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Casablanca : Un chirurgien réussit l’autogreffe d’une main amputée

Bien que la greffe soit souvent pratiquée au Maroc, les opérations d’autogreffe de membres du corps ne sont pas chose commune. A Casablanca, un chirurgien cardio-vasculaire a réussi, dans une opération délicate, à remettre en place la main amputée d’un père de famille agressé au sabre. Détails.

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Casablanca : Un chirurgien réussit l’autogreffe d’une main amputée
Casablanca : Un chirurgien réussit l’autogreffe d’une main amputée

«Le pourcentage de réussite était très infime», confie à Yabiladi Dr El Bahri Hatim, chirurgien cardio-vasculaire à Casablanca. Il peut à présent souffler. Il a réussi l’autogreffe de la main amputée d’un père de famille, une opération rare au Maroc et très complexe en médecine.

Une main complètement coupée, une plaie cranio-cérébrale...

«Le patient avait la main carrément coupée à son arrivée à la clinique. Elle tenait juste sur la peau», affirme le Docteur. Et les images sont éloquentes. Mais que s’est-il passé ?

Le patient, 43 ans, a été agressé au sabre dimanche 30 août à l’arrondissement Sidi Othmane de Casablanca. «Il était à la maison avec notre mère quand il a entendu des insultes sous la fenêtre. Il est alors sorti pour chasser les trois jeunes qu’il a découvert en train d’agresser quelqu’un. Mais par la suite, ceux-ci sont revenus avec deux autres jeunes. Ils se sont tous mis pourchassé mon frère avant de l’attraper de le traîner dans un coin isolé. Ils lui ont pris les 5 000 dirhams qu’il avait sur lui et l’ont assené de coups de sabre», raconte à Yabiladi Nourreddine, le frère de la victime.

D’après lui, ce sont des passants qui ont secouru son frère et l’ont emmené aux urgences de l’hôpital public après avoir enroulé sa main amputée dans son t-shirt. «Là-bas, un infirmier a enroulé sa main dans un bandage et nous a recommandé de l’emmener urgemment dans une clinique», poursuit-il.

Une opération difficile et à haut risque

A leur arrivée à la clinique Avicenne des spécialités, le Dr El Bahri s’est voulu franc : «comme j’ai l’habitude de le faire avec tous mes patients, je leur ai dit qu’il y avait des chances que leur frère et fils ne s’en sorte pas, mais que nous ferions tout notre possible pour faire ce qu’il y a de mieux».

Le chirurgien avait eu un cas quasi-similaire quelques semaines plus tôt mais qui était cependant moins alarmant. «C’était un jeune homme qui s’était déchiré le bras dans une vitre. Mais le cas du présent patient était bien plus grave. Il avait une plaie cranio-cérébrale due à des coups de sabre au niveau du crâne, ainsi que des plaies profondes au niveau des bras. Mais le plus grave, c’était la main. Tout était coupé, les nerfs, les muscles, les artères…tout», raconte le chirurgien.

Du coup, l’opération présentait des difficultés certaines. La première était de fixer la main. «C’est quelque chose de technique. Mais le vrai challenge est dans la vascularisation et la viabilité de la main une fois fixée. Si l’opération ne réussit pas, la main noircit et finit par être amputée. Et cette décision intervient au bout de 48 heures», explique le spécialiste.

L’intervention chirurgicale du 30 août a duré de 15h30 à 21h45. Quinze jours plus tard, les doigts du patient ont commencé à bouger. «C’est un excellent signe. Cela prouve que la vascularisation est réussie. Car il faut dire qu’entre l’agression et l’arrivée du patient à la clinique, il y a eu du temps. Il aurait pu mourir, il s’était vidé de son sang. Sa main aussi aurait pu arriver déjà morte», nous explique le Dr El Bahri, soulignant que dans les pays développés, le membre amputé, est transporté dans la glace du lieu de l’agression au bloc opératoire.

«Bref, tout était en défaveur du patient», souffle le chirurgien. Pour réaliser l’autogreffe, entre autres pratiques, le Dr El Bahri a pris «une veine au niveau de la jambe gauche du malade, de la cheville jusqu’à la face interne du genou». Il a également ramené du sang de l’artère du patient.

Famille soulagée, mais démunie

La famille de la victime se sent énormément soulagée. «Nous avions très peur et craignons pour la vie de notre frère. Vraiment nous sommes heureux. Nous remercions Dieu et les médecins. La communication avec eux et les résultats que nous observons au fil des jours nous réconfortent beaucoup». Un réconfort d’autant plus marqué par le fait que la police se serait chargé de l’affaire, selon Nourreddine. «Quand elle a eu vent de l’agression, la police est venu interroger mon frère à la clinique. Deux des jeunes agresseurs se sont rendus. Les policiers ont arrêtés un troisième et les deux autres sont encore recherchés», affirme-t-il.

Cependant, le bât blesse au niveau de la facture. Il y a six jours, la famille affirme qu’elle était déjà à 160 000 dirhams de frais. Mais, les siens n’ont pas les moyens de payer. La victime, père de trois enfants, est un ancien MRE d’Italie revenu au Maroc il y a deux ans à cause de la crise. «Depuis qu’il est revenu, il n’a pas pu avoir un emploi. Nous avons récolté auprès de toute la famille 70 000 dirhams. Nous n’avons pas plus, alors que les frais à la clinique pourraient avoisiner les 200 000 dirhams au terme de l’hospitalisation», explique Nourreddine qui lance un appel. «Nous sommes à la recherche d’une association ou d’un bienfaiteur pour nous venir en aide. Car tout seul, nous ne pourrons pas y arriver».

Le Dr El Bahri Hatim, quant à lui, se dit heureux qu'une vie ait pu être sauvée, indépendamment de la situation financière du patient. Il continu de le suivre de prêt car, dit-il, «il est important de veiller à la bonne évolution de la guérison, de manière à éviter toute infection».

Et les agresseurs?
Auteur : étoile.filante
Date : le 15 septembre 2015 à 23h34
Pourquoi ils ne font pas payer l'hospitalisation + des dommages et intérêts ux agresseurs??!!!!
Ça serait le minimum.

Kheir inchAllah. J'espère qu'il se rétablira vite inchAllah!
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