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Législatives : L'invalidation de la candidature de Hammad El Kabbaj est "purement politique" selon Abdessamad Belkebir

Ce vendredi, le candidat du Parti de la Justice et du développement, Hammad El Kabbaj a annoncé que le Wali de la région de Marrakech-Safi, Abdelfattah Labjioui vient d’invalider sa candidature. Dans un message publié sur Facebook, le PJDiste préfère s’adresse directement au Roi Mohammed VI pour obtenir gain de cause. Une démarche «courageuse et intelligente» à en croire le politologue, professeur à l’Université Cadi Ayyad et ex-parlementaire, Abdessamad Belkebir, contacté ce vendredi par notre rédaction. Décryptage.

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Hammad El Kabbaj (ex) candidat du PJD à Marrakech / DR
Temps de lecture: 3'

Figure à la Une des journaux et des sites d’information cette semaine aux côtés de Nabil Benabdellah, Hammad El Kabbaj fait encore parler de lui ce vendredi. Cette fois, cela concerne directement sa candidature sous les couleurs du Parti de la Justice et du développement (PJD), invalidée vendredi par le Wali de la région de Marrakech-Safi.

En effet, dans une lettre adressée à Hammad El Kabbaj, Abdelfattah Labjioui, le Wali de ladite région a avancé comme motifs les «positions extrémistes» de l’intéressé, que plusieurs médias décrivent dès l’après-midi du vendredi de «takfiriste », «messager de haine» et «porte-parole du wahhabisme au Maroc ».

Graves accusations mais aucune plainte ?

Le candidat PJDiste s’est fendu dans un communiqué sur sa page officielle Facebook, en exhortant une intervention royale. Tout en qualifiant d’«injuste » et d’«humiliante » la décision d’invalidation, Hammad El Kabbaj s’est dit «citoyen marocain marqué par l'esprit salafiste national qui croie en la modération, la coexistence, l'ouverture et le patriotisme et qui adhère aux institutions de l'Etat et du droit ». «Si ces accusations sont vraies, il faut donc m’arrêter immédiatement et m’emprisonner en attendant mon procès parce que je suis un sérieux danger pour mon propre pays », ajoute-t-il dans son texte. Bien qu’il dispose d’un recours pour contester la décision du Wali, le candidat du PJD à Marrakech a préféré s’adresser au Roi Mohammed VI, en évoquant un refus illégal de sa candidature, qui reste «un moyen pour servir » son pays. Et d'estimer que «ceux qui ont donné de fausses informations au Wali de Marrakech feront de même devant la justice».

Une démarche «courageuse et intelligente», estime ce vendredi le politologue, professeur à l’Université Cadi Ayyad et ex-parlementaire (OADP), Abdessamad Belkebir, selon qui, il s’agit d’un problème purement politique. «Dans un contexte plus global, l’interdiction intervient dans un contexte marqué notamment par l’affaire du communiqué du cabinet royal concernant les propos de Nabil Benabdellah. Il aura sans doute d’autres affaires de ce genre», affirme notre interlocuteur. Pour lui, «il y a des personnes au Maroc qui considèrent encore que la Constitution de 2011 et le gouvernement de 2011 ne sont qu’un trébuchement ou un faux pas ».

Le Wali «n’a aucune preuve de ce qu’il avance»

Revenant sur l’interdiction, Abdessamad Belkebir souligne que «Hammad El Kabbaj a été avisé lorsqu’il a refusé de recourir au tribunal administratif pour contester le refus du Wali de Marrakech-Safi, vu qu’il savait que si le problème concernait la loi, il aurait été sanctionné par la Justice». «Le Wali par contre n’a aucune preuve de ce qu’il avance et devait recourir, lui aussi, au tribunal. Peut-être que ses arguments datent de plusieurs années et concernaient Hammad El Kabbaj d’il y a longtemps, mais l’homme s’était mobilisé pour voter pour la Constitution en 2011 et il est actuellement membre d’un parti politique », rappelle notre interlocuteur.

Et d’ajouter : «plusieurs signes me poussent à dire qu’il y a une autorité qui ne souhaite pas que les élections aient lieu, parce que, pour cette autorité, la victoire du PJD et son retour au gouvernement seront un problème alors que le fait qu’il choisisse les rangs de l’opposition serait considéré comme deux problèmes à la fois».

Les points de blocage

Plus généralement, Abdessamad Belkebir estime que «le texte constitutionnel n’est pas en adéquation avec la balance des forces politiques». Ils rappellent à ce titre que les constitutions du monde entier reflètent les équilibres des forces politiques au sein de ces sociétés, sauf au Maroc. «Après le mouvement du 20 février et tous les autres événements, la force dominante était obligée de faire des concessions. Plusieurs ne voulaient pas que ces concessions soient faites, dans la mesure où personne ne les méritaient», indique-t-il.

«On avance à reculons et nous n’avons pas deux états comme avait dit Benkirane mais plutôt deux administrations et deux autorités. C’est le moment opportun où les Marocains ont besoin de la Monarchie, tout comme ce qui est arrivé en 1975, 1976 et en 1996 et donc une réaction courageuse du Roi est attendue », déclare-t-il.

Et le professeur d’inviter les forces et formations politiques du pays s'asseyent et discutent pour trouver une issue à cette impasse, «parce que ceux qui croient que le problème sera résolu grâce aux urnes se trompent. Le Maroc est encore dans une période de transition démocratique ».

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