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Lʼovalie et le Maroc, une histoire à écrire

Dans les cœurs et sur les terrains au Maroc, la domination du football est incontestable, l'athlétisme arrivant en seconde position. Parmi les sports dont on parle peu au Royaume, il y a... le rugby ! Pourtant, dans cette discipline lʼéquipe nationale est lʼune des plus régulières du continent. Mais à part Abdelatif Benazzi, ancien capitaine du XV de France, peu de joueurs marocains sont connus au delà du cercle des connaisseurs. Et pourtant, le potentiel existe, nous explique Othmane Badour, ancien Lion de l'Atlas et aujourd'hui entraineur du SC Siemensstadt Berlin.

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Photo : lepost.fr

La première image qui vient à lʼesprit quand on essaye d'associer le Maroc au rugby est généralement celle dʼAbdelatif Benazzi, ancien capitaine du XV de France, avec lequel il a remporté le tournoi des 5 nations en 1997. Sʼil a vécu les meilleurs moments de sa carrière avec la France, cʼest bien au Maroc que débute sa belle histoire avec lʼovalie, dans sa ville natale d'Oujda.

Né le 20 août 1968, ses aptitudes physiques lui taillent un excellent profil pour le rugby. Il intègre à 16 ans la meilleure équipe du pays, lʼUnion dʼOujda, où il explose, et obtient une sélection en équipe nationale junior du Maroc en 1985. A 18 ans, il est le meilleur joueur du pays. Il a le temps dʼhonorer une sélection avec le XV sénior marocain en 1990 contre la Belgique, mais à partir de ce moment, le reste de sa carrière internationale se fera avec le XV de France.

Les Lions de l'Atlas de rugby

Si Benazzi est lʼune des figures marquantes du rugby au Maroc, il faut dire que ce sport a eu une histoire avant et après lui. Le XV marocain dispute en effet son premier match le 25 décembre 1931 à Rabat, contre lʼEspagne (défaite, 6-14). Marocains et Espagnols se sont régulièrement affrontés entre 1931 et 1932, pour un bilan favorable aux Espagnols.

Il faut attendre 1968 pour voir le Maroc remporter sa première victoire, face... à lʼEspagne ! Les Lions de lʼAtlas sʼimposent alors 6-5. Ils ne se sont malheureusement jamais qualifiés pour une Coupe du Monde de rugby, mais ils ont remportés deux coupes dʼAfrique en 2003 et 2005. Aujourdʼhui, le XV du Maroc est classé 26e sur 95 pays inscrits à la Fédération internationale de rugby.

Mais ces exploits ont été possibles en grande partie grâce aux joueurs marocains évoluant en France. En cela, Benazzi n'est pas une exception. Malheureusement, au Maroc, il n'existe pas de championnat professionnel.

Othmane Badour : «Il faudrait avoir les bonnes personnes aux bons postes»

Cependant, ce n'est pas dû à un manque de potentiel, nous explique Othmane Badour. Cet ancien international marocain (en 1991 et 1995) est aujourd'hui entraîneur du SC Siemensstadt de Berlin (2ème division allemande). Ayant fait ses débuts de joueur au club de la Poste de Rabat (ASPTTR), il a ensuite évolué au Benfica Lisbone, à Madrid, et au PSG. Il nous confie : «Si moi, en tant que Marocain, j'ai pu y arriver, d'autres peuvent faire de même».

Sous condition, toutefois, que les infrastructures s'améliorent. «S'il y avait plus de terrains, des entraîneurs, des douches chaudes, beaucoup de jeunes n'hésiteraient pas à apprendre et pratiquer ce sport. Aux entrainements, il n'y aurait pas 20 personnes, comme ici [à Berlin, ndlr], mais 100. Le Maroc a tellement de jeunes qu'il devrait être bon dans tous les sports.»

Mais la situation ne semble pas s'améliorer. Des trois clubs de rugby de la capitale qu'il y avait de son temps, un seul subsiste. Les terrains aussi se font rares, et pour cause. «Le prix du mètre carré à Rabat (et dans beaucoup de régions du Maroc) a tellement augmenté que plus personne ne penserait à garder des grands espaces «vides» pour y avoir des terrains de rugby». Une des conséquences, Selon Othmane Badour, qui suit de loin le championnat marocain, le niveau de jeu a baissé ces dernières années au Maroc.

«Il faudrait un nouvel esprit, que le sport passe avant les intérêts personnels. Les bonnes personnes aux bons postes pourraient beaucoup faire avancer le rugby au Maroc».

Othmane Badour, entraineur du SC Siemensstadt

Avec son club du SC Siemensstadt qu'il entraine depuis 2006, Othmane Badour a appris comment faire monter en compétences une équipe. Sans grands moyens, ils ont réussi à monter en 2ème division. « Personne n'aurait cru que nous pourrions arriver là où nous sommes ». Maintenant, l'objectif est de ne pas être relégué.

Des ses sélections en équipe nationale (entre 1991 et 1995), le Marocain garde un très bon souvenir. Même si, comme il dit, « les matchs n'étaient pas très importants ». Des match amicaux contre le Portugal, l'Espagne... « C'étaient de très beaux moments dans ma carrière. Avoir été choisi de jouer pour le Maroc...Nous étions là pour le plaisir, c'est tout. »

 

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