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Maroc : Le RNI et le PJD se dirigent vers une réconciliation de façade

La majorité gouvernementale devrait tenir ce soir une réunion en vue d’une possible  «réconciliation» entre le PJD et le RNI. A moins d’un revirement, cet objectif parait réalisable. Le RNI, même s’il a boudé le déplacement de Benkirane au Qatar, serait prêt à lâcher du lest. Les amis de Mezouar ne souhaitent pas donner aux islamistes un argument de plus qui les présenterait comme des «victimes» d’une machination ourdie par de tierces parties.

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Photo : Mohamed El Hamzaoui (Red Marruecos)
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Demain se tiendra une nouvelle réunion du conseil du gouvernement avec au menu l’adoption d’un traité international et de deux projets de loi, indique ce mercredi le Secrétariat général du gouvernement dans un communiqué. Ce soir, les quatre composantes de la majorité sont appelées à prendre un thé dans la villa d’Abdelilah Benkirane, sise au quartier des Orangers à Rabat, nous confie une source partisane.

A moins d’un changement de dernière minute, les secrétaires généraux du Mouvement populaire, du PPS et le président du RNI seront les invités du chef du gouvernement. Cette rencontre est destinée à tourner la page du communiqué du dimanche 3 avril de Benkirane contre son ministre des Finances issu de la Colombe, Mohamed Boussaid. Il l’accuse d’avoir «dépassé ses prérogatives» lorsqu’il a proposé une solution à l’impasse dans laquelle est engluée, depuis des mois, le dossier des enseignants stagiaires.

Même un retrait du RNI ne signifierait pas la fin de la présidence de Benkirane

A priori, les protagonistes de la crise s’acheminent vers une «réconciliation» de façade. Apparemment, la direction du RNI, et ceux qui l’appuient en dehors de l’exécutif, ne souhaitent pas quitter le navire gouvernemental alors qu’il ne lui reste que 6 mois avant d’arriver à bon port. Dans l’ensemble, une sortie des amis de Mezouar de l’exécutif ne serait en aucun cas en leur faveur. Pire, elle donnerait un argument de plus au PJD de se présenter à l’opinion publique comme victime d’une machination ourdie par de tierces parties.

A cela s’ajoute un autre facteur déterminant. Même un éventuel retrait des ministres du RNI ne sonnerait pas automatiquement le glas de l’expérience gouvernementale. Mathématiquement, le cabinet Benkirane peut continuer à fonctionner avec le soutien de l’Istiqlal. En embuscade depuis la rupture avec le PAM et l’USFP, survenu en octobre 2015, les amis de Hamid Chabat n’attendent qu'une telle aubaine pour consolider leurs retrouvailles avec les PJD. Ce serait pour eux un gage d’assurance en prévision des législatives du 7 octobre.

C’est d’ailleurs l'addition de tous ces paramètres qui explique les appels de certains cadres du PJD à Benkirane pour organiser des élections anticipées ou de demander le limogeage de Mohamed Boussaid.

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