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Environnement Publié

Des arbres en ville pour sauver des vies : Quid du Maroc ?

Une association américaine de protection environnementale préconise de planter plus d’arbres dans les villes pour diminuer la pollution. A Casablanca, la mauvaise qualité de l’air augmente le nombre de personnes atteintes d’asthme.

Temps de lecture: 3'
D'une superficie de 341 hectares, Central Park à New York est parmi les plus grands espaces verts urbains au monde. / DR

Des arbres pour mieux respirer ? Rien de mieux en effet qu’un retour aux sources, dixit l’organisation américaine de protection de l’environnement The Nature Conservancy. D’après un rapport qu’elle vient de publier, en partenariat avec le C40 Cities Climate Leadership Group, la nature devrait s’inviter plus souvent dans nos espaces urbains. Réduction de la pollution, des gaz à effet de serre (GES), de la température de l’air et, par conséquent, de l’importante consommation électrique réservée à la climatisation résidentielle ; nous y gagnerions à plus d’un titre.

Par nature, comprenez les arbres. Le rapport, intitulé «Planter pour un air plus sain», préconise d’augmenter la plantation d’arbres dans les grands pôles urbains. Plusieurs études scientifiques reconnaissent à ces végétaux la capacité de filtrer les particules contenues dans l’atmosphère à travers leurs feuilles. Le document estime qu’une plantation supérieure d’arbres dans plus de 200 villes mondiales permettrait de sauver entre 11 000 et 36 000 vies à moindre coût. Certes, comptez tout de même une enveloppe globale de 3,2 milliards de dollars chaque année pour concrétiser l’initiative. Un investissement dont bénéficieraient 77 millions de citadins, lesquels pourraient évoluer dans des espaces moins énergivores et plus tempérés. C’est là que l’expression «à moindre coût» prend tout son sens : chacun a la possibilité d’ajouter sa pierre à l’édifice en déboursement seulement… 4 petits dollars environ.

Retour médian sur investissement

Parmi les 245 villes sur lesquelles l’étude se penche, figurent Casablanca et Rabat. Les chercheurs ont mesuré le retour médian sur investissement (ROI) de la plantation d'arbres, à la fois pour la température et la réduction des matières particulaires. Les trois catégories d’impact («élevé», «moyen» et «faible») permettent de situer le niveau d’incertitude dans l’efficacité des arbres à produire le scénario escompté.

Pour rappel, le chiffre médian de ce rendement sur investissement signifie que la moitié des quartiers de la ville accuse un ROI plus élevé que la médiane, alors que l’autre moitié enregistre un ROI inférieur.

Pour la température, le retour médian sur investissement à Casablanca s’élève ainsi à 0,52 pour la catégorie «élevé», contre 0,37 pour le niveau «moyen» et 0,22 pour «faible». En matière de réduction des matières particulaires, le taux médian culmine 0,38 pour l’indice «élevé», 0,24 pour «moyen» et 0,12 pour «faible». Des résultats similaires pour la capitale administrative, où le ROI est de 0,53 pour la catégorie «élevé», contre 0,38 pour le niveau «moyen» et 0,22 pour «faible». Quant au recul des matières particulières à Rabat, la médiane plafonne à 0,62 pour l’indice «élevé», 0,39 pour «moyen» et 0,19 pour «faible».

Tous logés à la même enseigne

Dans l’ensemble, les deux villes font état de résultats «moyen» si l’on se réfère au baromètre du rapport. Force est de reconnaître pourtant qu’une touche de vert ne serait pas de trop, surtout à Casablanca où les niveaux de pollution sont trois fois supérieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), indiquait l’agence onusienne en mai 2016. Le taux de concentration de petites particules dans la ville «blanche» est de 61 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) contre 26 µg/m3 pour les particules fines, alors qu’il devrait respectivement s’élever à 20 µg/m3 et 10 µg/m3.

Sans compter que le poumon économique du royaume est loin de se plier aux standards internationaux en termes de ratio d’espaces verts par habitant. La moyenne y est de moins de 1 m2 par habitant, tandis que la norme internationale recommande 10 à 12 m2/habitant en tant que seuil minimal. Première à trinquer, la population casablancaise qui, en proie à la pollution et au changement de climat, notamment lors de la clôture de la saison estivale, voit grimper en flèche le taux de problèmes respiratoires. «Même les gens qui habituellement n’ont pas d’allergies particulières sont amenés à développer des crises d’asthme à cause des micro-organismes, invisibles à l’œil nu, rejetés par les pots d’échappements et les usines», constate Abdallah Bahani, médecin allergologue joint par Yabiladi.

«Au regard des taux de pollution à Casablanca, on est tous exposés à une inflammation des bronches. Ce sont au départ des bronchites chroniques qui se muent en asthme. Les traitements coûtent très chers à l’Etat et au patient», ajoute-t-il. Abdallah Bahani ne cache pas ses inquiétudes : selon plusieurs études américaines, un patient sur deux développera une inflammation des voies respiratoires d’ici 2050 à cause de la pollution. De quoi adopter un nouveau slogan : "Plantons des arbres !"

Les arbres et les palmiers sont très importants sur Terre
Auteur : Fayçal-0909
Date : le 04 novembre 2016 à 19h37
Les arbres permettent à la vie de se développer plus facilement et en plus sont une grande source d'oxygène. Il est indispensable qu'il y ait des arbres dans les villes pour favoriser la dépollution de l'air et aussi pour la sauvegarde de la biodiversité. Cependant, même si les palmiers ont moins d'avantages que les arbres, ils permettent également de purifier l'air car ils ont des feuilles. Enfin soit, il est important d'avoir des arbres et des palmiers
A qui le dites-vous ?
Auteur : Disnay
Date : le 04 novembre 2016 à 10h32
Au Maroc on privilégie les palmiers, qui n'ont aucun des avantages des arbres : ni l'ombre quand il fait chaud, ni les feuilles qui absorbent le CO2, ni le bois du tronc ou des branches, ni le chant des oiseaux dans leurs nids. A quoi servent donc ces poteaux ?
A El Jadida, on a fait " mieux " : on a rasé les arbres d'un grand nombre de rues, qui etaient plantés depuis le protectorat. Parfois, on ne les a même pas remplacés par ces fameux palmiers, les arbres du désert.
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