969, qui met un terme à la souveraineté espagnole. Maria Gomez, dernière personne d’origine espagnole à Sidi Ifni à ne pas être rentrée en Espagne est morte en 2001.

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