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Economie Publié

1880 postes à des jeunes diplômés-chômeurs : Le Maroc a-t-il retenu les leçons de la révolution tunisienne?

Les évènements en Tunisie, auraient-elles chamboulé les projets sociaux de certains dirigeants du Maghreb ? En tout cas, l'annonce du Premier ministre Abbas El Fassi d’intégrer dans l’administration marocaine 1880 diplômés-chômeurs sans passer par un concours n'a rien d'anodin. Encore moins le moment auquel il l'a faite.

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Décidément au Maghreb, la création d’emplois semble être la nouvelle trouvaille des politiques pour contenir les frustrations de jeunes qui pataugent dans le chômage. L’ex président Ben Ali, avant d’être déchu par la révolution du jasmin, pensait dissuader les manifestants en leur annonçant la création de 300 000 emplois. Une décision qui était tombée dans l’oreille de sourds, tant elle semblait irréaliste. Des jeunes tunisiens qui étaient animés d’une seule volonté ; le bouter hors du pouvoir.

Ne pas se laisser entraîner dans une logique similaire qu'en Tunisie et prévenir toute contagion, on pourrait  ainsi résumer  l'annonce de la nouvelle décision du Premier ministre marocain. En effet, après avoir rencontré les représentants des diplômés chômeurs, Abbas El Fassi a décidé d’instaurer un quota de 10% pour eux au niveau des recrutements dans l’administration publique en 2011 et 2012. Ce qui reviendrait à leur octroyer 1880 emplois cette année, révèle la Vie éco dans son édition de ce vendredi. En posant cet acte, le chef du gouvernement use de son pouvoir discrétionaire et prend le contrepied de la législation sur la fonction publique ; une loi qui stipulait que le concours est la condition sine qua non  pour  tout prétendant à un poste au niveau de l’administration. 

D’ailleurs pour accélérer la procédure, le Premier ministre a envoyé des correspondances à bon nombre de départements tels que : la justice, l’enseignement, l’intérieur et l’administration pénitentiaire pour leur demander d’intégrer ces jeunes dans leur staff. Cette décision qui primerait sur l’intérêt général au détriment de la loi, sonne aussi comme une réponse aux nombreuses manifestations des chômeurs. Les sit-in réguliers de diplômés sans emplois devant le Parlement à Rabat font en effet de plus en plus partie du décor urbain.

Il faut cependant reconnaître que la mesure n'est pas nouvelle au Maroc. L'année passée, le Premier ministre avait déjà fait bénéficier de cette dérogation à 1265 diplômés-chômeurs. Ainsi, si l'a mesure n'a rien d'extraordinaire, le timing n'en est pas moins anodin. Depuis que Ben Ali s'est enfui de Tunisie, le monde a les yeux rivés sur le Maghreb et le monde arabe. La thèse de l'effet domino a fait le tour de la presse internationale. Pour contrer les effets de contagion, il faut du concret, et voilà que le Premier ministre a pu en faire l'annonce.

La situation actuelle des jeunes chômeurs marocains, même si elle n’a rien à envier au calvaire de leurs homologues tunisien (un diplôme sur trois sans emploi), n’en n’est pas moins précaire. Selon le Haut Commissariat au Plan, en 2009 le taux de chomage chez les jeunes de 15-24 ans est de 17,9% et il est de l'ordre de 12,7% chez les jeunes de 25-34 ans. 

Après donc la baisse des prix des denrées de première nécessité dans beaucoup de pays au Maghreb et l’octroi d’indemnités aux chômeurs en Algérie, les offres d’emploi semblent être à l’heure au Maroc.

Comme un avertissement à d’autres régimes : qui sème la misère,…
Auteur : MOHAMMED
Date : le 22 janvier 2011 à 12h43
Les soulèvements populaires qui se déroulent en Tunisie et en Algérie ne peuvent laisser indifférent. Tout démocrate qui se respecte a le devoir de les soutenir. Ainsi que d’amener nos représentants politiques européens à faire de même, sans la moindre ambiguïté. Après un mois d’émeutes sanglantes et un dénouement favorable au peuple tunisien, quelques voix officielles trop timides jusque-là commencent à susurrer une vague critique de ces gouvernements autoritaires, mais sont singulièrement moins bruyantes que lorsqu’il s’agit de condamner voire menacer le régime iranien, syrien, soudanais, palestinien… qui osent nous résister ! Il est dès lors instructif d’écouter les interventions – ou les silences – de nos ténors habituels. L’on peut vite discerner les inanités usuelles et obséquieuses des Baroin, Mitterand, Alliot-Marie et autres pantins, motivées par les sordides intérêts qui seuls et comme toujours semblent nourrir leurs commentaires hypocrites… Hasardeux pour ces planqués d’aller faire la leçon des Droits de l’Homme à des dictateurs qui sont des partenaires économiques dont nous tirons profit. Impensable d’oser critiquer des régimes autoritaires qui collaborent à notre traque au « terrorisme », mantra préféré de ces incompétents. Le président Ben Ali le savait tellement bien qu’il ne se privait pas d’utiliser cette appellation grossière pour désigner le soulèvement d’une population révoltée par des années de pauvreté sans issue.

Il est navrant de constater à quel point les (ir)responsables politiques de nos vieilles démocraties semblent encore vivre dans le passé et s’abriter derrière leurs vieux réflexes. De voir que ceux-là n’ont toujours pas pris la mesure des nouveaux moyens de communication qui mettent à portée de main de chaque internaute toutes les informations disponibles, sauf à en censurer l’accès. D’où leurs tentatives pour imposer le silence à certains sites tel Wikileaks, sous prétexte que le peuple ne doit pas tout savoir des manigances d’Etat parce qu’il ne serait pas à même de tout comprendre. Pratique qui ne manque pas dans ces régimes despotiques avec lesquels pourtant nous continuons à commercer allègrement. Il est donc lamentable de les entendre nous mentir encore de manière éhontée, pensant nous rassurer par leurs propos, alors que leurs impostures ne font qu’alimenter le dégoût et le mépris, quand ce n’est pas la haine chez les plus jeunes. Ils n’ont décidément rien compris…

Pour tout observateur perspicace dans le déroulement des évènements du monde, comment s’étonner de telles révoltes ? Et comment croire qu’elles peuvent être contenues, ramenées au silence et écrasées par l’usage de la force policière et/ou militaire ? Ou par d’énièmes promesses d’un mieux-être que certains peuples attendent depuis des décennies ? Malgré ses beaux discours, le président tunisien savait bien que « 300.000 emplois » ne se décrètent pas d’un claquement de doigts. Le mal est tel que c’est toute l’organisation de ces pays qui doit être profondément revue et corrigée : sur base de redistribution des richesses nationales volées par les familles au pouvoir ; sur l’éradication de la corruption, du népotisme et du clientélisme ; sur des principes de liberté, de justice, de respect de la vie humaine ; sur le droit à l’éducation, à l’hygiène et à la santé, et de tant d’autres critères encore que les opposants à ces régimes attendent de pouvoir mettre en place pour travailler à l’émergence de leurs démocraties… En observant l’exemple tunisien, il conviendrait peut-être de se rappeler que l’Histoire est pleine de tels soulèvements qui surviennent tôt ou tard… et que cela n’est qu’une question de temps, de maturation…

Dans la foulée, comment penser que les populations innombrables du Moyen-Orient attaquées de toutes parts depuis des décennies par un Occident surarmé et belliqueux, pillées par nos appétits inextinguibles de leurs ressources énergétiques dans des guerres abjectes, trahies par nos dirigeants qui pactisent avec leurs dictateurs, discriminées par un racisme décomplexé qui n’a de cesse de s’affirmer au point même d’être un thème central dans le programme de certains partis politiques, stigmatisées dans la moindre tentative de vivre parmi nous certaines de leurs valeurs, traitées de manière honteuse et inégalitaire au quotidien, rabaissées partout et en tous lieux,… vont continuer à se laisser malmener sans réagir !? Il faut être aveugle et sourd ou profondément inculte pour ne pas voir ces réalités et penser que l’Occident peut indéfiniment perpétuer sa détestable culture coloniale xénophobe et raciste faite d’injustices, de pillages, de crimes, et du deux poids deux mesures dans tout ce qu’il touche et tout ce qu’il entend gérer dans la seule obsession de ses intérêts, et du haut de sa suffisance…

Le peuple de Tunisie vient de démontrer sa capacité à se soulever. Il vient de donner une leçon de courage et de dignité à l’ensemble des nations et particulièrement à celles dirigées par une classe politique autoritaire et despotique. Sa révolte qui a renversé le président Ben Ali sonne comme un avertissement aux régimes nombreux qui se moquent de leurs citoyens et les maintiennent dans un système injuste et inégalitaire. Les responsables politiques des pays voisins sauront-ils entendre le message du peuple tunisien ?...

Daniel Vanhove –
Observateur civil
Gouvernement attentif et négligent à la fois
Auteur : setof msawri
Date : le 22 janvier 2011 à 12h08
Au Maroc, les services publiques négligent et méprisent même les administrés. Les membres du Gouvernement, occupaient à d’autres priorités les ignorent ou les laissent faire.

Cependant, les dirigeants ont toujours étaient attentifs aux évènement survenus dans d'autres pays. Ils se réveillent, se rattrapent et corrigent dans la mesure du possible.

Mais vite, tout tombe dans l'oubli et la négligence des administrés recommence.
?? La Tunisie ?
Auteur : chtichleuh
Date : le 21 janvier 2011 à 22h10
Maintenant, lorsque le gouvernement marocain fera quelque chose en faveur des jeunes, c'est grâce à la Tunisie et on sous entendra "par peur d'une révolution"

Franchement c'est pas sérieu ! il faudrais faire preuve d'un peu plus d'objectivité !
ok d'accord mais ...
Auteur : habib75
Date : le 21 janvier 2011 à 19h33

au maroc on a pas les memes problemes qu'en tunisie , le probleme d'emploi des jeunes est toujours bien mené au maroc, avec des lacunes bien sur, et ce n'est pas qui fera tremblé le gouvernement.
Peutfairemieux
Auteur : fekasse
Date : le 21 janvier 2011 à 19h25
pourtant ben ali a annoncé 300000 emplois lors de son dernier discours,à mon avis c'est 1880 nouveaux flics pour mater les chômeurs en cas de révolte.
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