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Sport Publié

Portrait : Bouchra Marmoul, la première marocaine jockey fait tomber les préjugés

Petite révolution dans le monde des courses de chevaux samedi dernier à Khemisset. C’est une jeune cavalière d’à peine 25 ans sur sa jument Hyssorova qui a remporté le Prix Bintzar devant la crème des cavaliers marocains. Cet exploit est celui de Bouchra Marmoul, entrée dans l’histoire comme la première femme jockey du Maroc et d’ailleurs la seule. Trajectoire de celle qui s'est fait une place dans un univers d'hommes et au-delà fait bouger des lignes.

Temps de lecture: 3'
Crédit Photo: Compte Facebook
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C’est désormais un euphémisme que dire que l’histoire singulière de Bouchra Marmoul est celle d’un conte de fées. De femme de ménage dans une ferme, elle est devenue lad avant de d’être la première femme jockey du Maroc. Il faut dire que la jeune femme qui est aujourd’hui dans les stalles de courses prestigieuses, était loin de pouvoir s’imaginer passer les obstacles pour franchir la ligne d’arrivée et décrocher le titre de «première femme jockey du Maroc ». Elle aurait en effet pu finir comme femme au foyer comme sa mère ou encore mariée très jeune comme sa sœur. Mais le destin de la jeune femme était cousu dans l’étoffe des héroïnes qui font tomber les préjugés. Mais après une longue chevauchée dans une vie difficile, elle a remporté ce samedi à Khemisset, le Prix Bintzar, coiffant sur la ligne d'arrivée des cavaliers pourtant aguerris, rapporte un site spécialisé dans les courses hyppiques.

Une enfance difficile

Tout commence dans un petit village reculée de la campagne de Doukkala-Abda. Née au printemps 1991 dans le village d’El Ghorba près d’El Jadida, Bouchra Marmoul connait une enfance difficile. Le père menuisier et la mère au foyer élèvent une fratrie de 2 filles et 4 garçons. Elle suit ses études primaires puis doit abréger ses études secondaires. Elle quitte l’école à l’âge de 13 ans en raison d’un déménagement familial et juge plus opportun d’aider sa mère dans les travaux domestiques. Son premier rêve, devenir vétérinaire, s’envole.

La famille vit désormais à Douar Gharbia. C’est là que les chevaux entrent pour la première fois dans la vie de Bouchra Marmoul qui a toujours nourri une passion pour les animaux. Le douar dans lequel grandit la championne jouxte en fait l’hippodrome Lalla Malika, et a donné au Maroc des jockeys de renom comme Saïd Madihi. Dans ce quartier difficile, Bouchra Marmoul décide de travailler pour aider la famille. Elle trouve un travail de femme de ménage dans une ferme dirigée par le Français Christian Vaugeois qui y élève plusieurs chevaux.

Femme de ménage puis femme d’écurie… et femme-jockey

C’est le propriétaire de la ferme qui remarque la curiosité de sa femme de ménage pour les chevaux et son amour pour les animaux qui va l’initier à ce monde. Il affecte désormais la jeune femme aux écuries avant de lui insuffler le courage de monter à cheval. Désormais son travail consistera à monter 3 chevaux le matin et d’en prendre soin l’après-midi. Elle s’initie à l’équitation puis s’entraîne pour acquérir des aptitudes à cheval avant de décider de devenir… cavalière !

Ni les découragements familiaux, ni la barrière sociale, ni le sexisme du milieu n’ont entamé la détermination de Bouchra Marmoul à devenir une spécialiste des courses de chevaux. Elle s’adresse à la Sorec (Société Royale d’Encouragement du Cheval). «La course, ce n’est pas un métier de femme, choisis un autre moins dangereux », lui répond-t-on tout en l’invitant à envoyer un courrier. Elle l’adresse au directeur de la Sorec, Omar Skalli en y précisant n’avoir pas l’intention d’abandonner. Sa hargne a trouvé un écho dans la vision progressiste du directeur de la Sorec, ce qui lui vaut quelques jours plus tard d’être convoqué à Rabat pour des tests d’aptitudes. Elle les réussit et décroche sa licence en février 2014, ce qui en fait la «première femme jockey du Maroc ».

Faire tomber les préjugés et les stéréotypes

Reste maintenant à se faire une place dans le milieu très sexiste des courses. Elle commencera à l’hippodrome de Rabat Soussi et de Casablanca sans réussir à se faire un nom. Son tempérament de batailleuse n’en n’est pas moins remarqué. Elle est invitée à représenter le Maroc pour l’étape marocaine Sheikha Fatima Bint Moubarak Ladies World Championship. Sur les 13 participantes venant de 52 pays, elle arrache une très surprenante 3ème place devant des cavalières comptant plusieurs années d’expérience.

Son succès pousse la Sorec à l’aligner à l’étape londonienne de la même course en avril 2014. Elle prend l’avion pour la première fois, combat son stress de sa première course internationale et fini sur la 3ème marche du podium à l’hippodrome de Newburry. 7 mois plus tard, elle finit 4ème à Abu Dhabi. En mai 2015, c’est la consécration. Bouchra Marmoul remporte la course Sheikha Bint Moubarak à Varsovie en Pologne. Lors de la finale mondiale à Abu Dhabi en novembre dernier, elle finit à la 6ème place. La jeune femme ambitionne d’intégrer une écurie marocaine puis dans un futur lointain de devenir formatrice afin d’inspirer d’autres femmes à devenir jockey et faire tomber les barrières et les stéréotypes.

Belle histoire
Auteur : answerrer
Date : le 15 octobre 2016 à 21h42
Un très bel exemple de perséverance qui se voit récompenser
Conclusion?
Auteur : Yamzel
Date : le 18 juin 2016 à 10h22
Conclusion: "toujours s'adresser au bon Dieu, pas à ses saints", comme disent les Francais. Si vous avez du talent, les sous-fifres vous enverront toujours bouler. SURTOUT si vous avez du talent, d'ailleurs. Car ils seront jaloux. Alors que le grand patron, lui, votre talent l'intéresse! Bouchra Marmoul a eu raison de s'adresser directement à Omar Skalli.
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Auteur : Moha911
Date : le 30 mai 2016 à 15h08
En islam on peut participer aux jeux d'argents paris acteurs joueurs ?
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