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Politique Publié

Maroc : Remaniement ministériel en vue, Taoufik Hejira sur le départ…

La rumeur d’un remaniement ministériel enfle et les spéculations vont bon train. Selon des informations recoupées, il pourrait intervenir à la mi-octobre, période coïncidant avec la rentrée parlementaire des députés siégeant à la 1ère Chambre et des conseillers élus à la 2ème Chambre du Parlement.

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Photo : MAP

«La récente sortie médiatique du 1er ministre Abbas El Fassi renforce la thèse d’un remaniement ministériel imminent. Il a indiqué que des ministères comme celui de l’Habitat, de la Justice et de l’Enseignement ne lui donnaient pas entière satisfaction. Etant donné la nature de l’homme, plutôt avare en information, il est fort à parier que les jeux sont déjà faits. Reste à déterminer le timing», indique un observateur averti de la scène politique.

En clair, des «têtes» devraient tomber à l’automne. Si on reprend le fil de la déclaration de Abbas El Fassi, Taoufik Hejira, ministre en charge de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Ahmed Akhchichen, ministre de l’Education et Mohamed Taïeb Naciri, ministre de la Justice, pourraient donc faire leurs valises dans quelques semaines.

Sauf que l’on a du mal à imaginer Mohamed Naciri, fraîchement nommé à la tête du département ministériel de la Justice (en remplacement de Abdelhouad Radi) et (très) proche du 1er cercle royal, être débarqué. D’autant plus que ce dernier aurait été justement nommé pour conduire la réforme de la justice. Une réforme nécessaire et très largement soutenue par l’Union européenne.

A contrario, le départ de Taoufik Hejira ne constituera pas une surprise. En effet, la situation du secteur de l’habitat ne joue pas à son avantage. Tensions sur l’offre en matière de logements sociaux, quasi échec de son action en faveur du relogement des populations très vulnérables, désordre dans la mise en place des nouvelles villes ou encore échec sur toute la ligne de sa politique dédiée à l’éradication des bidonvilles. Pis, il y aurait plus de bidonvilles aujourd’hui qu’au début des années 2000.

Une situation qui a «irrité» au plus haut sommet de l’Etat. Au point que le roi Mohammed VI s’est exprimé sur le sujet, le 31 juillet dernier. Pour ce qui concerne le secteur du logement, «l’effort incitatif soutenu que fourni l’Etat, requiert l’adhésion de tous les opérateurs, et l’engagement résolu et efficace des autorités gouvernementales compétentes. Celles-ci doivent veiller à une stricte application de la loi, et conjuguer leurs efforts pour répondre à Notre volonté de permettre aux populations à faibles revenus et aux habitants des bidonvilles, d’accéder à un logement social décent, dans le cadre de programmes bien définis».

Le Souverain poursuivaitt en déclarant que «toutefois, au-delà de l’objectif d’incitation à l’investissement et à la libre entreprise, ce que Nous attendons de ces chantiers de développement, c’est d’abord et avant tout, qu’ils se traduisent concrètement par une amélioration des conditions de vie de nos citoyens, surtout les plus démunis, et par la création d’emplois pour les jeunes».

Un état des lieux sous forme de constat d’échec et de désaveu pour celui qui brillait de mille feux, il y a encore quelques mois. Omniprésent sur les médias, Taoufik Hejira se fait aujourd’hui plus discret, très discret même. Du coup, son départ aurait du sens même si cela ne résoudra pas les problèmes structurels du secteur aussi nombreux que complexes.

Quand à Ahmed Akchichen, le ministre en charge de la mise à niveau de l’enseignement, son débarquement a des allures de pansement sur une jambe en bois. Comme d’autres avant lui (et certainement après lui), il n’a ni les soutiens ni les moyens de mettre en place un système éducatif efficient et en phase avec son temps.

Le jour où la volonté politique sera d’actualité, le pays aura tout le loisir de nommer celui (ou celle) qui sera en charge de faire de l’école, un lieu d’apprentissage de la citoyenneté.

Il se murmure également que le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maazouz, figurerait sur la liste des partants. Un choix motivé par les mauvais résultats enregistrés par le pays au niveau des exportations, ces derniers mois.

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