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Culture   Publié

Décorations royales pour le rap marocain : Ouissam pour Bigg, H-Kayne, Fnaïre, Komy

A l’occasion de son 50ème anniversaire, le roi Mohamed VI a présidé au Palais royal de Rabat une réception marquée par la décoration de plusieurs personnalités nationales et étrangères. Fait à signaler, les groupes de rap H-Kayne et Fnaire ainsi que Bigg et Komy ont aussi reçu le Ouissam royal. Zoom sur ces artistes qui ont  percé avec un style musical un temps mis au ban. 

Temps de lecture: 3'
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Quatre grands noms du rap marocain ont reçu hier le Ouissam royal lors du 50ème anniversaire du roi Mohamed VI. Bigg, Komy et les groupes H-Kayne et Fnaire ont été honorés. Un temps pointé du doigt pour sa «violence verbale», le rap qui a gagné en notoriété dans le pays est aujourd'hui reconnu au plus haut sommet de l'Etat. Les précurseurs et icônes célèbres du mouvement Hip-hop, sont devenus le relais de la jeunesse et goûtent en conséquence aux fruits de leur succès.

Bigg, «lkhasser»

De son vrai nom Taoufik Hazeb, ce natif de Casablanca en 1983 est l’un des précurseurs du rap marocain avec son style «franc, cru et direct». Ancien étudiant à la Faculté de Droit de Mohammédia, Bigg range cahiers et stylos et choisit la voie du Rap. Il est présenté comme la «grande gueule» du rap marocain traitant sans demi-mots des thèmes proches du vécu quotidien la jeunesse marocaine. Un choix payant puisqu’il lui donne une grande considération au niveau de son public.

Son titre «Mgharba'tal Mout», est d’un grand succès chez les internautes qui le téléchargent de dizaines de milliers de fois. Son album «Byad ou Khal», sorti avec des featuring comme La Fouine ou Fredwreck, rencontre également la même réussite. Dans son blog, l’artiste rappelle qu’il est «le premier rappeur arabe ayant pu imposer son art dans des émissions télé produites par les plus grandes chaînes internationales ayant pour thème des débats autant musicaux que politiques». Certains lui ont cependant reproché un égo surdimensionné et un style de rap plus courtisan qu'engagé. 

Fnaire, le rap patriotique

Ce groupe de Rap né à Marrakech en 2001 est composé de cinq artistes : feu Hicham Belqass, Amine Hannaoui, Mohcine Tizaf, Achraf Aarab et Khalifa Mennani. Fnaïre qui a sorti son premier album «Laftouhe» en 2004, s’impose à travers son style de «rap traditionnel», un mélange de Châabi et de rap contemporain. Les textes du groupe sont réalistes et très humoristes même si le côté américain y est présent.

En 2004, après les attentats de Casablanca du 16 Mai 2003, Fnaire sort un titre patriotique et engagé : Matkich bladi «ne touche pas à mon pays». Un titre et un clip qui tournent énormément sur les radios, TV et Internet qui permet aux Marrakchis de prendre part au Festival de Casablanca, Timitar d’Agadir et Gnawa d’Essaouira. Le chômage, la prostitution, la pauvreté, le suicide... et d'autres problèmes sociaux sont sur la ligne de mire du groupe, tout comme la question palestinienne. Si certains parlent de rap sirupeux, d'autres préfèrent le qualifier de rap citoyen et patriotique. 

H-Kayne, des textes sur fond de rapprochement culturel

Basé à Meknès, H-Kayne est un groupe né en 1996 suite à la fusion des pionniers du rap au Maroc Adil Sif Lssane, Hatim HB2, Azzedine Ter-Hoor, Otmane et DJ Khalid. Le groupe réussit à signer un contrat avec une grande maison de production, Platinium, une filiale d’Universal Music. Il décroche le premier prix des catégories rap et hip-hop au concours Boulevard des jeunes musiciens (BJM) de Casablanca en 2003. Ses titres Issawa style, F’mo hadak, FL'Houma et H-K Kima Dima, très célèbres, propulsent le groupe sur le devant de la scène musicale.

En France et en Espagne, H-Kayne jouit d’un succès notable et est même invité à participer à nombreux festivals. Au Maroc, le groupe a pris part à des rendez-vous similaires comme ceux organisés par Maroc Telecom, Meditel ou encore Wana.

Komy, le «Lil Wayne» marocain

Oussama Dallouli de son vrai nom est né à Salé le 08 août 1987. Il est le fondateur de Brada, un groupe qui a lancé le mouvement «crunk» sur la scène marocaine. C’est à l’âge de 14 ans que Komy développe sa carrière dans sa ville d’adoption, Marrakech.

Dès le lancement de ses premiers morceaux, il bénéficie de plusieurs diffusions sur les ondes nationales et participe à plusieurs scènes de renommée. Très créatif, Komy concrétise ses aspirations artistiques en créant son studio d’enregistrement et en s’inspirant des rappeurs américains Jay-Z, TI et Lil Wayne.

Depuis 2009, il poursuit sa carrière solo. Aujourd’hui un important public le suit et l'artiste est encadré par un entourage artistique conséquent. Komy est produit par le renommé Abel Damoussi, qui a immédiatement remarque en lui le potentiel d’un renouveau pour la scène marocaine. Le duo est complété par le célèbre DJ Van, pionnier et DJ par excellence dans ce domaine. Komy livre son premier album «Sociologie», qui reflète un certain attachement social et mettant en exergue son vécu.

Le titre Chkoun touriste critique le tourisme sexuel dans la capitale ocre. Le clip a été diffusé en mars 2013 mais résonne différement après le DanielGate.  

Le rap marocain, un parcours parsemé d’embûches

Le rap, né aux Etats-Unis dans les années 1970, a fait ses premières incursions au Maroc dix ans plus tard grâce aux expatriés revenus pour lancer ce style musical particulier. Alors, le premier défi était de transformer le style occidental en rap marocain qui sera, par la suite, une fusion de musiques traditionnelles marocaines et rap occidental.  Cependant, les premiers pas du rap au Maroc seront laborieux, les artistes n’ayant pas droit de cité notamment dans les médias. Pire, certains rappeurs sont visés par la justice. Ainsi, Mouad Belghawat (aka L7a9ed) a été mis derrière les barreaux pour ses propos et positions très engagés contre le Makhzen.  

Rap, culture et monarchie marocaine
Auteur : matis79
Date : le 27 août 2013 à 14h55
Le petit texte en fin d'article est intéressant, car il rappelle une réalité bien pesante au Maroc.
Le Rap de Bigg ou autre est accepté, promu, diffusé, et maintenant même "félicité" par le Roi...
quand au Rap contestataire, celui qui puise finalement dans le fond de la culture hip hop, le rap franc, engagé, sans démagogie, est mis derrière les barreaux.
Au Maroc, c'est la preuve que n'est promu que la médiocrité à condition qu'elle se courbe devant le Roi, et muselé les gens les plus brillants, car ils ont le tort de ne pas baisser la tête!
pffff
Auteur : hyayna
Date : le 24 août 2013 à 00h30
pfff des ouissam a des mec sans innovation qui font que copier les rappeurs americain avec des casquette new-york bref des mecs qui savent rien faire next
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