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Sport Publié

Grande-Bretagne : Portrait de Moe Sbihi, une star de l'aviron d'origine marocaine

L'équipe olympique britannique d'aviron pourrait compter un rameur d'origine marocaine. Mohamed Sbihi a raflé tous les titres... ou presque. Champion du monde plusieurs fois, champion continental une fois, il a déjà remporté une médaille de bronze à Londres en 2012. Mais celle-ci lui est restée en travers de la gorge. Le jeune homme de 27 ans veut effacer ce qu'il voit comme une déception en remportant l'or à l'occasion des JO de Rio. Découverte d'une star de l'aviron britannique d'origine marocaine.

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Moe Sbihi (en lunettes) à l'entraînement
Moe Sbihi (à l'extrême droite) après le bronze de Londres 2012

A 27 ans, le rameur britannique d'origine marocaine, Mohamed Sbihi est en lice pour être sélectionné dans l'équipe d'aviron à 4 barreurs qui devra représenter le Royaume-Uni au JO de Rio, rapporte The Independent

Né en mars 1988 à Kingston upon Thames au Sud-ouest de Londres d'un père tangérois et d'une mère britannique, le jeune Moe ne se prédestinait pas à l'aviron. C'est en 2004, qu'un de ses profs le force à se mettre aux rames dans le cadre d'un programme détection des talents mis en place dans les établissements britanniques. "Le prof m'a vu essayer de monter dans le bus de l'équipe de football mais m'a stoppé net et m'a dit que je devais essayer l'aviron", raconte-t-il au média britannique. 

Le rêve olympique

Deux semaines plus tard, un trio d'entraîneurs rendit visite à ses parents à Surbiton pour leur spécifier que leur fils remplissait les qualités pour remporter l'or aux JO de Londres 2012. "Je me souviens avoir été assis entre papa et maman et entendu ces entraîneurs me dire : "Tu pourrais être ceci ou cela" et je me souviens avoir pensé : "parlent-ils vraiment dun bon enfant ?".

Les débuts s'avérèrent difficiles car il n'arrivait pas à acquérir la maîtrise et la vitessse qui allaient avec l'aviron. Mais le jeune Moe n'a pas la réputation de baisser les bras. Sous la houlette de son entraîneuse, il se perfectionne vite dans l'effort et les résulats suivent. Mohamed Sbihi fait partie de l'équipe britannique d'aviron en huit. Ils seront médaillés de bronze. Mais sous les sourires pour la photo, il cache une déception. Moe aurait souhaité faire partie de l'équipe d'aviron des 4 barreurs au lieu de quoi il sera dans l'équipe des 8. Il le portera comme une marque indélébile. "Il y a 4 ans, j'étais comme un adolescent déprimé", confie-t-il. 

Pourtant ces mauavais souvenirs lui ont insuflé la rage d'être toujours le meilleur. Il enchaine les succès après la parenthèse de Londres 2012 et devient champion du monde dans l'équipe des 8 en 2013. L'année suivante, il rafle un titre européen puis remporte les championnats du monde avec les 4 sans barreurs puis en 2015, l'or avec l'équipe des 8.  

Sport de haut niveau et pratique religieuse

Un palmarès fourni dans un sport qui le met souvent en mal avec sa foi. Lors du ramadan 2015, alors en plein camp d'entraînement, Moe Sbihi avait dû renoncer à jeûner. En échange il vait offert 1000 repas pour compenser son incapacité à jeûner en temps de ramadan. "Je sens que je rate le jeûne alors que c'est un événement communautaire et c'était comme une partie d'un lien qui m'unissait avec mon père. Mais ce serait dangereux pour moi de jeûner et ce n'est pas la seule raison. La saison passée par exemple, [si j'avais jeûné] j'aurais probablement abandonné 8 autres personnes sur un bateau". 

Loin des considérations religieuses, le jeune britannique d'ascendance marocaine n'oublie pas ses origines. Il a indiqué à The Independent être autant Marocain que Britannique et qu'il gardait encore en mémoire ses souvenirs à Tanger qu'il visite dès qu'il le peut.

Il espère faire partie de l'équipe britannique pour se rattraper de sa "déception" londonienne. Il s'est déjà rendu sur le lieu de compétition à Rio et en est revenu charmé. "L'aviron sera l'un des moments les emblématiques des jeux" vu le tracé du sport. Mohamed Sbihi a indiqué être habité par le rêve olympique. "Je veux être l'une des rares personnes à gagner une médaille d'or. Je veux continuer le succès et faire partie de ce club d'élite", conclut-il.

Article modifié le 12.02.2016 à 16h28

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