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Arsalane explique pourquoi Al Adl wal Ihssane s'est retiré du M20F

Dans une interview accordée au quotidien belge Le Soir, Fathallah Arsalane est revenu sur la participation d’Al Adl wal Ihssane aux marches du Mouvement du 20 Février. Il a également abordé la relation de la Jamaâ avec des figures de l’extrême gauche. Concernant le régime qu’il souhaiterait voir au Maroc, le n°2 d’AWI a préféré rester vague.

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Photo : Abdeljalil Bounhar/AP
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Cinq ans après le lancement du Mouvement du 20 Février, le n°2 d’Al Adl wal Ihssane présente, dans un entretien accordé au quotidien belge Le Soir, sa version des faits sur cette page de l'Histoire récente du Maroc. «Nous y avons participé dès le début car les revendications étaient les mêmes que les nôtres. A savoir principalement la lutte contre la corruption et contre le despotisme», affirme-t-il avec assurance.

Mais les propos de Fathallah Arsalane ne sont pas tout à fait exactes. Durant les premières marches du M20F, AWI avait des réserves à s’impliquer officiellement mais avait autorisé quelques-uns de ses cadres à battre le pavé à titre individuel. Ce n’est que plus tard que la direction de la Jamaâ a consenti à une participation limitée de sa jeunesse aux manifestations.

Arsalane explique les raisons du retrait des jeunes d’AWI

Cette présence a également été limitée dans le temps. Après la victoire des islamistes du PJD lors des législatives du 25 novembre et la réunion à Midelt entre Benkirane et le roi Mohammed VI quelques jours après, Al Adl wal Ihssane ordonna immédiatement le à ses jeunes de se retirer du Mouvement du 20 Février. Ce cadeau à l’Etat et à Benkirane avait été dénoncé en chœur pars les composantes de gauche du M20F.

Ne partageant pas cette version des faits, Arsalane explique au quotidien belge avoir «mis fin à notre participation en décembre 2011 car nous avons acquis la conviction que le Mouvement du 20 Février n’obtiendrait rien de plus du régime et qu’au contraire les risques de confrontations violentes s’aggravaient – et notre principe fondamental reste la non-violence, car la violence ne mène nulle part».

Malgré ce retrait, les forces d’extrême gauche en perte d’influence auprès de la population ont continué de flirter avec les islamistes d’AWI. Ils ambitionnent de conclure une alliance avec les disciples d’Abdeslam Yassine. Cet objectif semble même être une priorité, en témoigne la présence massive de figures de la gauche radicale à l’occasion de la commémoration du 3e anniversaire du décès du fondateur d’Al Adl wal Ihssane. Une présence que Arsalane n’a pas omis de mentionner, ajoutant que sa Jamaâ et des laïcs marocains envisagent «une plate-forme commune autour d’un consensus avec eux». Mais ce projet a pris du retard vu qu’il remonte à 2013.

AWI républicaine ou monarchique ?

Par ailleurs et contrairement à Nadia Yassine qui avait déclaré, en 2005 dans un entretien accordé à un hebdomadaire arabophone, préférer la république à la monarchie, Fathallah Arsalane a évité de donner une réponse claire sur cette question. «Nous souhaitons que la justice règne, que les responsables aient des compte à rendre, que le peuple élise ses représentants démocratiquement, que le régime garantisse l’égalité des droits», lance-t-il tout d’abord.

Puis, il ajoute que «nous ne nous présentons pas en alternative unique, nous sommes convaincus que la situation critique que vit le Maroc nécessite la mobilisation et la collaboration de tous les partenaires». Il faut dire que dans son discours et ses communiqués AWI pointent souvent du doigt le «Makhzen» ou le «despotisme» mais le mouvement n’a jamais ouvertement critiqué la monarchie.

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