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« Le roi n’est ni un médecin ni un magistrat », a martelé Benkirane au parlement

Le chef du gouvernement s’est emporté contre une idée répandue au Maroc, attribuant les succès au roi et les échecs au gouvernement. Benkirane a affirmé cet après-midi à la Chambre des représentants, que le souverain oriente et le gouvernement exécute les directives du monarque.

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Abdelilah Benkirane au Parlement / Archive - DR
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Cet après-midi à la Chambre des représentants, Abdelilah Benkirane s'est montré très remonté contre deux formations de sa majorité. Il n’a pas accepté que les critiques les plus acerbes à l’action du département de la Santé soient l’œuvre de députés du RNI et du Mouvement populaire. Deux interventions diamétralement opposées aux déclarations de Benkirane au début de son passage devant les députés.

Un RNIste a remué le couteau dans la plaie, rappelant les graves déficits que connait le système sanitaire au royaume en ressources humaines et en structures valables. De son côté, la députée du MP a certes salué certaines réalisations dans la commune de Arbaoua qu’elle préside, mais elle les a attribuées à l’Initiative nationale de développement humain. Des propos attestant des profondes dissensions entre les membres de la composante gouvernementale.

«Le roi n’est pas un médecin»           

Face à la multiplication de ses «tirs amis», Benkirane a tenu à faire savoir sa désapprobation d’une manière particulière. Le chef du gouvernement s'est montré agacé d’entendre des parlementaires, y compris au sein de sa propre majorité, opérer une séparation entre les projets menés par son cabinet et ceux lancés par le roi Mohammed VI.

«Est-ce que le roi est un médecin ou un magistrat ?», s’est interrogé Benkirane. «Certes il nous oriente mais c’est le gouvernement qui exécute ses orientations», a-t-il ajouté. Et d’exprimer son opposition a l'idée largement répandue au Maroc, attribuant «toutes les réussites au roi et tous les échecs à ce que entreprend le gouvernement. Il est temps de mettre un terme à cette aberration et d’expliquer au peuple marocain la réalité». «Quand nous réussissons une action, c’est notre réussite à nous tous. Et puis n’oubliez pas que ce gouvernement est le gouvernement de Sa majesté», a-t-il martelé.

Cette colère de Benkirane n’est pas dénuée de calcul politique à quelques mois des législatives du 7 octobre. Il souhaite ainsi couper l'herbe sous le pied de ses adversaires qui tenteraient d'utiliser cette arme contre son parti durant la prochaine campagne électorale.

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