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Economie Publié

Affaire Paradise Beach : « Si nous n'obtenons pas justice, il sera difficile de revenir investir au Maroc »

MRE et Européens continuent de lutter pour obtenir justice dans l’affaire Paradise Beach Golf & Resort qui a séduits 1000 clients en 2007 après une opération communication menée à Londres par Atlantic Beach Paradise (ABP), une SARL dirigée par un ancien MRE d’Angleterre, Larbi Tadlaoui. Ce dernier en prison après la grosse manifestation de janvier dernier devant les locaux de l’Ambassade, les clients ont enfin été reçus hier par des responsables diplomatiques. Rick Aston, un entrepreneur britannique est celui qui a représenté les clients lésés lors de cette rencontre. Dans un entretien avec Yabiladi, celui qui fait partie du plus grand groupe d’investisseurs dans ce projet se confie. Interview.

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Rick Aston, Britannique, membre du consortium des plus gros investisseurs du projet "Paradise Beach". Ils avaient investis dans 67 unités. Il a été reçu hier, au nom des clients, par des responsables de l'Ambassade du Maroc à Londres.

Qu'est-ce qui vous a personnellement incité à investir dans ce projet ?

Je ne suis pas seul. Nous sommes environ 30 investisseurs constitués en consortium, la majorité étant des ressortissants irlandais pour l’acquisition de 67 propriétés dans le projet [qui totalisaient 1000 clients, selon les déclarations du promoteur à Yabiladi en janvier dernier, ndlr]. Et nous avions versé un acompte de 1,8 million d'euros [près de 19,7 millions de dirhams, ndlr]. Je crois que nous sommes le plus grand groupe d'investisseurs dans le projet, bien que d'autres personnes aient individuellement jusqu'à 10 propriétés. Notre objectif était de vendre une partie des unités en état de pré-achèvement et exploiter les autres dans le cadre d’une entreprise.

Nous avions été influencés par plusieurs facteurs. D’abord la beauté de l’emplacement du projet en bordure de mer, dans ce beau pays qu’est le Royaume du Maroc. Puis, la question de la valorisation, plus faible par rapport à l'Espagne notamment. Mais nous avons été mis en confiance parce que le projet nous a été présenté comme étant soutenu par le gouvernement. La documentation était faite pour nous le démontrer et le roi Mohammed VI était mis en avant comme partisan du projet. Nous n’avions jamais imaginé que nous pourrions être confrontés à un lotisseur aujourd’hui en prison.

Au nom des clients, vous avez été reçu hier par un des responsables de l’Ambassade, suite à la manifestation. Que vous a-t-il dit exactement ? Êtes-vous rassuré ?

J'ai rencontré le Premier conseiller, Larbi R'Miki, et le Conseiller économique, Larbi Bouattaf. Ils m’ont dit que le projet est désormais sous le contrôle de la banque, insistant aussi sur le fait qu’il s’agit d’une affaire privée et qu’il ne relève pas de leur pouvoir d'intervenir davantage.

Rassuré, je ne saurais le dire. Mais je leur ai clairement fait savoir que nous continuerons de manifester jusqu'à ce que nos fonds nous soient remboursés ou que le projet soit achevé.

En tant qu’investisseur étranger, qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui du Maroc, surtout maintenant que le promoteur est en prison?

Je suis confiant. Je crois que le roi Mohammed VI fera en sorte que le projet soit achevé, puisque ce dernier a été vendu en son nom. Je crois aussi que le gouvernement se sentira responsable en vertu de l’accord signé entre plusieurs ministres* et le promoteur pour s’assurer que les investisseurs sont traités équitablement dans cette affaire. Mais il est clair qu’il sera difficile d’investir à nouveau au Maroc si nous n’obtenons pas gain de cause dans le cadre de ce projet immobilier. Ça fait trop longtemps que ça dure.

*Selon le promoteur, des ministres actuels auraient signé l'« avenant prorogatif » de sa convention avec le gouvernement

Face aux déclarations des clients en janvier dernier, le promoteur –joint par Yabiladi- avait dénoncé des « accusations diffamatoires ». Il nous avait fait parvenir la page de garde ainsi qu’une copie des signatures de la convention de 2007, paraphées par les ministres des Finances, de l’Investissement, du Tourisme, ainsi que le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales de l’époque. Pour ce qui est du contenu de la convention, « les textes restent confidentiels entre l’investisseur et le gouvernement », indiquait M. Tadlaoui.

Il nous avait également transmis une copie de l’« avenant prorogatif » de cette convention paraphé le 2 avril 2015 par les actuels ministres de l’Economie, de l’Industrie ainsi que celui du Tourisme. Selon le contenu, le gouvernement accordait un « délai supplémentaire de 24 mois » à la société (Atlantic Beach Paradise) pour achever son « programme d’investissement ». Mais jusqu’à ce jour, nous n’avons pas pu confirmer ces informations auprès des officiels.

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