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Société Publié

Maroc : La justice tranche dans l’affaire de distribution du café Lavazza

Après plusieurs années, la justice vient de trancher dans l’affaire de distribution du café Lavazza au Maroc, en faveur de l’italo-marocain Mohamed Moutazzaki. Son ancienne secrétaire et la société Café Sahara ont été condamnées pour escroquerie et abus de confiance. Mais le plaignant et son avocat dénoncent le montant des dommages et intérêts. Ils feront appel dans les plus brefs délais.

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Le tribunal pénal de première instance de Casablanca a rendu son verdict dans la matinée de ce lundi 19 octobre dans l’affaire Lavazza. Il a ainsi condamné pour escroquerie et abus de confiance la société Café Sahara à une amende symbolique de 1 000 dirhams. L'ancienne secrétaire d’Italian Line a quant à elle écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis assortie d’une amende 500 dirhams. Les deux mis en cause devront également payer au total un million de dirhams de dommages et intérêts.

Pour mémoire, l’affaire débute en 2005, lorsque Italian Line liée avec la société italienne Lavazza par un contrat de distribution exclusive du café de la marque éponyme au Maroc se découvre un concurrent, Café Sahara. Certain que ce dernier ne dispose pas d’un contrat authentique avec la société basée à Turin, Italian Line, par la voix de son gérant Mohamed Moutazzaki porte plainte pour dénoncer ce détournement. Cette plainte concernait également sa secrétaire accusée de détourner ses 40 clients au profit de Café Sahara.

Verdict non satisfaisant

L’affaire a atteint le sommet de l’Etat au Maroc et en Italie, suite à la condamnation de M. Moutazzaki par un juge qui, selon lui, «était le beau-frère de l’un des administrateurs de la société Café Sahara». Joint par Yabiladi à l’époque, le Consulat assurait suivre de près le dossier. Mais ce dernier étant jugé en première instance depuis 2011, le plaignant a beaucoup décrié la lenteur de la justice.

Aujourd’hui, le verdict réjouit, mais ne satisfait pas. «Je suis content de la condamnation des coupables, mais je ne comprends pas et je conteste le montant des dommages et intérêts. C’est ridicule. Ces gens m’ont spolié. Il ont réduit à néant des années de sacrifices», dénonce M. Moutazzaki dans un entretien avec Yabiladi. D’après l’homme d’affaire, le verdict de première instance témoigne des «failles du système [judiciaire] au Maroc». «De grands escrocs arrivent à s’en sortir, tandis que pour un petit vol, des jeunes écopent parfois trois ans de prison», regrette-t-il.

1 million DH VS 30 millions de dommages et intérêts

Même son de cloche du côté de son avocat, Me Leghlimi Messaoud. «Pour nous, le jugement est en notre faveur dans un sens, mais le million de dirhams de dommages et intérêts n’est pas suffisant pour couvrir tous les dommages causés», déclare-t-il expliquant que l'expert avait pourtant évalué le montant des dommages à 30 millions de dirhams. «Entre 1 million et 30 millions, la différence est énorme. Sur quelle base le tribunal a-t-il pris sa décision, alors que c’est lui qui avait mandaté l’expert ?», se demande l’avocat, soulignant que Café Sahara «n’a jamais pu présenter des contrats originaux» certifiant sa relation avec Lavazza en Italie, contrairement à Mohamed Moutazzaki.

Demain, mardi, Me Leghlimi va faire appel concernant le montant des dommages et intérêts. «Il est probable que le procureur fasse également appel. J’espère que mon client sera dédommagé à la hauteur des dégâts causés par cette escroquerie», confie-t-il.

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