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Maroc : La projection de « Much loved » dans une école privée est « un défi à l’Etat de droit », estime El Khalfi

Si Mustapha El Khalfi a interdit la diffusion du film «Much loved» dans les salles de cinéma au Maroc, Nabil Ayouch contourne la censure en diffusant via des écoles. Le ministre juge la manœuvre illégale et constituerait même «un défi à l’Etat de droit».

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Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication / DR

Le bras de fer sur le film «Much loved» continue. Motif : la projection la semaine dernière du film pour les étudiants d’une grande école de Rabat dans le cadre d’une conférence sur la création et la liberté d’expression à laquelle Nabil Ayouch était invité. Une présentation que le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement a dénoncé, hier, à la Chambre des représentants.

«Ce qui s’est passé est inacceptable et contraire à la loi et constitue un défi à l’Etat de droit et aux lois nationales», a-t-il martelé. Suite à ce nouvel incident, «la direction du CCM (sous la tutelle directe du département de la Communication, ndlr) a adressé une lettre à Nabil Ayouch pour lui signifier que le Centre cinématographique marocain n’a pas délivré d'autorisation de diffusion pour le film dans les instituts et les écoles», a révélé Mustapha El Khalfi aux députés.

Il s’agit en effet d’un «visa culturel» autre que celui de l’exploitation commerciale dans les salles de cinéma que les services de Sarim Fassi Fihri ont déjà refusé d’accorder à la société de production de Nabil Ayouch.

L’Istiqlal de tout cœur avec El Khalfi

Aujourd’hui il est prévu que les membres de la direction du CCM tiennent une réunion avec un seul point à l’ordre du jour, celui d’appeler «au respect les lois, notamment sur des questions se rapportant aux fondements constitutionnels du Maroc», a annoncé le ministre aux députés. El Khalfi n’a pas révélé comment son département, via le CCM, compte imposer aux réalisateurs et autres artistes de se conformer à ces règles.

La discussion sur l’interdiction de «Much loved» a montré une nouvelle fois à quel point l’Istiqlal et le PJD sont proches dans la défense de valeurs conservatrices de la société marocaine. Les deux formations étaient d'ailleurs sur la même longueur d’onde à l’égard du concert de Jennifer Lopez à l'occasion du festival de Mawazine.

Le député Abdellah Bakkali, qui a pris la parole au nom de la Balance, a loué la décision du CCM de censurer le film. Dans un réquisitoire, il a tiré à boulets rouges sur le réalisateur et les réseaux qui le soutiennent. Il a même parlé de «conspiration» contre le pays. Une position chaleureusement saluée par le ministre.

16 commentaires
Ce n'est pas une fin en soi
Auteur : FATEM95
Date : le 22 juin 2015 à 12h05
Parler de la prostitution me parait plutôt modeste comme objectif. C'est enfoncer une porte ouverte. La prostitution est aussi vieille que l'âtre humain. Et à ma connaissance personne ne la nie au Maroc. Le problème n'est pas d'en parler mais de l'éradiquer. Une seule solution, le développement économique et l'emploi. Et là aussi pas besoin d'un cinéaste, ni d'un économiste, ni d'un sociologue pour le savoir.

Finalement ce film ne sert à rien et je ne parle même pas de sa valeur cinématographique.
mucho loved
Auteur : agrame 16
Date : le 21 juin 2015 à 21h01
film nul.le contenu presque inservable a la societe marocaine.ikl y plusieurs domaine pour pour soigner otre que la prostirution.ce dernier signifie povrete...
Pari réussi!
Auteur : netstat
Date : le 17 juin 2015 à 22h32
Par ce film Ayouch a voulu soulever un problème qui est la prostitution au Maroc et son pari est réussi étant donné que tout le monde en parle, même El Khalfi.
La prostitution existe bel et bien à Marrakech et elle est à plusieurs degrés dont celui montré dans le film.
Il suffisait d'y penser !
Auteur : Disnay
Date : le 17 juin 2015 à 21h37
Il peut maintenant se spécialiser dans les "oeuvres " à caractère sexuel, ayant acquis ( facilement ) la célébrité . Les homos, les lesbiennes, et tous les détraqués sexuels ont désormais leur studio.
Insulte à l'intelligence.
Auteur : Ibn Ziyad
Date : le 17 juin 2015 à 20h22
Chômage, violence, infrastructures non modernisées, fuite de capitaux, analphabétisme,...ects

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