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Politique Publié

Maroc : Comment le Palais est intervenu en 2002 et 2007 pour former les cabinets Jettou et El Fassi

Avant le blocage des négociations gouvernementales de 2016, le Maroc avait connu la même situation en 2002 et 2007. Dans les deux cas, des interventions directes du Palais avaient mis un terme aux crises. Entre temps, la constitution de 2011 a été adoptée et ne permet plus de telles initiatives. C’est au chef du gouvernement désigné de gérer les problèmes.

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Le blocage dans les consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement n’est pas le premier du genre sous le règne de Mohammed VI. Un contexte qui n’est pas sans rappeler celui de 2002 ou de 2007 ; deux crises conclues par des interventions directes du Palais. Au moment des faits, le Royaume vivait sous la constitution de 1996. Le respect du principe de «la méthodologie démocratique» n’était pas aussi ancré qu’il l’est actuellement avec la loi fondamentale du 1er juillet 2011.

Une course entre El Fassi et Youssoufi à la primature qui profite à Jettou

A l’issue des élections législatives du 27 septembre 2002, l’USFP était arrivé premier avec 50 sièges, l’Istiqlal un cran en dessous avec 48 députés à la Chambre des représentants. Un différence ténu entre les deux forces politiques qui a été à l’origine d’une véritable course à la constitution de majorité. Abbas El Fassi et Abderrahman Youssoufi faisaient le tour des directions des partis ayant remporté des sièges en vue de les convaincre de se joindre à leurs coalitions. Une dispute qui avait laminé davantage la Koutla démocratique et annoncé une longue descente aux enfers.

Chacun des deux protagonistes revendiquait sa légitimité à diriger le gouvernement. Après quelques jours de tension, le couperet du Palais tomba. Le 9 octobre, le roi Mohammed VI nommait le technocrate Driss Jettou premier ministre. La course s’est conclue sur deux perdants du côté partisan et un gagnant technocrate.

Après s’être écharpés sur la place publique durant une dizaine de jours, les deux partis enterraient la hache de guerre et acceptaient de participer au cabinet Jettou, pour se partager les principaux ministères. Abderrahman Youssoufi s'est ensuite retiré de la scène politique, tandis que Abbas El Fassi s’était vu confier un ministère d’Etat sans portefeuille.

Ramadan 2007, le miracle de la «Nuit du Destin»

Cinq ans plus tard, rebelote : la formation du gouvernement Abbas El Fassi était face à plusieurs obstacles. Contrairement à 2002, le principe de la «méthodologie démocratique» a été respecté, l’Istiqlal s’étant classé premier avec 52 sièges à l’issue des législatives du 10 septembre. Le 19 septembre 2007, le roi Mohammed VI désignait d'ailleurs le secrétaire général de la Balance premier ministre.

Mais la mission de réunir une majorité s’était révélée âpre. Après presque un mois de consultations, El Fassi était incapable de présenter une équipe au souverain. Face à ce retard manifeste, une intervention de l’entourage royal a été nécessaire. La prière à l’occasion de la «Nuit du Destin» apportait avec elle la solution miracle. Le conseiller royal, feu Meziane Belfquih, présentait la liste complète du gouvernement à El Fassi. Et la crise disparaissait comme par enchantement.

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