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Religion Publié

Monde arabe : « L’homophobie est vraiment arrivée avec la colonisation », selon Ludovic Zahed

Le tribunal de première instance de Rabat s’apprête à rendre son jugement dans l’affaire des deux jeunes hommes interpelés près de la Tour Hassan, à Rabat, et accusés d’être homosexuels. Pour Ludovic Mohamed Zahed, fondateur de la première mosquée «inclusive» de France, homosexuel et musulman, l’homophobie est arrivée tardivement dans le monde arabo-musulman par la colonisation.

Temps de lecture: 3'
"J’ai fait 5 ans d’études théologiques en Algérie. Il en faut souvent bien moins à un jeune salafiste pour être considéré comme un imam", estime Ludovic Mohamed Zahed. /DR

Yabiladi : Qu’aimeriez-vous dire au juge qui va décider dans quelques jours du sort des deux jeunes hommes accusés d’être homosexuels ?

Ludovic Mohamed Zahed : C’est compliqué, parce qu’il doit appliquer la loi, bien sûr, qui condamne l’homosexualité, mais il dispose d’une marge d’action. Il a donc la possibilité de faire preuve de clémence. Il faut se rendre compte que la condamnation des minorités sexuelles est le propre des régimes fascisants et totalitaires qui viennent juger de vos pratiques sexuelles jusque dans l’intimité.
Il est temps que les pays du monde arabo-musulman se défassent de ses lois héritées de la colonisation.

Pourquoi affirmez-vous que les lois qui condamnent aujourd’hui l’homosexualité dans le monde arabe sont héritées de la colonisation alors qu’elles sont au contraire généralement associées à l’islam ?

L’Andalousie musulmane, mais aussi dans le Maroc et l’Egypte actuels, des voyageurs des deux rives attestent de l’existence, au XVIII et XIXe siècles, de relations homo-érotiques et homosexuelles communément admises par la société. Ce sont des choses que Khaled El-Rouayheb, professeur assistant à Harvard, décrit bien dans «Before homosexuality», traduit en français pas «L’amour des garçons dans le monde arabo-islamique».

C’est seulement avec la colonisation qu’est intervenue une véritable condamnation de l’homosexualité. Un pic symbolique a été atteint précisément en 1930 lorsque la publication des «Mille et une nuits» a été expurgée de toutes ses références à la sexualité des femmes et aux rapports sexuels entre hommes. C’est dans ce contexte puritain qu’est resté enfermé le monde arabe alors que l’occident a revu sa propre lecture.

En dehors de cette référence historique, qu’est-ce qui vous permet de penser, au sein des textes religieux, que l’Islam ne condamne pas l’homosexualité ?

70 versets du Coran évoquent le peuple de Loth. Il est décrit comme composé de jeunes d’une grande violence qui violent des hommes, qui coupent les routes, comme des pirates. Quand vous interrogez un exégète classique des textes, il vous dira que le texte fait référence aux routes de la généalogie, car un homosexuel ne peut pas avoir d’enfant, alors qu’il s’agit visiblement des voies de passages coupées par des bandits. Dans ces versets, ce n’est pas tant la sodomie qui est blâmée que leur violence, y compris dans les rapports sexuels.

Le terme arabe utilisé pour définir l’acte de l’un de ses hommes sur un autre, à Loth, ne désigne pas un rapport sexuel pacifique et amoureux, mais un penchant animal, un désir irrépressible qui a tout à voir avec le viol.

Bien au contraire, dans la Sunna, il est décrit des hommes efféminés qui s’habillent comme des femmes honnis par tous et que seul le prophète accepte d’accueillir et d’employer – même ses femmes ne se voilent pas devant eux puisqu’ils n’ont aucun désir pour les femmes. On voit ainsi apparaître deux figures bien distinctes : ces hommes efféminés et pacifiques et les hommes du peuples de Loth violents.

Pourquoi, selon vous, si peu de savants musulmans partagent vos thèses ?

De nombreuses personnes partagent cette thèse même si elles restent minoritaires, mais bien sûr elles ne sont pas considérées comme de véritables cheikhs et oulémas, car il faut être coopté pour cela et donc partager les principales idées de ceux qui sont aujourd’hui considérés comme tels. Personnellement, j’ai fait 5 ans d’études théologiques en Algérie, en arabe dans le texte, pourtant rares sont les personnes à accepter de me considérer comme un imam. Il en faut souvent bien moins à un jeune salafiste pour être considéré comme tel.

Dans ce contexte, l’Iran fait aujourd’hui exception. L’ayatollah Khomeiny a autorisé la chirurgie transexuelle. En Iran, la sécurité sociale de prendre en charge pour moitié les frais liés à la chirurgie plastique d’un changement de sexe. C’est cependant problématique, par ailleurs, parce que tous les hommes un peu efféminés sont socialement obligés à une réassignation de genre, même lorsqu’ils sont homosexuels, alors que trans et homosexuels ne sont pas du tout assimilables. Le changement de sexe est perçu comme une alternative à l’homosexualité.

Au Maroc, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles a lancé une campagne de communication «vos lois n’arrêteront pas l’amour» où l’on voit notamment deux femmes s’embrasser. Pensez-vous que ce type de mobilisation puisse influer sur le débat public ?

Les associations de défense des droits des homosexuels ont plusieurs modes d’action. Il y a celles qui restent politiquement correct dans la perspective de faire évoluer les mentalités sur le long terme. Il y a celles qui font du peer to peer ; ont une action communautaire. Enfin, il y a celles, comme le MALI, qui jouent de la provocation. Je pense que les 3 sont complémentaires.

Il faut respecter les militants de terrains qui prennent beaucoup de risques. Les moyens utilisés pour défendre une cause peuvent choquer, mais il y a un moment où il faut faire quelque chose. Si l’on choque, on s’en excuse, mais la violence est de leur côté quand ils emprisonnent des personnes en raisons de pratiques sexuelles qui relèvent de l’intime.

yabiladi.com vous decevez les marocains
Auteur : Lookcheck
Date : le 13 août 2015 à 22h52
Vous donnez la valeur à ce tarlouze en le mettant dans les rangs des personnalités qui ont un mot à dire sur la société !!

Aussi, je vois pas mal d'articles où vous distillez petit à petit les notions de la debauche et l'homosexualité, je pense vous etes le premier media qui se defini comme porte parole des marocains et qui introduit le terme "homophobie" et compagnie

C'est indigne de votre part, les marocains refusent la banalisation de l'homosexualité, il faut que vous le prenier en compte
Dernière modification le 13/08/2015 22:55
correction
Auteur : Smara72
Date : le 20 juin 2015 à 14h37
Ce n'est pas un frère ou plus un frère avec les paroles qu'il a prononcé. Il est sorti de l'Islam puisqu'il essaie de rendre permis quelque chose connue chez tous les moslims pour être interdite...
@ulyss72
Auteur : charmeur de serpent
Date : le 20 juin 2015 à 14h30
Ce pseudo-musulman cause du tort à tous les musulmans et pas seulement aux algériens.

Il aura fallu attendre 1400 ans pour qu’un banlieusard vienne nous faire remarquer que personne n’avait rien compris jusqu’à présent et qu’en fait, Allah n’a pas fait mention de la perversité et de la turpitude du peuple de Lot dans le but d’interdire l’homosexualité en tant que telle, mais afin de nous laisser croire que cette pratique n’a jamais été un péché !!!
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Auteur : ComprendreLempire
Date : le 20 juin 2015 à 14h04
Est algérien celui qui est né la-bas, qui parle arabe, qui à vécu la-bas plus de 20 ans et qui à un accent.

Ce frère est FRANÇAIS.
Hasbiya alah
Auteur : ulyss72
Date : le 20 juin 2015 à 11h02
C'est un plaisantin inconnu , que. Je viens de découvrir, yabiladi ne l'a interviewé que pour enfoncer les algeriens..
Honte a vous
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