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Sport Publié

Maroc : 2 ans après la mort de Hamza Bekkali, le football toujours aussi violent

Deux ans après la disparition de Hamza Bekkali, jeune supporter du Wydad mort après des échauffourées avec les forces de l’ordre dans le stade Mohammed V de Casablanca, le football marocain connait toujours autant de violence. Un constat qui désole sa famille qui espérait que sa mort puisse servir de leçon dans les stades de football. Celle-ci est, par ailleurs, toujours en attente d’un verdict en pénal. Détails.

Temps de lecture: 3'
Hamza Bekkali avait tout juste 20 ans lorsqu'il est mort le 14 avril 2012, d'une hémorragie interne
Commémoration des 2 ans de sa disparition, lundi 14 avril 2014 à Meknès

Cela fait deux ans que Hamza Bekkali, jeune supporter du Wydad de Casablanca, originaire de Meknès, est décédé. Pour honorer sa mémoire, plusieurs membres des Winners, principale association de supporters du club dont il faisait partie, ont fait le déplacement hier, lundi 14 avril, à Meknès. Une cérémonie de commémoration des deux ans de sa disparition a été organisée en présence de la famille, nous a indiqué l’oncle du défunt Mohamed Nassiri, ce mardi.

Pour rappel, au moment des faits, Hamza Bekkali, qui avait à peine 20 ans, étudiait en 2e année de comptabilité à la faculté de Meknès. Fan invétéré des Rouges et Blancs, il avait fait le déplacement le 14 avril 2012 jusqu’à Casablanca, pour assister à la rencontre ayant opposé le même jour, le Wydad aux FAR pour le compte du championnat marocain. Le match avait, toutefois, tourné au drame. De violents incidents avaient éclaté au complexe Mohammed V entre supporters et forces de l’ordre, faisant plusieurs dizaines de blessés des deux cotés, dont le défunt.

Le drame

Le jeune supporter avait, en effet, reçu un violent coup de matraque à la tête, avant d’être transféré plus tard au CHU Ibn Rochd pour être examiné. Sur place, il est admis au service des urgences pour «un traumatisme cranio-facial». Examiné par un médecin résident en neurologie, Hamza est cependant, rapidement redirigé vers un autre hôpital de la ville pour subir un scanner cérébral.  

«A l’admission, le patient était conscient avec un état hémodynamique et un état respiratoire stables. Il a bénéficié de soins locaux au niveau de la face et du cuir chevelu, et a été adressé au service des urgences de l’hôpital 20 août pour avis ORL et pour un scanner cérébral», détaillait alors le rapport hospitalier, soulignant que «le patient ne s’est pas présenté pour ce complément d’examens à l’hôpital 20 Août».

Pris de panique, le jeune supporter avait, en effet, préféré rentrer chez lui. Il prend le premier train pour Meknès, mais une fois arrivé à la gare de Sidi Kacem, le jeune est pris d’un malaise. Il succombe quelques instants plus tard à une hémorragie cérébrale.

L’Etat mis en cause

Pour les membres de sa famille, Hamza n’avait pas été pris en charge comme il se doit par le CHU concerné. Vu son cas, «Hamza n’aurait jamais dû quitter l’hôpital et devait être retenu au moins 24 heures en observation», déplorait alors l’oncle de la victime, Mohamed Nassiri. Le 25 aout dernier, soit 1 an et demi après sa mort, un verdict a enfin été prononcé par le tribunal administratif de Rabat. Le ministre de l’Intérieur et le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd, sous la tutelle du ministère de la Santé, ont tous les deux été tenus pour responsables de la mort du jeune homme.

Les deux départements ont été condamnés à verser la somme de 600 000 dirhams, en guise d’indemnisation à la famille du défunt. «C’est un bon point mais ce n’est pas suffisant pour quelqu’un qui est mort, qui avait 20 ans et une belle carrière devant lui», regrettait alors son oncle, qui se charge du suivi médiatique de l’affaire. Les avocats de la famille Bekkali ont donc fait appel du jugement. Entre temps, un autre jugement en pénal était attendu par la famille. Mais depuis, «aucune évolution» déplore M. Nassiri.

Aujourd’hui, la famille n’a pas encore totalement fait son deuil. Elle attend toujours que la justice «prenne en considération les préjudices qui lui ont été causé» ainsi qu’une «procédure pénale, pour que les gens qui ont négligé son état de santé à l’époque, comme par exemple la personne qui a rédigé son certificat médical et qui l’a quand même laissé partir, puissent être condamnés», déplore Mohamed Nassiri.

La même violence dans les stades

Autre constat qui désole la famille Bekkali, c’est que la violence est toujours aussi présente dans les stades et dans le football marocain en général. «On n’espérait que la mort de Hamza serve de leçon, mais ça n’a pas évolué. Il y a toujours la même violence dans les stades. C’est du gâchis», a-t-il déploré.

Depuis la mort de Hamza Bekkali, le football marocain a en effet connu plusieurs épisodes de violence. Le dernier en date, est celui de l’agression subie, le 20 mars dernier, par les joueurs du Wydad dans l’enceinte de leur club. Un groupe de présumés supporters mécontents, armés de sabres et de couteaux entre autres, avait pénétré le complexe sportif Mohammed Benjelloun avant de s’en prendre aux joueurs. L’entraineur et deux joueurs du club avait alors été blessés.

En avril 2013 aussi, le football marocain avait été marqué par un épisode de violence sans précédent. Plusieurs centaines de supporters des FAR de Rabat, déterminés à jouer aux hooligans, avaient débarqué à Casablanca pour assister à une rencontre opposant leur équipe au Raja. Avant le début du match, ces derniers avaient semé la panique chez les habitants de la ville, en détruisant pratiquement tout sur leur passage. Ceux-là étaient venus aussi munis de sabres et de couteaux avec lesquels ils ont menacé et agressé des citoyens qui étaient très loin du football. 130 personnes avaient alors été condamnées à des peines de prison.

Aujourd’hui, avec la vague baptisée "tcharmil", les services de sécurité du pays semblent avoir été secoués. On ne sait, toutefois, pas si cela suffira à faire revenir la paix et la bonne humeur aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des stades marocains. 

Laxisme
Auteur : Ssandrine
Date : le 17 avril 2014 à 21h35
سلام علیکم

On est souvent écoeuré de porter plainte.
Le pire c'est que ce n'est pas un cas isolé.
Beaucoup de gens ferment les yeux devant les graves problèmes.
Ne rien dire c'est laisser faire.
Ils sont complices, ou est leur conscience humaine et professionnelle?
Pauvre famille ! ! !
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