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Environnement Publié Le 17/07/2014 à 17h35

Inédit : Un serval photographié au Maroc à l’état sauvage, l'une des rares observations prouvées en 1 siècle

C'est inédit au Maroc, un serval a été récemment observé et photographié dans le moyen atlas. La découverte de ce félin, que l'on croyait avoir disparu de notre écosystème, suscite un fort enthousiasme au sein de la communauté  écolo. Cet exploit est à attribuer à un Marocain passionné de randonnée solitaire. Détails.

Ph: Salim Meghni

Alors qu’on le croyait disparu de notre écosystème, Salim Meghni - passionné de randonnée solitaire – a pu observer et photographier à l’aide de son téléphone mobile, un serval à l’état sauvage dans les montagnes du moyen atlas, il y a quelques mois. «J’ai d’abord aperçu ses oreilles très longues et je croyais que c’était un léopard. Mais quand il s’est bien avancé, j’ai vu qu’il était différent, avec une poitrine assez volumineuse et un ventre creux. C’est ainsi que je l’ai photographié», raconte à Yabiladi le jeune randonneur.

De retour à son domicile, Salim se documente pour identifier l’animal et découvre qu’il s’agit d’un serval. «Le seul souvenir que j’ai de cet animal vient des documentaires animaliers sur l’Afrique que j’ai regardés», indique-t-il. En effet, le serval ou Leptailurus serval est un félin exclusivement africain dont l’aire de répartition englobe l’Afrique subsaharienne et australe, mais aussi une partie de l’Afrique du Nord, dont le Maroc. De plus, c’est un animal exceptionnel avec des sauts pouvant atteindre trois mètres de haut ou six mètres de longueur. Contrairement à la plupart des félins qui ne réussissent qu’environ une tentative d’assaut sur 10, il est un chasseur très efficace réussissant près de 50 % de ses tentatives (avec un taux de succès global de 67 % par nuit de chasse).

«Euphorie» au sein de la communauté écolo

La nouvelle suscite beaucoup d’enthousiasme au sein de la communauté écologiste. «On se réjouit. Tout le monde est euphorique, tout le monde est content», confie à Yabiladi Oussama Abaouss, fondateur du site Ecologie.ma. Et c'est vérifiable sur les réseaux sociaux, Facebook notamment. «C’est magique», commente Nabille B. «Cela rassure de savoir qu'il reste des rescapés d'espèces que l'on croyait disparues au Maroc. Chanceuse est la personne qui l'a vu !», estime Richard J.

Cette joie est d’autant plus grande qu’il s’agit de l'une des rares observations prouvées et consignées en plus d’un siècle, si on se réfère à la thèse de doctorat de Fabrice Cuzin sur les grands mammifères du Maroc méridional présentée en 2003. En effet, le serval a été observé au Maroc avec preuves à l’appui deux fois entre 1900 et 1970 avant d’être identifié cinq fois entre 1985 et 2000. Ce que confirme l’écologiste Oussama Abaouss, relevant qu’en février 2013, un forestier résidant à Ifrane avait rapporté l’observation d’un serval dans la région. Mais il n’y avait, jusqu’à présent, pas de photos pour le prouver. Cette fois, les photos prises par le jeune randonneur enlèvent tout doute : le serval existe bel et bien au Maroc.

Une découverte authentifiée

Il faut dire que dans le souci de divulguer une information sûre, les écologistes marocains ont pris le temps de vérifier la découverte. «Quand nous avons des observations inhabituelles faites par des non spécialistes, nous entreprenons un minimum de procédures afin de les authentifier», explique Oussama Abaouss, soulignant que cela lui a pris 48 heures. Le premier aspect important était la localisation. Cependant les détails exacts y afférant ne seront pas divulgués, afin d'éviter de donner des indices aux braconniers qui sillonnent le web, nous indique l'écologiste. 

La deuxième étape de l’authentification a consisté en un échange avec Salim Meghni. «Je lui ai demandé d’expliquer de lui-même comment il a découvert l’animal. Ainsi, on ne lui fait pas dire autre chose. Nous avons ensuite analysé son discours pour en déterminer la cohérence», explique M. Abaouss, soulignant qu’il s’agit de l’un des principaux facteurs qui informent sur l’authenticité du témoignage.

Enfin, la photo prise par le randonneur a été examinée. «Je l’ai envoyée à des collaborateurs spécialisés dans la photographie animalière et en infographie, indique l’écologiste. Ils ont confirmé qu’il s’agit bel et bien d’une photo prise avec un objectif grand angle, exactement celui qu’on trouve dans certains téléphone mobiles, notamment les smartphones».

«Chaque Marocain peut participer à la valorisation de notre richesse naturelle »

Salim Meghni se réjouit d’avoir participé à quelque chose d’aussi fort. «On avait vraiment perdu espoir, il y a une dizaine d’année le serval était considéré comme ayant disparu de nos forêts. Et là, tout d’un coup on le découvre à nouveau», remarque-t-il. Pour lui, cela montre que «tout individu peut participer à la valorisation de la richesse naturelle du Maroc». L’ «événement» est aussi l’occasion de lancer un appel aux autorités pour qu’elles veillent sur ces espèces rares.

Un serval au zoo de Rabat (Ph: Oussama Abaouss)

6 commentaires
Il faut sensibiliser les jeune à la nature
Auteur : MoroccanPatriots
Date : le 20 juillet 2014 à 10h50
Il faut sensibiliser la jeunesse dès l'enfance au respect de la nature de l'envirionnement au tri sélective.

L'islam est une religion fondamentalement écologiste.
Une bonne nouvelle.
Auteur : taharo
Date : le 18 juillet 2014 à 15h45
C'est une nouvelle magnifique qui fait chaud au cœur. Cette espèce revient de loin pour nous rappeler notre responsabilité vis à vis d'un patrimoine que tous les marocains ont négligé pendant longtemps. On a plus le droit à l'erreur, il faudrait absolument préserver cette espèce qui va valoriser encore plus notre pays et ses habitants.
Superbe!
Auteur : Chamalman
Date : le 18 juillet 2014 à 09h14
Magnifique photo! Quel beau paysage avec ce serval magestueux.
Pitié pour lui !!!!
Auteur : 75marwan
Date : le 17 juillet 2014 à 22h40
J'espère qu'il n'y aura pas un imbécile pour chercher à le tuer afin de le revendre à un charlatan de sorcier ...
C'est la malheureuse destinée de nos animaux sauvages dans notre pays ...
Car le ministère de l'écologie fait qu'une seule chose de la démagogie.
Amchich b´oudhrar.
Auteur : ulyss72
Date : le 17 juillet 2014 à 18h56
En Kabylie, ou ils ont disparu il y a longtemps, on l'appelait "amchiche n'boudhrar", letteralement "chat de montagne"
J'espère qu'un spicimen ou plus seront repères pour une éventuelle réimplantation.
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