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Culture Publié

Amine K, DJ marocain sans frontières

Qui a dit que musique et politique ne faisaient pas bon ménage ? Certainement pas Amine K, ce DJ marocain qui arpente les scènes des cinq continents à coups de deep house et de jazz. Et lorsqu'il revient dans son Maroc natal, c'est à l'exercice citoyen qu'il se prête volontiers.

 

Temps de lecture: 2'
Amine K : Un DJ marocain sans frontières. / DR

Transcender les frontières de la musique électronique. C'est l'ambition portée par Amine K, ce DJ marocain qui fait vibrer les scènes du monde entier. De Kuala Lumpur à Genève, de Sydney à Bangkok, son répertoire accorde une large place à la musique acoustique et électronique.

L'histoire commence à Beyrouth, où il débarque en 2001 après quelques années à écumer les bancs de l'université pendant ses études de finance entre l'Australie et la France. «Je me suis retrouvé dans un club, le Fu Bar. C’est là que j’ai compris que la musique allait définir ma vie», explique-t-il à Jeune Afrique. La musique, et plus précisément la deep house, un genre qui s'inspire du Chicago house et du jazz-funk des années 1980 auquel il ajoute un rythme plus soutenu et des voix à la mélodie.

Celui qui puise ses influences auprès de l’Argentin Hernan Cattaneo, du Néerlandais Matthew Dekay ou du Brésilien Gui Borrato, avec lequel il lâche à l'occasion les platines au Moyen Orient, en Amérique du Nord et en Europe, n'en oublie pas pour autant son Maroc natal où il a créé en 2010, sous l'impulsion d'une notoriété croissante, le collectif Moroko Loko. Objectif ? «Redonner vie» à une culture underground encore balbutiante au royaume.

«Un moyen d'aller vers la modernité»

Six ans plus tard, c'est un «regard de fierté» qu'il porte sur le chemin parcouru : «Quand on a commencé Moroko Loko en 2010, tout le monde s’est moqué de nous. On nous disait 'vous êtes des gens bizarres qui écoutent de la musique bizarre, ça ne va jamais marcher'. Cinq ans plus tard, on est toujours là. En tant que DJ et clubber, j’adore nos fêtes, et les DJ qui viennent de l’étranger adorent aussi. Ils disent qu'elles sont parmi les meilleures fêtes au monde. Donc oui, je regarde cette scène avec fierté et un sentiment d’accomplissement», confiait Amine K en septembre 2015 à Telquel. Un collectif qui, comme le voulait son fondateur, a su dépasser les frontières du Maroc en se produisant notamment à Paris et Toronto.

A cette dimension artistique se greffe aussi un enjeu politique. Il estime que les évènements visant toutes les classes sociales sont un moyen d'aller vers la modernité, notamment dans une société maghrébine marquée par un retour aux valeurs conservatrices.

Un constat auquel il veut tordre le cou à travers son engagement auprès de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), dont il figurait sur la liste lors des dernières élections régionales de Rabat. «Tout Marocain se doit de faire son devoir citoyen, qui est de faire avancer ce pays. On a tendance à se plaindre, mais si on ne vote pas et qu’on ne fait rien pour faire avancer les choses, nos complaintes ne valent pas grand-chose. (…) À nous, jeunes ouverts sur l’international et sur l’avenir, de travailler dur pour convaincre nos concitoyens qu’il y a une alternative.»

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