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Migration et interculturalité : Le Maroc se cherche un modèle

Pour la deuxième édition du Forum annuel de l’immigration, le ministère marocain des Affaires de la migration a choisi d’étudier les différents modèles de coexistence entre nationaux et étrangers. Le Maroc regarde en direction de l’Espagne et le Canada.

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Après avoir régularisés plusieurs milliers d'étrangers, le Maroc s'interroge sur la façon de leur faire une place. /DRMap

Les confortables fauteuils blancs de la tribune de la bibliothèque nationale de Rabat, ont reçu, hier, mardi 31 mars 2015, des Marocains, un Franco-laotien, représentant de l’UNESCO pour le Maghreb et un Canadien. Aucun Africain subsaharien. En participant au deuxième Forum annuel de l’immigration «Défi d’interculturalité et enjeux d’intégration», ils s’interrogeaient pourtant bien tous sur la façon de faire coexister Marocains et Subsahariens au Maroc.

«Nous entamerons ensemble une réflexion sur les dimensions du mieux vivre ensemble, en évaluant les expériences d’autres pays […] leurs acquis et leurs limites ainsi que les leçons à tirer de ces grands modèles.[…] Pour aboutir à un débat sur les contours d’un modèle ajusté aux spécificités de la société marocaine», a expliqué en introduction Anis Birou, ministre de la CMRE et des Affaires de la migration. Il cherche un modèle à suivre et regarde du côté des pays développés.

Cohabiter ou vivre ensemble ?

«En l’espace de 15 ans, la proportion d’étrangers en Espagne est passé de 1 à 12% de la population. Face à cette immigration, nous avions à disposition plusieurs modèles d’interculturalité », a commencé Francisco Garcia Villar, directeur adjoint de l’Intégration des émigrés, au Secrétariat général de l’immigration et de l’émigration espagnol. «Je crois que l’Espagne est parvenue à définir son propre modèle sur la base d’un concept original «la convivencia», le fait non pas de simplement cohabiter, mais de vivre ensemble», a-t-il expliqué.

Le ministère a également choisit de s’intéresser au modèle canadien. «L’expérience du multiculturalisme a été très très positive au Canada, mais ce n’est pas le cas aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne», prévient d’emblée André Fecteau, chercheur en migration à l’université d’Ottawa, au Canada. Le modèle mulitculturel prône la coexistence ou l’alliance des communautés d’origines et de culture variées plutôt que leur intégration ou leur assimilation à la culture dominante du pays d’accueil.

Un Maroc qui se cherche

Face à ces deux modèles exposés lors de la conférence, Ahmed Skim, directeur des Affaires de la migration au ministère avait en charge de présenter la nouvelle politique migratoire marocaine comme une opportunité d’élaborer un modèle marocain d’interculturalité. En fait de présentation, il a répété en le résumant l’exposé fait par Othman el Yaalaoui, directeur associé du cabinet Capital Consulting, de la stratégie nationale pour l’immigration et l’asile, le 10 septembre 2014.

Aujourd’hui, le Maroc se cherche encore. Seule cette stratégie nationale, définie en totalité par un cabinet de conseil et répétée comme un mantra, a été réellement adoptée par le Conseil général du gouvernement, en décembre dernier. Le Maroc ne dispose toujours d’aucune des trois lois sur l’asile, l’immigration et la traite, dont les ébauches avaient pourtant été rendues publiques il y a exactement un an.

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