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Société Publié Le 10/06/2013 à 19h49

Maroc : 2000 ouvriers meurent chaque année sur les chantiers

C’est l’équivalent de la moitié des décès enregistrés dans les accidents de la route. Près de 2000 ouvriers meurent chaque année sur les chantiers marocains. Un constat alarmant expliqué en partie par l’absence d’une réglementation claire sur la sécurité au travail. Explications.   

DR

Au Maroc, les chantiers de construction font de plus en plus de victimes ces derniers jours. Pas plus tard que mercredi, quatre ouvriers marocains ont perdu la vie sur le chantier d’un hôtel en construction à Fès, pendant qu’ils déposaient des canalisations. Ils ont été ensevelis sous les gravats et n’ont pas survécu, faisaient alors savoir les autorités locales. Le drame est loin d’être un cas isolé. Au royaume, ils seraient près de 2000 ouvriers à perdre la vie chaque année sur les chantiers BTP. Une estimation avancée par le quotidien l’Economiste dans son édition de ce lundi. En l’absence de statistiques officiels, le chiffre reste plus ou moins crédible.

Des accidents qui se suivent

Quelques jours seulement avant l’incident de Fès, deux autres ouvriers avaient, en effet, connu le même sort, cette fois sur un chantier de Casablanca, plus précisément à douar Drabna, relevant de l’arrondissement d’Aïn Chock. Les deux hommes sont morts, le 24 mai, en chutant dans un trou de 6 mètres de profondeur. La veille, deux autres travailleurs du BTP étaient également déclarés morts après l’effondrement d’une grue sur un chantier situé sur le boulevard Moulay Rachid, à Casablanca. Des accidents qui se suivent et se ressemblent, ouvrant la voie à une série d’interrogations sur les circonstances de travail des ouvriers BTP au Maroc.  

«Le BTP représente au niveau mondial 25 à 30% des accidents du travail. La principale cause de ces accidents est liée au travail en hauteur, l’utilisation d’engins et la manutention», explique Omar Benaicha, directeur général du bureau d’expertise Veritas Maroc, cité par le quotidien. Selon lui, l’absence de normes de sécurité bien claires dans le secteur explique notamment ces incidents. «L’instauration d’une réglementation en matière de travail est récente au Maroc», déplore-t-il

70% n’ont pas d’assurance

Selon l’Economiste, seules 13 000 sur 50 000 unités de BTP au Maroc sont, à l’heure actuelle, déclarées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), et «parfois dans des conditions opaques». Au total, le secteur emploie près d’1 million de personnes. 70% d’entre elles ne bénéficient pas d’une assurance. Pour remédier à cette situation, le gouvernement est en train de finaliser un projet de loi-cadre sur la santé et la sécurité au travail, souligne-t-on.

«Le projet de loi a pour vocation de préciser dans le détail les différents aspects de la sécurité au travail, les obligations des employeurs, les équipements de protection, les dispositions à prendre en cas d’exposition à des substances dangereuses, les conditions dans lesquelles un employé peut refuser une tâche dangereuse…», explique Omar Benaicha. On devrait en savoir plus dans les prochains jours.

11 commentaires
accidents du travail dans les BTP
Auteur : BELKACEM6894
Date : le 29 juin 2016 à 16h54
En ma qualité d ancien inspecteur divisionnaire du travail en chef et expert du BIT dans le domaine de la formation des inspecteurs du travail des pays membres, je puis vous affirmer que les 2000 accidents mortels dans les BTP au Maroc sont largement en deçà de la réalité. Peut on savoir si le ministère du travail est capable de nous donner des statistiques précises ?
Contrairement a ce qui a été avance, la réglementation est bien fournie au Maroc pour protéger les ouvriers sur les chantiers.
Le problème réside dans l impreparation des inspecteurs du travail dans la prévention des risques professionnels en général et dans les BTP en particulier, le manque de formation, le manque de motivation dans la fonction et surtout la corruption.
La sécurité sur les chantiers et dans la vie privée
Auteur : NSIT
Date : le 29 juin 2016 à 15h40
Salam,

Je suis heureux qu'il y'a encore des personnes qui s'intéressent à la sécurité. C'est un article que j'avais initié en 2013 et à part les reaction de M. Belkacem, rien d'autre.

Je suis un MRE, ingénieur expert en sécurité des produits et je travaille pour le ministère de l'Economie en Belgique que je représente dans plusieurs groupes de travail de la Commission européenne.
Je rappelle que je ne suis pas le seul qui a cette expertise et je suis persuadé qu'il y'a d'autres MRE aussi compétents. Toutefois, les responsbles préfèrent faire appel à des consultants étrangers payés avec des subsides de l'Union européenne et le résultat est, tout de même, désastreux.

Je suis prêt à m'investir dans l'organisation d'une conference et ateliers de travail au Maroc, avec d'autres MRE et experts nationaux.

Pour faire mobiliser les choses, je lance encore un appel (avec l'aide de Yabiladi), aux chaînes de télévision et aux journaux de lancer le débat non seulement sur la sécurité des travailleurs mais aussi celles des consommateurs.

3WACHAR MABROUKA



Couverture sociale obligatoire
Auteur : SECUR
Date : le 15 juin 2013 à 02h37
L’ÉTAT DOIT IMPOSER AU ENTREPRISES TOUES COUVERTURES ET ASSURANCES DES OUVRIERS.
UN DEVOIR CITOYENS
Accidents de travail au Maroc
Auteur : NSIT
Date : le 12 juin 2013 à 15h49
Je ne vois pas pourquoi on doit préviliéger la sécurité des un et pas celle des autres. Les personnes qui sont des travailleurs la journée, deviennent consommateurs le soir et le WE.
Toutefois,ce qui est important c'est de faire bouger les choses et limiter le nombres de victimes et d'orphelins. Il y'a assez de misère pour certaines familles au Maroc.

Dès lors, je demande aux responsables de YABILADI de nous aider à lancer le débat sur le sujet.
A bon entendeur
accidents de travail au Maroc
Auteur : NSIT
Date : le 12 juin 2013 à 14h58
Cher Belkacem,

Je ne vois pas pourquoi on doit préviliéger des un et pas celles des autres. Des personnes sont travailleurs la journée et deviennent consommateurs au soir ou le WE.
Toutefois,ce qui est important c'est de faire bouger les choses.

Dès lors, je demande aux responsables de YABILADI de nous aider à lancer le débat sur le sujet.
A bon entendeur