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Rapprochement PAM-Maghraoui : « Un pacte de loups » selon les spécialistes des mouvements salafistes

Les écoles coraniques du cheikh salafiste Mohamed Maghraoui refont parler d’elles. Après avoir été fermées par les autorités fin juin 2013 dans une affaire qui avait même divisé les membres du gouvernement, plusieurs médias annoncent aujourd’hui leur réouverture grâce à un rapprochement avec le PAM. Driss Ganbouri et Hakim Aboullouz, spécialistes des mouvements islamistes et salafistes,  analysent cette alliance contrenature.

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Abderrahmane El Maghraoui, fondateur de l'association Prédication pour le coran et la sunna. /Kech24
Temps de lecture: 3'

Les salafistes au Maroc ne sont pas tous pro-PJDi. Lundi, de nombreux disciples de Mohamed Maghraoui, présidant de l’association Prédication pour le Coran et la Sunna, étaient présents lors du meeting électoral du PAM, animé par son secrétaire général Ilyas El Omari. Les médias arabophones, à l’instar du journal Akhbar Alyaoum, évoquent ce mardi une réouverture partielle des écoles coraniques de l’association à Marrakech et notamment de son siège. Comment interpréter ce rapprochement entre le PAM et Maghraoui ?

Salafistes et politique, «percée et signe positif»

Il s’agit d’une « réaction suite au rapprochement entre le PJD (parti de la Justice et du développement (ndlr) et Hammad Kabbadj », estime ce mardi Driss Ganbouri, spécialiste des mouvements islamistes joint par notre rédaction. Le spécialiste rappelle «que durant les élections précédentes, les cheikhs salafistes avaient soutenu le PJD et ce dernier avait parié les salafistes et leurs partisans pour rafler plus de voix». Revenant sur l’histoire d’un clash entre Hammad Kabbadj et Mohamed Maghraoui, notre interlocuteur indique que «suite à la démission de Kabbadj de l’Association de Maghraoui et son adhésion au PJD, Maghraoui est resté de l’autre côté de l’équation ».

Les écoles coraniques de Marrakech avaient été divisées en deux, à en croire le chercheur, qui note aussi que cette situation a donné un signe « positif» aux autorités et au «parti d’opposition qui en a profité pour se rapprocher du président de l’association Prédication pour le Coran et la Sunna ». Et d’ajouter que cette participation politique, qu’il qualifie de «percée et signe positif», motivera selon lui, d’autres salafistes qui avaient choisi de ne pas intégrer le monde de la politique et «interpellera les salafistes extrémistes pour revoir leurs positions».

Les salafistes, ces «armes de l’Etat»

De son côté, Abdelhakim Aboullouz, également chercheur et spécialiste des mouvements salafistes contemporain, va plus loin en estimant que la réouverture des écoles coraniques est un pacte entre les autorités et Maghraoui. « Les directives de Maghraoui à ses disciples permettront au PAM de bénéficier d’un large soutien pour faire élire Fatima-Zahra Mansouri dans la circonscription de Marrakech Médina », explique-t-il. «En contrepartie, le salafiste obtient une levée du blocus de son association », poursuit notre deuxième interlocuteur.

Le chercheur et professeur à l’université Ibn Zohr d’Agadir rappelle que la relation entre l’Etat et le mouvement salafiste a toujours été ainsi depuis les années 1970. « Les salafistes ont toujours étaient une arme de l’Etat pour combattre les islamistes ou les gauchistes alors que les salafistes ont toujours veillé à garder l’Etat dans leur camps pour disposer de liberté afin qu’ils puissent exercer leur activités », précise-t-il.

Revenant sur l’intégration des salafistes dans la vie politique, Hakim Aboullouz dit qu’il s’agit d’un projet mené en catimini par l’Etat. Mais ce projet est voué à l’échec selon lui car «il n’est pas basé sur des études et ne prend pas en compte plusieurs facteurs, à l’instar de l’histoire personnelle de ces salafistes et les raisons pour lesquelles ils ont rejoint le mouvement».

Pour Mohamed Maghraoui, il s’agit de tout un autre projet. «Cela date des années 1970 lorsqu’il était la plume de l’Etat pour combattre Abdeslam Yassine et sa lettre ‘L’islam et le déluge’», rappelle notre interlocuteur en notant que Maghraoui était également « l’un des premiers qui s’étaient attaqués à Al Haraka Al Islamia ». Et d’ajouter que le rapprochement entre le PAM et Maghraoui est «finalement un pacte de loups ».

Les nouveaux salafistes, ces «citoyens vertueux»

Tout en refusant de faire des déclarations concernant la réouverture des écoles coraniques à Marrakech, le cheikh salafiste Mohamed El Fizazi a estimé que l’intégration des salafistes dans des formations politiques reste «très positive». «La participation est pour le bien du pays et des fidèles», nous a-t-il dit, avant d’afficher son étonnement face à «ceux qui s’étonnent de cette situation». «Dans le passé, il y avait des salafistes qui ne considéraient même pas les structures partisanes et maintenant qu’ils sont revenus pour intégrer le jeux politique, il y a ceux qui s’étonnent. Qu’est-ce qu’ils attendent d’eux exactement ?» s’est-il interrogé.

Mohamed El Fizizi a également émis le souhait de voir « tous les salafistes» intégrer des partis politiques et le champ associatif, pour devenir « des citoyens vertueux», et communiquer sur positions et leurs opinions, avant d’affirmer son refus de «l’exclusion ». Mais en ce qui le concerne, le Cheikh salafiste rassure quant à l’éventualité d’intégrer une formation politique. «J’ai choisi le social et je suis président de l’association marocaine de Paix et de la transmission. J’ai pourtant été contacté par plusieurs grandes formations politique», nous a-t-il confié.

Article modifié le 27/09/2016 à 20h08

pfff
Auteur : l'Irlandais
Date : le 29 septembre 2016 à 10h32
quel arriviste


les salafistes qui veulent faire de la politique pour continuer a diffuser le seum de l'extrémisme s'allie avec le PAM le parti des corrompus et affairiste de omari et el hima... ces 2 la agissent contre le peuple
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